‹ La vengeance de Geneviève [microforme]Chapitre 2 sur 64 · Ai VENGEANOE pe'eunavhye · texte numérisé non relu

Ai VENGEANOE pe'eunavhye

pds ndé nisères de famille) mais je essais) moi, et sfje voulais: les dite. |. Seulément, je ne les dirai pas. sil ST SU

“Lé"conciérge dune 115 daigrait ‘approuver.

cette-réserve; et continuait eu s'adrdssant lan indiscrets : dk LL | SALE HE 4 de ram ta, À : "24 Marianne fait bin de no pad/réboñiter les malheurs de cette bonne petité Mits Oarvès. :. Mme: Carvès.:, vous savez; ‘te: N'est pés sûn! nom, On plutôt ce ‘n'est pas'le’notit te nd mari c’est: le‘sien de-jéuné fille: Onn'à :faais rit vü de pareil à ce :mbriclà ! : |; Un joueur; aidé. bauché, qui lui méngé sa fortune, l'a forcée à divorcer!.. Oh! n’onÿrez dond'pas”les! yeux si grands ‘que ça. ‘en Suisse, on divorce: ‘tes bien: "Le mari est Sdisso. “ Uil monstre d’hon: me !. .!'quis'est rétharié, à refait a foriahe “et so moque pesimal des vraie famiilté L1\ Tour ça par les mauvais o6teils d'un viéirméehant beaa-père, qui spas sin petite !dfime ‘ên grippe, sans qu'on sache! ‘pourquoi, ét qui ‘Pa torturéé,‘tyranaiséé, vilipéidée ! 1 "tant étant que Ta pauvre feminie’en à quésitient } rdit da tête ! Elle s'est sauvée de chez: ses rt Portant sa fille, qu'of vonlait lui-prendre, pour en fairé ane ipie comme le grand-pèit. quel:

qué criminel caché, vous savez; cé grandipèé

"Et tandis que la dignitairé de! lu loge: s'arc rétait pour respirer, la vieille servante repré: - msitavéé volubilité 5 10 FOR

Gr Ce TON

cémine cela! Des! ve tures! étonnantes ti:

Oétte petite’ daine, qui est bn lange; no racotité.

Ai VENGAEANCE DE GENEVIÈVE : 19

ww Pérdu:la tête! :. oh ! oui, mère Péchu, on le peut dire. Sans la science de son:cousin, le docteur :Plécisl Molin, nous ne ‘l’aurions plus, ls ohère-deme.. En voilà un docteur!.,, si jeune et si savant !.., Et aussi, le dévouement de.Jacques Ferrat, le petit locataire boiteux de la mansarde, vous savez bien... qui s'est joliment employé à aider tout le monde, pendant cette terrible maladie qué Mme Carvès a taite en arrivant de Suisse. En voilà un encore qui baiserait la marque de ses pas! .. Il parait qu'elle l’a sorti de misère, autrefcis, pour en faire un bon travailleur. Enfin tout le mon: de Païme;, quoi ? elle et sa petite Jeannirs, qui eët tou, de même bien plaisante et bien bellotte, pour uné gamine dé huit ans; et penser que le monstre. dé mari ét le gredin de beaut père? ..:Mais, j'ai dit que je ne raconterais rien, Je ne suis pas faite pour trahir les secreté de mes maîtresses ; ah! mais non;

“Sur:cette conclusion triomphante, Marianne reitrait dans-son #ilence. digne, et son amie, Mine Péchu, témoignait une fois encore son approbation d'une télle conduite.

Les questionnenurs deñeuraient perplexes en face de ces démi-révélations, de ces aventures entrevues qui ouvraient, sur le passé de l'énigmatique:: jeune lemme: dés perspectives piquantes. ii 1

Paris est aussi la ville des céncais ; quartier : par quartier, le per À js qu visins % vent tout connaître. | dafitéi ME

Pour et: x, il eût fallu refaire par lé menu l’histoire de: l'existence mouvementée de Gtenéviève ‘Bourgeal, née Curvès, dont les péripé- | ties poignantes ont été racontéës ses re peer rpserd récit: Cléricale !.. |

‘Mais ces confidences téébérugen;| si incomplètes qu’elles fussent, suffisaient à démontrer qu'un mystère enveloppait le’ passé de cetté créature passive, résignée, distinguée. ERA

Divorcée !... un mari qui l’a ruinée !... un beau-père qui l’a torturée !... une enfantqu'on voulait lui enlever!... Un vieillard qui est un criminel! ... oh! oh!

: Quelle mine à commérages !... Que d'aventures intéressantes dont il serait délicieux de connaître les détails !... et combien ces bribes indiscrètes, tombées de la cuisine dans la loge, et de la loge dans l'oreille des curieux, redoublaïient l'appétit de ces derniers.

Mais il fallait se contenter de cela. Si des deux commères bavardes du No 115 en savaient davantage sur Geneviève Bourgeal, née Carvès, celle-là même qu'on appelait ‘Mme Carvès, ” elles n’allaient jamais beaucoup plus loin dans leurs racontars, te qui faisait suppose? une science moins entière en vos en açparence.

Et pourtant Marishne: en exvait bien long; bien long, sur cette existence brisée. |

Une seule fois, la vieille servante dépassa les bornes que sa démangeaison de parler s'imposait difficilement. C’est qu’elle crut agir dans

é menu “de Gre-

ypéripé- |

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-income montrer le cetté

»!,. un ntqu'on l est un

d’avenieux de 8 bribes la loge, .redou-

Si les srarent

l'intérêt de sa maîtresse; tout en enfin sa joie de:se montrer si bien Une passé de Mme Carvès. \

Le passé de. Mme Carvès!... 68 énigme que les voisins, les fournisseurtsf imbéciles, avec la persévérance innée des désœuvrements et des curiosités tenaces, vouiaient. percer à tout prix.

Il vint un matin dans la loge du No 115, une belle dame, littéralement couverte de faille, de dentelles et de bijoux : Unê gravure de modes vivante, haute en couleur, de douteuse distinction, mais d’opulence positive,

Elle avait: l'apparence impérieuse, le verbe élevé, l'air inquisiteur.

Elle voulait savoir ‘tout ce qui touchait Mme Carvès, depuis son mariage jusqu’à l'heure présente, parce qu'on la lui-avait dépeinte comme une personne très méritante, injustement poursuivie par la destinée, et qu'elle voulait se rendre compte par elle-même du degré de confiance et d'estime qu'il fallait accorder à cette maîtresse de dessiu. ”

Le servante de Mmes Outier et Carvès prétendit d'abord n'avoir rien à dire de plus que ce que tout le monde savait déjà; la parfaite honorabilité et le talent de professeur de la jeune femme.

Mais la dame pérée comme une châsse. fit clairement entendre qu’elle avait des projets sérieux d’une grande importance, pour l'avenir de Geneviève Carvès, et de sa fillette Jeannine,

f y a. | La yrnaraxes DE’ GENEVIÈVE

a) projés sd'un'intérét capital: pour l’'énfant. M rain ‘qui :adorait: biz se pe .

L ere + “Onla prévint qu'il fallu behnis le méfier et les réticences de:son récit, pour mériter la reconnaissance de la: belle dame, dont la: main chargée de bagues jouait is jones avec un porte-monnaie rebondi, : | Marianne ne résista plus que fsiblemént:

: — J'entends savoir tout, insista la dame aux bijoux : il s'agit de: la fortune de Jeannine. . et je saurai récompenser votre franchise. . Marianne raconta tout.

— Je ne saurais pas la.fin des fins, ditelle, si Mme Carvès, malade et presque mourante, ne noûus avait elle-même, dans son délire, mis au courant de sa vie. Une vie qui est un roman, madame! Voilà.

- À dix-huit ans, sou tuteur, M. Martel, ls chez qui j'étais en service, a tiré Mlle Greneviève Carvès du couvent, pour la marier à un ingénieur, M Léon Bourgeal, fils d'un vieux monsieur “qui avait fait de la politique,” com- 4 me on dit; il avait même été condamné, déporté, et puis amnistié. (C'’étaient des amis de mon maître. | 3

‘Le mariage faillit, dès le premier jour, n'être pas heureux. On n’a pas du tout de reli- é gion dans cette famille-là Le père ne voulait ( inême pas passer par l'église en sortant de la ] Mairie ; il sonduisit tout droit la nocé au res- 4 tatrunt. Jamais on n'avait vu ça!.. |

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“La petite mariée n'y pouvait pas croire.

Le marié, pour ne pas trop la choquer tout d’abord, l’'emmena à la campagne, où il avait fait faire ses publications, et on les maria dans l'après-midi, saus invités, sans messe, sans orgue, rien qu'avec les témoins: Le, docter:

Placial Molins, -—— un docteur tout jeune: qui en sait autant que les vieux et qui est le cousin de la: mariée,.— revint’ désolé de cette cérémonie qui ne présageait rien de bon.

En effet, quand le jeune ménage eut un bébé. ..! Vous savez, la jolie petite Jéannine?... le grand-père et le père ne voulurent pas en: tendre parler de baptême !... N'est-ce pzs une horreur que des paiens semblables?... La jeune mère, bien malade, croyait le baptême fait, mais quand elle l'apprit, il: y eut des discussions !... et des larmes !..: si bién que, l'enfant ayant le croup, ce fut la mère qui la baptisa, la nuit, dans la crainte de la voir passer dans seg bras avant d’être chrétienne. Le grandpère, qui le vit, entra en fureur et ne pardonna pas cette désobéissance ; il détestait, d'ail:

- leurs, cette pauvre petite dame, parce qu’elle

en savait trop long sur son compte.

‘IL faut vous dire, madame, que mon maître, M. Martel, allait souvent voir à Fontenaysous-Bois, son vieil ami Bourgeal. Un soir qu'ils se promenaient tous deux: avec Mme:

Geneviève, un cheval emporté rènversa M.

Martel qui fut mortellement blessé. On le transporta dans un restaurant du :bois de Vin-

cennes, le a ny où il mourut au bout d’une heure. Ë Mais, avant de mourir. il ft ses detnièteé:

recommandations au vieux M. Bourgeal, lui remit toute sa fortune —- des papiers... Je crois qu'on appelle ça des actions au porteur — qu 31 gardait toujours sur lui, comme un vieux garçon:méfant qu’il était. Ah! il aurait mieux fait.de la confier à sa servante, cette fortune !.…. il lui en avait assez souvent promis une petite part!.,. et ce n’est pas Marianne qui aurait trompé: les héritiers! Ah ! Dieu non!... Il désignait. deux héritiers, ce pauvre mourant...

auxquels il fallait remettre 50,000 francs pour chacun : Mlle Outier st le petit Jacques Ferrat. “M. Bourgeal promit et prit le portefeuille.

On dit que c'est uu... un fidéicommis: un drôle de mot !,,. enfin !... Mme Geneviève, qui priait dans un coin, entendit cela, vaguement et sans chercher sur le moment à comprendre, parce que le mourant, qui ne se confessait pas, l’occupait bien davantage. Le médecin arriva, mais C'était trop tard, On transporta le cadavre à Fontenay-sous-Bois, chez M. Bourgeal. . ‘Seulement, madame, voyez la Providence :

un garçon palefrenier du restaurant, par une petite fenêtre, avait vu et entendu toute cette scène, lui aussi, un garçon boiteux, mal élevé, pas grand chose, quoi !... Il s'appelait Jacques Férrat,” ça l’intéressait, vous comprenez, madame, à cause des 50,000 francs. Tant mieux si ça sé rapportait à Jui, tant pis s’il s'agissait

a bout

rnières.

al, Jui e crois qu'il

mieux ane !...

petite

aurait ss nt...

pour.

errat.

aille.

un , qui nent idre, pas, iva, adareal, .

Ce :

une tte Vé, ues na-.

: Si ait

X gar-.

d’un autre portant le même nom: il pÉata foujours essayer.

“Il:s'en alla tout naïvement abat : son héritage au vieux père Bourgeal, qui le'prit par le fond de son pantalon et le jeta par: la fénétre." Le garçon palefrenier, qui n'était en ce temps-là qu'un méchant gamin, s’en retourna furieux, jurant de dénoncer le bourgeois qui ne luit rendaït pas son bien; mais il comprit peut-être qu’on ne le croirait pas, n’étant qu'un vagabond. Ensuite, un voyageur de commerce l'emmera en Angleterre pour lui porter sa boîte de marchandises et le sétvir, et M: Bourgeal se crut bien débarrassé de lui.

‘Car ce malhonnête homme ne-rendait pas l’argent, ni au pétit Ferrat, ni à Mile Outier, qui ne pouvait réclamer, elle, ne sachant rien de rien. Ce n'étaient, d’ailleurs, pas des parents, ni des héritiers directs; M. Martel-n’en avait pas ; mais les enfants d'ericieds 'Hocies et amis.

“Pourtant Mme Gonetièse qui se réppeldit les paroles du mourant, rafraîchit la mémoire de son affreux beau-père; il nia avoir rien reçu. Moi-même, j'allai lai demander si son ami Martel n'avait rien laissé pour sa —.

vieille servante. Il nia toujours. |

‘Pourtant, comme Mme Greneviève lui hu tra qu’elle savait tout, il la prit en ‘horreur ét ‘commença à la rendre la plus malheureuse femme de la terre ; il la calomnia auprès de son mari, l'empêcha de remplir ses devoir religi

eux, da persécuta de: toutes . Énasgre £n toutes. . . toutes.

4 Oë: fat. uh enfer que cette: miloun, pour le petite. dame; d'autant plus que, pendant que le:beati-père la martyrisait,. le mari la ruinait, et la belle-sœur la tournait en ridicule.

: Encore, une drôle de personne que cette ‘belle-sœnr! ... une jolie. demoiselle qui ne croyait, ni à Dieu, ni à diable, qui n'obéissait qu'àpses caprices et ne s'accordait avec son père. que pour Rétoster la on et ceux qe ‘la suivent. .

:1#Oebte demoiselle “Hs Bourgenl était riche, par succession d’une tante, Sa dot fit envie à un chanteur... je crois qu'on appelle ço un ténor. : . qui demenrait dans leur voisinage: .Il la demanda, le: père ne voulut pas la donner en mariage à un homme de ce métier. Et cefurent scènes saïis fin.

“Mlle Eucy sé laissa smboliner par ‘une mauvaise conseillère, Mme Avrial, amie. du chanter, et son amie à.elle également. Si bien que la: conseillère emmena le jeune fille à Londres, où le t6nor-alla. les rejoindre pour se marier à la mode anglaise. Il paraît que cette mode ;là est‘ beaucoup plus commode que la nôtre, puisqu'on n'a besoin ni de publications, wi de consentement, ni de prêtre. Ça: lui allait, à Mil Eucy:

+ Quand le père Bourgeel agiprit éoite fite, il devint fou de: colère ; il envoya son fils l’ingéniieur du côté de l'Italie, sa belle-fille Gene-

res; us

our la t que nait,

cette ui ne >\ssait C: SON Ceux

riche, vie à pe un ge: Il er en urent

‘une >: du bien le à r se ette e la ons, lait,

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viève en Angleterre, pour rattraper la belle envolée, car:on ne savait pas au juste où elle était allée avec son amie Mme Avrial. : :

. #L’'ingévieur ne trouva ‘rien. Mme Greneviève, avec; des peines inouïes, rencontra sa belle-sœur mariée du matin!.:. et impertinente!... et mauvaise!;..et disantque la malédiction, de son père. lui importait peu...

qu'elle l’avait maudit la première !.

“ La petite Mme Grenevièveen était terrifiée. Il lui fallait revenit en Frante;, bien triste et fatiguée ; heureusement que son cousin, le docteur Placial Molins, était allé la rejoindre pour l'aider dans ses recherches et la ramener.

“Et savez-vous qui ils rencontrèrent, au moment de s’embarquer?... Le petit Jacques Ferrat, qui pleurait, ne pouvait payer sa place, n'ayant plus de maître, pas de pain, pas d’asile, Vous sentez bien, madame, que Mme Gtreneviève eut pitié de ce nr Sais et le fit em- -barquer.

‘“ Je: vous donne ees détails, madlarse, pour que vous compreniez combien on a été injuste et méchant plus tard, dans cette vilaine famille Bourgeal, pour ma pauvre maîtresse.

“Œlle ramena donc le gamin à Fontenay, pour ne pas -le laisser se pervertir complètenent ; mais, quand le vieux M. Bourgeal le re- | connut, il entra dans une fureur telle qu’il en prit une nouvelle crise.

C’est là que la bonne petite daine, qui ne.

oulait pas déshonorer le nom de son mari et

de sa fille en accusant tout haut soh beau-père de vol, se crut obligée de réparer une partie du tort qu'il faisait aux héritiers Martel. Elle 'envoyi le gaïhin à Paris dans une école professionnelle, paya pour lui, lui fit apprendre un bon ‘état ; enfin, elle en fit un honnête 7 d'un chenapan qu'il était.

“Vous sentez bien que ça ne se fit pas en un jour. Pendant ce temps-là; le vieux Bourgeal, jurant que jamais il ne renverrait: sa fillé, défendait qu’on en’ parlât devant lui, brûlait son portrait, jetait ses habits au vent, et décidait enfin vouloir quitter le pays où l’on faisait trop de commérages sur son compte. Et il le fit, car c'est un homme d’une volonté du diable ".

fs (Les voilà donc tous en Suisse, à ‘Clarens, je crois. Mais si vous pensez, madame, que la pauvre jeune. mère fut plus heureuse, vous vous trompez grandement. Obligée de se cacher pour parler du bon Dieu à son enfant, aldant aux offices à la dérobée, brusquée, moquée tout le long du jour. . . quelle vie!

‘On l’appelait, par manière de sottise : Cléricale !... Je ne savais pas ce que cela voulait dire ; maintenant, je vois que cela signifié beaucoup de foi, de patience:et de résignation. Ils ne pouvaient pas comprendre, vous voyez bien.

“L’ingénieur lui mangeait sa dot, lui faisait -signer des papiers en. blanc, sans celle se doutât, la bonne créature, de ce qu’on en voulait faire contre elle. Quand la ruine fut com-

au-père artie du Elle enprofesdre un homme,

1S en un ourgeal, illé, dé- \lait son décidait 1 faisait Et il le onté du

Clarens, , que la se, ‘VOUS de se canfant, almoquée

se : Cléà voulait fié beauion. Jls vez bien.

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plète, le beau-père rêva un riche mariage pour ce fils bien digne de lui, et, comme on ne pouvait sé débarrasser de Mme Greneviève que par le divorce... une belle invention, allez!... on crut l’obliger à divorcer en produisant une demande soi-disant écrite par elle et signée de sa main,

(a, To c'est la plus grande vilenie qui se puisse voir !...Sasignatureétait vraie. puisqu'on lui avait fait signer en blanc, sous prétexte de ventes et d’arrangements avec les créanciers. On avait rempli ce blanc, et le tour était joué. On avait prévu aussi qu'elle résisterait, et le mari, dans ce cas, demandait le divorce à son profit, en accusant sa femme de mille horreurs, soufflées par le beau-père, entre autres d’avoir fait un voyage en Angleterre, avec un cousin... d’avoir adopté un orphelin

sans aveu... d'avoir détaché sa petite-fille de lui... que sais-je ?... il y en avait long de cette force.

“ Pourtant, elle se défendit... maïs sans jamais accuser personne. Sachant que son beaupère était un voleur et son mari un faussaire, elle ne voulait point les déshonorer. Elle disait que ‘‘les chrétiens ne sont pas des dénon-

biateurs. ’’

“Savez-vous .ce qu'ils firent ?... [ls lui enlerèrent sa petite fille! ... et, quand elle la relama avec un désespoir que vous imaginez, ingénieur déclara que le vieux M. Bourgeal ‘avait emmenée avec son consentement, pour

l’élever à sa maxière, sans da rare et sans le: bon Dieu:

“C'était trop, io pour Mime étés, viève. Se laisser torturer, passe, mais laisser faire de-Jeannine une libre-penseuse, comme ils disent !... non, jamais. Elle en perdit absolument la tête, et courut chez le magistrat, d’un trait, comme une folle; déclarer qu'elle ne réclamait plus contre le divorce, que sa signature était bien ainsi, qu'elle acceptait tout, pourvu qu’on lui laissât sa file. Le magistrat vit bien que la tête n’y était guère, mais l’acte était valable, par sa date même, et le divorce: devait mâintenant aller tout droit. |

“ Après ce coup “de tête, on la crut morte.

Le médecin ordonna qu’on lui montrât sa fille, et l'ingénieur la fit rentrer. La vue de l'enfant la fit revenir à la vie, mais pas à la raison. Elle s'imagina qu'on allait la lui reprendre et se sauva, la nuit, emportant Jeannine; je. ne. sais pas comment elle a fait pour venir de Suisse à Paris, la tête égarée et malade! ..

“ Toujours est-il qu’elle a fini par rejoindre son amie, Mile Julienne Outier. Encore une que la bonne petite dame soutenait en secret pour la dédommager du vol de son beau-père.

Toutes les vertus, je vous dis!... Maïs maintenant elle n'avait plus un sou, elle non plus, et c'était au tour de son amie à la receuillir.

“ Longtemps; son cousin Placial Molins, qui la soignait, crut ne pouvoir la guérir. Dans un accès de fièvre elle nous a raconté toute son

ans le.

Crenelaisser ne ils bsolut, d’un

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JOUrVU

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morte.

a fille, enfant 1. Elle , et se Le. sais uisse à

oindre e une secret

histoire, dont nous ne savions qu'une petite ,

partie. C’est une pitié !... Le petit Jaeqnes! Fèrrat, le boiteux, dont elle a fäit un bon duvrier, ne:parlait que de la venger, d’aller dire leurs vérités en face à ses tyrans. Ella l’a calmé.;et il ne parle même jamais plus dé ’’héritage, de) M. Martel, volé par M. Bourge:!, pour. ne: pas faire de peine à sa bienfaitrice: car ilest devenu aussi bon sujet qu'il était affreux gamin, avant qu'elle le sauvât de la perdition des rues deParis ‘“ Aujourd’hui, tout le monde travaillée: personne ne se plaint. Mme Geneviève a repris son nom de demoiselle et: ne fait jamais de question pour savoir ce que deviennent les Bourgeal père et fils. Elle a pourtant appris que son: mari... le lâche cœur !... a épousé une veuve riche, plus lâche encore, puisqu'elle a profité du malheur d’une autre femme. Jamais ma maîtresse n’en parle avec colère; mais -j'es-

père bien que le bon Dieu se chargera de les

punir tous.”

Ici Marianne, absolument épuisée par l’ardeur qu'elle mettait dans ses paroles, s'arrêta sans souffle, pour étudier l’effet produit.

Pendant ce long récit, qui ne faisait cependant qu’effleurer les douleurs intimes de Geneneviève, la dame n'avait cessé de jouer avec ses bagues, sa chaîne, ses bracelets, en affectant uné sérénité que démentaient les plis de son front.

Lorsque la vénelution brutale de Marianne

-tomba durement dans sés oteilles, elle se. leva

d'un mouvement brusque et repoussa sa chaise

qui alla rouler au fond de la loge. ::: ) :

‘+ Ah ! fit-elle d'un accent âpre, vous espérez ça, ma bonxe femme, que le bon Dieu sac-

cupera des petites affaires de famille de Mme

Carvès. C’est le supposer trop désœuvré, vraiment. Ce que je puis vous assurer en attendant, moi, c'est qu'elle aurait tort de regretter son mari. Un homme égoïste, faible, triste comme un éteignoir, grincheux et ingrat. .. car il me doit sa fortune et je ne lui dois que le spleen.

Et comme Marianne, stupéfaite, la regardait bouche béante.

— J'ai le droit de l'apprécier, reprit la dans élégante du même ton aigre ; je suis assez

payée pour le bien connaître : je suis la seconde femme de M. Léon Bourgeal.

— Ab! Seigneur ! exclama la servante Abd:

sourdie. Qu’ ai-je fait là ? :

— Vous m'avez rendu service, en m’'apprenant que mon beau-père était un voleur. Oela me servira à reprendre plus vite ma liberté.

Merci, ma bonne femme.

:— Mais pourquoi m'avez-vous init enfin ?... Qu'est-ce que cela vous faisait, à vous, les malheurs de ma pauvre maîtresse ?

cria Marianne subitement furieuse. :

— Je voulais savoir si M. Léon Bourgeal

s’occupait de son ancienne famille. Je voisque.

non, et cela me surprend peu de sa part. C'est un mensonge de plus à son actif, car il laissait

LAVENGEANCE DE GENEVIÈVE 28

croire, -qu'il avait des: charges. Quelles charges ? .. Voilà pour: vos en RTE ma bonne femme.

Elle mit des pièces d'or dos la: main de Marianne:et sortit comme une trombe. :!

Marianne ayant retiré sa main avec colère, les pièces s’éparpillèrent. sur le carreau de la loge. Mme: Péchu accourut à ce bruit argentin, auquel ses oreilles de concierge ne pouvaient rester | insensibles,. s’aplatit sur le sol pour mieux :czbrcher; mais soit myopie, soit distraction, trois louis seulement reparurent au jour.

— Tenez, prenez-moi ça, et pas de grimaces, fit-elle en les glissant dans la poche de Maridnne. Est-ce que l’argent se refuse jamais ?

— Ah! mais... c'est que... si vous saviez ce que c'est que cette dame ? balbutia le vieille fille toujours épouvantée des suites possibles de son indiscrétion.

— C'est une dame riche qui vous payé. C'est tout ce qu'il faut, je: pense. |

— Elle m'a fait parler. .. Et maintenant !.

Ab! sans la connaître, je disais qu’elle était lâche... C’est bien vrai tout de même... et le bon Dieu la punit déjà. - 1 I

— Eh bien! laissez-le faire.

— Mais je ne veux pas d'argent pour avoir raconté les malheurs de Mme Carvès, moi...

— Avec ça, que vous en avez tant d'argent, vous!... et que vous n’en avez pas assez perdu par la faute des bourgeois!... La belle af-

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