‹ La vengeance de Dieu [microforme]Chapitre 4 sur 11 · KONDIARONK · texte numérisé non relu

KONDIARONK

Du bonheur 1 — Non, il n'est point de bonheur pour celui que le grand Manitou maudit, — point de bouheur pour l'enfant qui tue son père, point de bonheur pour le frère qui cherche la perte de son frère, mais il y a remords déchirants et znalédiction. — Les biens dont le crime va te rendre possesseur, Vildac, feront le tour-

- ment de ta yie. Ecoute ce que te dit Kondiaronk. — Ta victime

reviendra chaque soir te reprocher ton forfait; le remords te ron-

^ géra, et dévoré par lui tu sécheras de frayeur comme sous le

"baiser d'un serpent, — et ton complice périra misérablement au fond d'un précipice, — et son cadavre sera déchiré par les corbeaux et les vautours. J'ai dit : le grand Manitou tous maudit.

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,. ,,^ ,^ -, ,, „;„,., ACTE III. ,..,. ,, ;,ij,,., ..

Baptiste, Jacquot et autres. f" ' ' - ^

'^'^ '■ " '■ SCÈNE 1ère." ' .:;.::-•;..:./

Jacquot, — buvant.

Donc à laquelle, — B.iptiste, — à la santé du mariage de notre gentil M. Gustave, tu sais qu'il nous a ordonné de nous en jeter un peu dans le gosier d'cette rodease de liqueur, — eh ! bien, j'sus d'opignon personnelle que je propose sa saoté et celle de sa femme, et je partage l'opignon personnelle que vous partagez toutes c'tte opignon là.

Baptiste (chantant) le verre à la main.

■<rJ.

Oui mes amis, fêtons Gustave '-;.'.;• m'. C'est un de nos plus beaux garçons ; , , ; ) ; Et puis c'cst uu cavalicr brave,

•i,; '.)•. . ;i Ami, à sa sauté, buvons. :;•.:' .. .

2me couplet.

Notre intendant, l'hyppopotame.

Dont je ne veux pas dire un mot, Mais je pense qu'il n'a pas d'âme 3 . ,;. ' f Et qu'il peut bien tourner hurlot.

3me couplrt. " '"^ ^'

5 V ., Oublions la vilaine bête

Ce bourriquet, ce grand chameau I

nh : ■ ' ,rfr î^t dansons tous puisque l'on fête ,^ ,miiu<ly^ ,- .. . I.:., i Monsieur Guotave en ce château. ; ....^ -v.

(/Zs exécutent une danse des plus échevelécs, poussant des cris de joie, etc., etc., etc. ''• "^' *'- =

.Jacquot.

-" Ça c.'iante-t-y, crossignol de Baptiste'là. On j 'donnerais mes

culottes debouragan pour changer de gosier avec lui Mais

Toici quelqu'un (il regarde) — c'est M. Gustave; il faut le

recevoir chaudement. ,. ^ . . ,.

{A Varrivée de Gustave sur la scène, tous, cJiapmu bas, s écrient — Vive M. Gustave, vive M. Gustave, vive M. Gustave I

)ii>.«'kî*» Baptiste (s'avançant vers Gustave.) • -fi^' "'■••/

onsieur, — Vous savez que mon défaut capital, n'est pas «î'être z-orateur, ihais vous me permettrez de vous dire un petit .mot avant .'ot' mariap^e. Tenez, c'est pour^nous tous plaisir gros, «Croyez qie si le bon Dieu écoute les vœux de vos serviteurs que TOu« alLz nager dans le bonheur comme qui dirait 1« poisson ^dans l'eau. \« «.a^v .':\

Vous savez que nous vous aimons, M. Gustave, et on est bien «certain qu'on vous rendra pas jaloux en vous disant qu'on aime •déjà J'avance votre jolie madam». Elle doit être bien belle et 3>ien bonne puisque vous l'avez choisie pour votre compagne. — ^11 «aluç.)

M//; - • ' '^ ' - Tous ens mhle. ; .; ; ,;, r ;;

•■'Vive M. Gustave ! vive mada.e Gustave I vi «i :kï' ; j

.•'-j:o-- Gustave. ., .;Â:\yvu^'-]\

Mes bons amis, vos bons souhaits pour ma future cempugne et ipour moi me touches profondément. Je vous en remercie de rtout mon cœur. — En vertu de certains arrangements faits avec «non père, je suis devenu propriétaire du château et de ses dépen- -dances. — -J'espère, mes anais, que vous resterez tous à mon service, — et que vous serez traités par moi comme vous l'avez été par anon père.

'-■(*'»• Tous cnsemhle.

Bravo, bravo.

Baptiste.

Oui, M. nous resterons à votre service, et nous redoubleroni «de zèle pour vous plaire.

vvi:i. Gustave. '«'=-

Non, mes amis, vous n'aurez qu'à continuer tel que vous atez Élit jusqu'à ce jour. •/ ■

Maintenant, allez vous amuser dans le jardin, j'ai besoin -d'être seul ici. Surtout n'oubliez pas de rire, de chanter, de danser. — Bt vous, Jacquot, voyez à arroser Le tout d'une petite iiarme de vin. ;, » .. .^«* ,.

Jacquot.

Merci, monsieur, — on aura l'œil à ça — J'sommes particulier .-tfir l'article. — (Ils sortent. Baptiste, chantant :) f;,.}

. __,- Oui mes amis, fêtons Gustave,

- C'est un de nos plus beaux garçons. "^ ' Et puis c'est un cavalier brave *

' - ■- Amis à sa santé buvons.

M. Ci

...,';.■.. : ■, • , M SCÈNE IIme. „•. .,,,, ,,

GusTATE seul — (il se promène lentement).

Mon Dieu ! mon Dieu I Je ne sais quel funeste pressentimeDt trouble mon âme. Quelque chose me dit qu'un malheur aJOTreujc

me menace ; qu'un crime inoui va désoler mes jours ; ^

que je vais être ravi à ma fiancée Allons, je suis font

je crois; l'amour sans doute égare mon esprit ^

(r^ardant à sa montre) Que fait donc mon vieux père?

il retarde.

Pourquoi me disait-il, l'autre jour à notro dernière entrevue^, ces paroles presque prophétiques : — quelque malheur qu'il t'arrive, aie confiance en Dieu ! — le triomphe du méchant est passager."— Comme il était ému en prononçant ces mots ! Son ceil paraissait lire dans l'avenir, sa voix avait quelque chose d'étrange ! Mon Dieu ! mon Dieu, une lourde et vague tri»^

tesse pèse sur mon âme comme le couvercle d'un tombeau. 1/ —

Mais en vérité ma raison s'égare. Qu'ai-je à redouter ? Jesuis environné d'amis, — j'ai prodigué mes bienfaits à tous ; — lespauvres ont toujours trouvé ma main prête à verser dans la leur..

Chassons donc ces vaines chimères, — et sans plus tarder

je vais rencontrer mon \ ieux père. {Il sort par une extrémité dw théâtre, tan disque Chu ries de BêauTnont rentre par V extrémité: oppoiée.)

. ' '■ ;: ./, SCÈNE iiiME. ■ ' ■'■ ''' "'■'}

Charles (seuH. " i , .

Gustave n'est pas ici. — Il ne saurait cependant pas tarder à venir. — Pauvre enfant que Dieu te bénisse comme ton père tebénit

Je me sens fatigué ; Je vais me reposer un peu en atteD-

dant mon fils (i7 se couche sur un sofa

Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains ; Jésus, Marie,.

Joseph, faites que j'expire en votre sainte ôonipagnie !

pardonnez-moi mon Dieu ! {il s'endort Vildac rentre, s'apyprochc doucement du vieillard, s'assure qu'il est bie» endormi, se retire au fond du théâtre et tient à, voijp ba.s8t U monologue suivant, un pistolet à la main.) " . . ,: i.. ' *;"''.

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