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Du graroche, parisien, il avait gardé les allures rapides, les subtilités économiques, l'art des marchés inattendus. Devenu lé factotum dé la maison, il se chargeait des courses, des emplettes, des coréen get à on sufionit à tout. nine
On ne avait tou si la ie grands partie de ses honoraires de:typographé ne se:mélait pas:en secret à la maigre bourse de la communauté. Greneviéve le soupçonnait. nue roi s'èn défendait comme ur beau diable :
—r Eh!...n ’approfondiséez pasil disait dou cement Placial à sd cousine. : |
En retour de ses: services, Ji acques RER A asile dans une mäansarde dé deux:inètres carrés, situéé sous le toit, et a ass du ASE de ces dames: to D Abe rt
Le plus humble snrdhti de son imprimerie pe: s’en fût point contenté. Il ve déclarait logé comme un Crésus. |
D'ailleurs, Jacques n'y montait gubresque pour y dormir. Son métier, ses courses, ét le
soir, au coin d’une: ‘täble, les répétitions d'or- È
thographe que Jeanninë recevait ‘de ae emplissaient largement ses heures: :
Il ne rougissait pas de servir Dieu, ee.
nant qu'on lui avait appris à le connaître, avec la même: cruuëerie convaincue qu ne per autrefois dans le mal.
Ses jambes inégales lui attirent. encore les railleries des camaradés, lesquelles glissaient sans entamer sa belle humeur, sans atteindre à
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vail et l'éducation.,
| Placial, Molins, auquel J acques Forrat reportait nne grande part. du.culte dont il entourait
Gteneviève, faisait de la médecine : avec le suc-
cès, relativement; long à se produire, d'un jeune
docteur qui débute.
Sérieux, consciencieux, de. manières Sxoellentes et de conseil sur, même :en dehors de la médecine proprement. dite, il commençait à faire sa trouée dans la clientèle du grand.commerce du qnartier.d;: Château-d'Eau, … ::
On l’estimait. beaucoup, on, l'aimait facilement. S'ileût consenti à se répandre davantage, les invitations ne lui eussent pas fait défaut ; mais il refusait toute réunion qui n'ayait pas son art pour: résultante ou pour mobile. |
.Sfil eût écouté les avisde nombre de compa- £rons d'études, ; il eût, cherché, à conclure. Un riche mariage.—.ee qui n'eût point été. trop. difficile parmi les héritières de fabricants de bronzes, d'art ou.de: négociants retirés, — à] eût tenu'un bel état de maison, fait montre. «d'un salon somptueux.et tiré vanité d'un, équipage. correct. Ces, choses-là posent un, médecin. à Lu et font accourir à Jui la clientèle pu:
ente Placial savait à merveille, quoiqu’ xl. pe: ui
plèt pas d'employer. ces, moyens. de, réclame,
qu’une femme aimable, bien posée, pouvait en effet, lui. APPOTIEr. la, tprai dm TÉPAHRHORE. la
“!' Mais il'8é botnait à répondre : que sa Vovation ne lui semblait pas le mariage. |
Pourtant, quand il voyait passer un sole heureux, jeune ét charmant, quand un bébé rose apportait innocémrhent sh front aux lévrés de'son docteur, il tressaillait et demeurait sombre.
Dans l'intimité du boulevard du Prince-Eugène, dans ce cher quatrième étage, où l’on ainaît si bien, son front s'éclaircissait, et le sourire revenait dans sés yeux mélancoliques. 4
Il apportait à, ‘force, courage, reflet de ls vie extérieure, ‘écho du bonheur d'autrui.
“Il mettait du baume sur les blessures inorales et sur les souffrances physiques, dkns ôet intérieur féminin.
Là, séulemeñt; par un facile dobod: persohné ne lui parlait mariage, bien que Mme Oùtier, däns l'affaiblissement de ses facultés, eût cent fois décléré qu'elle tel le lui conseiller. |
Soït qu "elle l'oubliat, ‘soit qué la. dhyabié ie du’docteur ne l’encourageñt point à le faire, soit enfin que les yeux suppliants de: TJ ulienne l'eussent'avettie que de m'était point un sujet à traiter éntre eux, la ‘bonne dame sel taisait
tonjours,
‘’Gérieviève, avertie par son instinct, se: gardaît bien de soulever une question qu’ ‘elle devinait délicate où douloureuse. |
Julienne... ma.,s qui pourrait dire le’ motif qui clouait obstinément les lèvres de Julieriné ?
cultés, ” ai lui
noté!
g'faire, lienne
Ce motif, Geneviève le soupçonna brusquement, pour la première fois, le jour où le premier bruit de guerre circula dans Paris.
— La guerre’ * s'écria la jeune fille en pâlissant. Vous dites, monsieur Placial, que nous pourrions bien avoir la guerre avec l'Allema- ,
gne ?
— On le répète avec une insistance qui rend probable ce gros événement, mademoiselle, répondit le docteur.
— Et, si c'était. vrai, que feriez-vous ?
— Moi, mademoiselle, Julienne ?
.— Qui, vous... médecin civil, en dehors de toute attache avec l’armée ?
— Je ferais ce que les circonstances me montrent comme mon devoir.
— Vous resteriez, alors, tout naturellement.
— Je ne le crois pas. Si l’on formait des réserves, des ambulances, je m'offrirais aussitôt.
— Sans y être contraint ?
— Ah! mademoiselle Julienne!... Vous m'estimez trop pour supposer que, la guerre éclatant, je puisse attendre, avant d'offrir mes services, qu’on vienne les requérir.
L'accent du jeune homme eut une involontaire amertume en prononçant ce reproche indirect.
— Ô monsieur... vous ai-je donc fâché, en
* disant cela? murmura tristement Mlle Outier.
Je vous crois capable de tous les courages... même du plus inutile, hélas!...celui desonger moins à votre bonheur qu'à votre dévouement,
pa
+ sa 40 86 LA VENGEANCE DE GENEVIEVE
‘ Sa voix se brisa en‘prononçant cette phrûse, dont lé sens énigmatique glisss sur l'indifférence maternelle, mais éveilla le ‘doute dans un cœur ami: celui de Geneviève.
‘Julienne était devenue toute pale: :
Placisl, qui la regarda par hasard, supposa
ue ce mot terrible ‘la guerre” ‘suffisdit à troubler cette nature sensible : mais Geneviève entrevit davantage, et ses yeux, où brillèrent subitement une douce luer, s'arréêtèrent, pensifs sur les têtes peñchées des detix jéunes gens, auxgnels Jeannine montrait un dessin."
Et pourquoi non ?... ‘Ce qu'elle croyait lire dans la voix aïtérée de Julienne, dans sa paleur, c'était la chose la plus louable, la plus légitime.
C'était la reconnaissante affection de Julienne pour celui qui soignait sa mère depuis tant d'années.
C'était la muette sympathie de Julienne pour celui qui mettait à leur foyer morne un peu de sourire et d’espoir.
‘C'était le craintif effroi de Julienne pour celui qu'elle savait capable de s'exposer à tous les dangers, si la patrie réclamait ses'services.
Et Géneviève voyait bien aussi, tout à coup, que si chez sa fidèle amie, rien n'était plus simple et plus profond à la fois que ce sentiment, Placial ne le partageait pas avec la° même intensité silencieuse. . Peut-être même Placial ne le soupçonnait-il pas. à :— Je l’aiderai à voir plus clair, se dit la
D'USRS M © +
upposa isdit à eviève llèrent pensifs y gens,
it lire
douce créature, dont ‘tout le’ bonheur ici-bas conbistait désormais à rêver celui des autres.
Le soir même, se trouvant un instant seule avec son cousin, Gten-riève entama sans préambule le sujet qui laspréoecupait. :"
Mon bon Placiäl, lui dit-elle, j'ai si bien appris à penser tout haut avec vous, que je ne puis-vous dissimuler une inquiétude qui me vient:à l’esprit souvent, et qui depuis quelque heures,:a pris un subit développement.
— Une inquiétude? ,.. pour moi ?
— “Peur vous.
“Placial:sourit amicalement, en homime qui trouvait ce début bien grave. Il n'avait que des sourires tristes et doux pour Geneviève. :
— Voyons, ma cousine, confiez moi cette granc» inquiétude. Je savais avoir plate dans vos affections, mais dans vos terreurs pas du tout,
— Oh! mes terreurs !... le mot est trop gros. En tout cas, ce serait de vous voir passer à côté du bonheur sans le reconnaître.
— En vérité ? .…. . Le bonheur est-il donc en train de courir les rues ?... Ce n’est guère que là que je puis le croiser, pourtant, car au chevet de mes malades, je rencontre tout autre chose, allez.
—r N'y a t-il donc, au monde, pour faire cette rencohtre heureuse, que le chemin public et les chambres de mourants ? ...
— ]1 y a encore les cours de moncher maître Broca... On n’y traite point du bonheur, que
je sache. Et puis, il y a mon appartement de garçon, où je n'ai point l’occasion d'introduire .le beau visiteur dont vous parlez, ma cousine.
— Eh bien?... Et notre logis ? N'y saurait-
on trouver rien de bon ?
— On y trouve la douceur, la dignité, la
paix, puisque vous y êtes, Creneviève.
— On y trouve le dévouement, la beauté
sans apprèt, et la tendresse généreuse, puisque ‘Julienne l’habite, :pliqua-t-elle vivement.
— Certes, rien n’est plus vrai, fit-il avec une mine étonnée ; mais je ne comprends pas...
— N'avez-vous donc jamais songé à vous créer un intérieur aussi, vous, mon cher Placial ?
Le jeune homme tressaillit
— Moi? :
— Oui, vous, si bien fait pour les honnêtes joies de la famille!
— Mais pourquoi me parler...
— Vous, qui avez toutes les déliratesses, l'instinct de tous les dévouements et qui pourriez entourer une femme de tant de saintes joies.
— Geneviève !... vous croyez cela ?
— Si je le crois ?... mais je ne connais pas d’être meilleur que vous, Placial.
— Alors... vous pensez ?.
— Je pense, qu'à votre âge, dits votre position, le rêve dont je vous parle devrait hanter votre esprit.
. — Et qui vous dit que ce rêve n’ait pas été chassé par moi?
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— ÂAh!... vous l’avez fait ?.
— Je, l'ai fait.
— Enfin, beau phdironx. à vous. EUR dans
di NL atons
| la voie des confidences !
— Je J'ai fait, parce que.c rest la vie saine, la vie utile, que tout homme entreyoit comme but.
— Un but que vous n’aviez. pas powrenri, cependant.
— Il m'a échappé. J ‘étais trop. Jenpe. Je ne le pouvais saisir.
—— Et maintenant ?
-r Maintenant ?..
Un trouble ulomreux se Deigoit gur les traits sévères du jeune docteur. Il. répondit d'un ton bas, d’une infinie tristesse :
— Maintenant, Geneviève.:. ce but, le seul entrevu, le seul désiré... le seulirréalisable,. est ue 4 loir. qu'il le fat jamais.
- Pourquoi ?
— Parce que la seule fomme. dont j'e 'ensse voulu faire ma compagne me répandrait qu'elle n’est pas libre, si j'avais: sa esse à de lui montrer mes regrets... |
— Pas libre ?,
— Non, parce que cette femme, grande dans l’infortune.et chrétienne avant tout, refuserait d’user d’une liberté que les hommes lui. ont faite, seuls, sans la ratification divine.
Geneviève subitement éclairée, montra son
| beau visage tout rayonnant de loyanté, d'ami-
tié, que n'altérait ni surprise forcée, ni. ——
| terie indigne de sa généreuse nature.
— Ah!" Placial ! murmura:t-elle tristement :
j'avais rêvé, moi, tout au contraire, qu’une douce et bonne créature comme Julienne effacerait les illusions enfantines, les amertumes du ‘présent, et trouverait grâce devant vôtre: misanthropie. Le voulez-vous ?
= Je rie le puis, répondit-il grovement sans .
détourner son honnête regard.
Dieu, qui avait vu son sacrifice, n’avait point à l’absoudre d’une défaillance" de conscience.
— Plus tard... plus tard... dit Geneviève.
Laissez-moi croire que l'avenir réahisera mon rêve! «
Mlle Outier, entrant dans le petit salon, hiter. rompit cetentretien. Elle apportait le journal du soir, encore tout humide du contact des presses. Elle n'osait l’ouvrir. Sa main tremblait. :!
— Tenez, dit“elle à Placial ; 'royss, doëteur, si l’on parle guerre.
Le jeune homme jeta un sbgité vb sur 8
le compte rendu de la chambre des députés:
— 'La guerre est déclarée, t-il simplëment.
— O mon Dieu! exclama Géneviève.
— Je vous remercie, docteur, dit ‘Julienne d’une voix faible:
‘Et, peut-btre pour dédie! des darts elle réssotit aussitôt. | — Ainsi vous ‘partires, décidément: Placial, deménda Geneviève, si des atiibalerices s'organisent 2.
Mi j'avais pu hésiter, je HRéitéras conélut-il:
era mon
On, interurnal du presses.
puték: :
bléméent.
Julienne ‘es, elle
Placial, s S'orga-
is plus,
On se souvient que, dans les prévisions de l’armée, l’aide de la médecine civile ne devait point être appelée à se produire. Bientôt, hélas! ces prévisions reçurent un renversement absolu ; nos premiers désastres, bientôt: suivis de nouvelles douleurs patriotiques, rentrant utile le dévouement de tous.
Comme il l’avait annoncé, Placial n 'attoudit pas que ce dévouement fût reconnu nécessaire. Il entra, le premier, dans le corps de santé militaire, pour y prendre aussitôt le service d'aidemajor.
En cette qe il devait faire la campagne de France.
I1 la fit, et dorkbie de pages seraient à écrire sur les misères de l'armée, qu’il partagen en soldat et soulages en praticien.
Mais ce serait s’attarder, et, quand on touche à cette période, les événements vont si vite, si vite, que la plume ne péut suivre le vol prodisieux où tourbillonnaient follement les hommes et les chôses dé notre pauvre France.
Et pendant que Placial suivait les combattants loin de Paris, autour de Paris eéncerclé de fer et de, feu, on se battait non sans courage, certes, mais sans résultats.
La première ambulance qui se créa dans. ls ville assiégée vit accourir, poux offrir s07 aide, l'actif Jacques Ferrat.
Ses: jambes inégales ne lui permettaient pas de prendre le fusil du volontaire. Combien il
lé regrettait:!, Sa seule consolation, dans qe |
disgrâce, consistait à se répéter :
.+#iDu: mdins, je! ne; ‘m'éloigne (pas: Si ma chère hienfaitrice a besoin. de moi, chaque jour M “terre-neuve ” est-là pour la défendre.
«Pourtant, comme en ces: prémières heures or A les bras affluèrent, les services dé Jacques! Fertat ne furent pas. acceptés tout d'abord. Les imprimeries fonctionnaient encore il put continuer quelque temps à imprimer les dépêches fantastiques de province :et; les. tristesses de Paris.
‘Ce dont Geneviève eut grand besoin sirtbut en ces heures de crise, ce fut de travail. Les Parisiens riches avaient fui :à temps. la cité menacée.. Les autres. ménagaient leurs ressources. Plus d'acheteurs dans.les boutiques demicloses; chez les professeurs, plus d'élèves.
Quelques enfants du quartier—denx ou trois à peine — demeuraient fidèles aux leçons de grammaire et de dessin de Julienne et de Geneviève, leçons que e canon de l'inyestissement ponctuait lugubrement. ;
Peu à peu, le souci des leçons, désertées fut remplacé par le souci de vivre,
“Heures lourdes! heures sombres! Les pauvres femmes connurent le froid, les privations, le päin sans nom, les rations détisoirés, les longues stations devant les boucheries, ‘les angaines patriotiques et la terreur du lendemain.
“C'était le siège de Paris: ce. nom: ce à peindre tant d'angoisses ! ! È
ans cette k
. Si me que jour re. |
heures services tés tout tencore imer les les: tris-
surtout il. Les la cité essours demies. :
u trois ons de de Geestisse-
es fut
pauations, 8, ‘les es ahmai. fit à