‹ La vengeance de Geneviève [microforme]Chapitre 14 sur 64 · LL · texte numérisé non relu

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Ayant ainsi relevé le prestige paternel dans ces jeunes esprits, Geneviève voulut les emmener pour qu’une trop longue absence n Andis- ‘ posât pas leur mère.

À son extrême surprise, le malade exprima une dénégation violente, tandis qu'une fièvre subite s’allumait dans ses yeux caves.

— Qu'ils restent ! dit-il avec une brusquer: : surprenante dans cette nature affaissée. Qu'iis restent! ,

— Vous ne réfléchissez pas...

jeune femme.

— J'en suis assez sevré. À chacun son tour!

Lucy les a pris, moi je les garde.

— Ici?

— ci. | ï

— Mais, malheureux père, je me suis enga-

s'écria la

gée à les rendre à leur mère, moi.

— Que m'importe !.

— C'est ma parole qui est en jeu.

— Êt moi, c’est mon autorité. Qu'ils restent;

Ce disant, il se jeta à bas du lit où sa faiblesse le contraignait à s'étendre et apparut debout, enveloppé d’une vieille robe de

Chambre, décharné, livide, effrayant à voir.

Mme Carvès ramena dans les plis de éa robe les petits tout ahuris de cette sortie véhémente, et doucement, les protégeant d’une main, essayant de retenir de l’autre le malade très agité, elle regagna la porte.

Mais, au moment où les gentils visiteurs allaient s’engouffrer dans l'escalier noir, le

re a Tate = =

père affolé par le mal, par les privations, par les souffrances morales, sentit jusque dans ses

entrailles l’indicible souffrance de la sépara- . tion avec une intensité telle que, bondissant

jusqueaux enfants, par un élan de fauve, il les saisit comme une proie et les rappotrta dans la chambre, sous les yeux épouvantés de Greneviève.

De plus en plus effrayés en face de cette violence, les petits jetèrent un cri, et cherchèrent à dénouer la vivante étreinte.

æ— Laisse-nous, papa !... Papa, lâche-moi !

Lui, serrait plus fort sur sa poitrine avide le trésor retrouvé, qu'on entendait si vite lui

reprendre :

— Vous ne les emmènérez es disait-il âavec une exaltation croissante. Ils sont à moi!... Qu'elle vienne me les reprendre, si elle le peut ! !

Geneviève essaya de raisonner ce malade

d'esprit, cet affaibli de corps, ce navré, ce révol-

té. Éloquence inutile. L’entétement de l'artiste |

grandissait avec les OReF VELOURS " les prières de sa bienfaitrice.

Durs sa sauvage résolution a garder ses |

enfants se devinait un caractère autoritaire,

que le beau ténor mélancolique, satisfait et |

égoïste de ‘la Maïison-Ronde” n'avait jamais fait entrevoir, et dont la manifestation brutale

ne devait être attribuée qu'à un accès de,

délire.

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pée dans son orgueil, froissée dans ses plus légitimes instincts, causait ce dangereux réveil.

La crise violente ne fut pas de longue durée.

La. fureur. tomba. L'attendrissement reparut; mais la volonté ne se modifia pas. :

Ses fils étaient son bien dont on le voulait frustrer ; il voulait, reprendre ce bien, à la façon des conquérants, et célébrait sa victoire avec une fougue expansive, un déluge de paroles tendres et de larmes, qui finissaient par le rendre touchant aux yeux mêmes de eelle qu'il compromettait le plus gravement.

En effet, qu’allait faire Geneviève, en face de cette volonté maladive si nettement e&primée ? Qu'’allait penser Lucy lorsque, les heures

s'écoulant, elle ne verrait reparaître ni les enfants, ni la gardienne à qui elle les avait confiés ?

La pauvre femme fit une tentative dernière, parlant de sa responsabilité, de la mission charitable entreprise si yvaillamment et qui menaçait dé finir si mal.

Mais une faible digue arrête-t-elle le torrent débordé ? Sa voix suppliante arrivait-elle même #à l'oreille tout emplie des bruits de fièvre et de passion? .

Désespérant de rien RARES Geneviève se consulta rapidement. Demander secours chez elle serait inutile, Jacques Ferrat n'était point, à pareille heure, encore rentré de son imprimerie.

Mieux valait implorer l'assistance de la con-

106 rA VENGEANCE DE GENEVIÈVE

Gierge, dont les robustes bras valaient cèux d'un homme, °°

Rassurant les enfants d'un seul mot : “ N'ayez pas peur, je reviens, ” la jeune femme descendit enfièche l'étroit ‘escalier, ‘en appelant d'un accent troublé :

= Madame Péchu ?... Madame Péchu ?

Rien ne répondit. Par une fatalité singulière, l'amie de Marianne ne se trouvait pas dans la loge. |

Geneviève, désciée de die constatation, se hasarda jusque sur le trottoir en appelant toujours.

‘Un hômme s Y trouvait, ‘appuyé au reverbère, dans l'attitude de l'attente, lequel, reconnaissant sa voix et l'apercevant elle-même dans l'encadrement de la porte, s’avança vivement :

— Qu'avez-vous, Geneviève ?. 2... + Vous’ êtes effrayée ?.

— Léon! oh! quélle rencontre !

{Auriez-vous à me parler ?... Puis-je vous être utile ? |

Elle n’hésita pas.

— C'est Dieu ‘qui vous amène ! Monter avec, à

moi.

— Ce qui m'amène, c'est mon désir de vous revoir ét de vous parler, Geneviève. !:

— N'importe. Montez, je vous prie.

‘= Chez vous, n ’est-0e pas ?... Près dé Jeannine? | Ts Lo — Non, certes, fitelle avec “ffroi.

‘Léon éut un souriré amer.

ve #4 YENGEANCE DE GENEvIève .107 où ER | ayez — Chez le père des enfants.

ondit — Pourquoi ? Qu'y a.t-il ?

d'un | — 1] ne veut pins les rendre.

4 | — Montons, dit Léon vivement

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z avec, | Fit. j te je e vous > Jean- À

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