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aa,> 1 passage le Lis noir de cette tribune primitive, il eut un regard machinal pour te blanc tablier d'infirmière qui éveillait ses souvenirs.
1e Ninon qui le portait était hit
b 5 Dont, lui revint, soudainement en mémoire,
‘snes: rançcunes invétérées, ses ordres récents,
. l'incendie, l'arrestation, sa vengeance satisfaite enfin ! .
Sa prunelle s LT enveloppant d'un feu démoniaque la fière victime qui passait, le front haut, sans le supplier, l'ayant bien reconnu, mais ne. dat point. implorer :son “bourreau. … et Connivence ayec Versailles ! Albait le timbre nasillard d'un assesseur.
. It se fit une. visite péussée autour du tri- ? Prhals À VF rite tin ! Geneviève k prononça “le vieillard avec l'accent du triomphe. .Je te :l'avais-prédit, bigôte orgueilleuse, cléricale affolée ! ... la si bien nommée: Cléricale !.
ait Oléricale vous pardonne! |! répondit Mme : Carvès.
: Cette voix parut subitement éveiller de son “rêve de mort l’un des derniers accusés demeuré en arrière, enveloppé par la foule de plus en plus considérable, houleuse, :au point d'envahir la salle entière.
! Léon, se:soutenant mal sur sa jambe cassée, fit un effort suprême pour se tenir debout en-
bune r'Cce sou-
iève.
Loire, ents, faite
l'feu It, le \ reson
it le ad trionça
e te e af-
LA V£NGEANCE DE SGENEVIÈVE 835
tre les gardes qui le bousculaient en jurant.
© Pour lui, il n’entendait rien demander. Son: père... cet homme de sang, lui faisait horreur !... Un écœurement immense le rendait muet. Mais, pour Geneviève ?... Allait-il done la laisser mourir ? ni
‘T1 étendit des mains sx ppliantes pour écar: ter la foule qui l’entourait.
— Laissez-moi avancer ! invplora-t-il. .. Laissez-moi parler au citoyen Bourgeal.
On le contemplait:sans lui faire place. Si les prisonniers allaient se mettre à récrimiuer, à supplier, on n’en finirait plus! ...
—- Mon père !.:. cria Léon d’une voix étranglée par la fièvre. Lo 1h Pig mais laissez vivre la mère de J eannine !. . Mon père … mon père |. (i
Ce cri fut couvert par une formidable exclamation de la foule.
— Oh!:.. ce boiteux!... ce boiteux, qui appelle son papa!... pauvre petit, va !...
— Où donc il est, le papa du boiteux?..
Et un rire idiot, mais bruyant comme .
éclat de tonnerre, résonna sous la voûte, étouffant. les appels désespérés de l'ingénieur,
L'agglomération humaine devenait si grande
que les gardes eux-mêmes ne pouvaient pr approcher du bureau.
Le citoyen Bourgeal dvdsvelts sisi sourd à toute autre chose qu’à la défense supré-
me, signalé de nouveau des ordres pour les der-
nières barricades, Le boiteux!.., le boiteux !. , Qu est-ce qu'y: veut, le boiteux ? vooHérait la multitude
imbécile.
….r—.dJe. veux qu'on PATATE 1 Oitoyen Bourgeal, écotftez-moi!.., Mon père, entendez-
moi!... râlait l'ingénieur.
Car sa faible voix de convalescent n'était plus qu'un râle lamentable,
Une seconde poussée, plus formidable que la première, se fit sentir aux portes.
— Voilà les Versailais ! hurlaient des voix épouvantées, sur la place Voltaire.
La moitié des spectateurs répéta follement :
.— Les Versaillais! les Versaillais!.:.
L'autre moitié, qui tenait à son petit spec-
tacle, répétait sur l’air des Lampions.
— Le boiteux! ...le boiteux!... le boiteux!
. } Le vieux Bourgeal, étourdi, ‘hors de lui, re- € poussant les papiers, entendit à la fois le dou- en i
ble beuglement, et, si le premier, — les Ver- la p saillais ! — le fit frémir de terreur, le second, C
. — le boïteux! — l'inonda d'une joie vive. | nom Le boiteux, pour sa haine aveugle, c'était L Jacques Ferrat.. .cene pouvait être que Jac- face
Le ques. . . Jacques échappé à l'incendie, mais pris sur’: - parses sbires, enfin! D den à — Le boiteux! répéta-t-il tout à coup en C … dréssant sa haute taille avec un geste d'éner- U
\ gamène, à mort, le boiteux, le traître !... le D pou
vendu à l'ennemi! LL D
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: Inn Nilé prudence, il oubliait out dans son triomphe brutal. |
Et, pour mieux se repaître de, Aa vue de cet adversaire redouté, de. ce Jacques Ferrat que. ses ordres avaient fait arrêter et que la: voix populaire désignait si clairement, il ce haussa derrière le bureau, avec les yeux luisants du tigre cherchant sa proie.
Et la poussée populaire devenait PU tandis, qu'il regardait, .
Mais il ne vit rien.., rien qu'une masse uniforme, épuisée sous l'effort, rotombée évanouie . dans les bras des gärdes, et que l’on emportait par la fatal porte du fond,
— Âh!jaurais voulu qu'il finit de ma main !
gronda-t-il.
«Et du dehors, toujours les clameurs désespérées :
— Les Versaillais !... Les Versaillais!
‘Clameurs lugubrement coupées, d’instant en instant par des détonations sur un point de la place, toujours le même.
C'était dans cette portion sanglante que nombre.de victimes gisaient déjà.
L'abbé Régnard,— la dernière, — étendu la:
face au ciel, portait un trou béant à la poitrine sur laquelle se crispait une de ses mains. L'autre demeurait ouverte comme pour bénir.
C'était le tour de Geneviève.
Une femme !.., Un régal... On se pressait pour la voir mourir.
Elle avançait, lente, calme, ne laissant passer
ee LA VENGEANCE DE : SRNNTIATS
que deux mois entre ses lévres blanches!: de Mon Dieu !... Jeannine!... ii 25 AS
Mais deë habitants du quartier la reconnurent tout à coup; des femmes puant l’eau-devie, les‘maïns sales et les cheveux au vent ::'
> + (l'est l'infirmière !... C’est la garde-ma-
lade de l'ambulance Le van ét . cria Fune de ces créatures.
— Qu'est-ce donc qu'elle a fait, celle-là? demanda un autre qui avait le ‘“‘vin sensible.”
— Ah! par exemple !.., une traitre ts “elle aussi ?... Ah!,,.. alors !...
— C’est pas retira Elle soignait les blessés avec un cœur !, .. fallait voir.
— Ce citoyen membre du Comité central ne sait pas, .….
— Il faut aller lui dire !...
— Allons !,..oui...allons!..:ilsait pas ça, cet homme.
— Laissez donc !.,. c’est une impérioliste !
— C’est une bonne, je vous dis!...
— Non...
— Si...
— Non...
— Venez-vous ?... Faut pas ra vous autres.
— Attendez... Faut pas la fusiller encore !
Tiraillée par les mégères, Geneviève demeurait muette. Elle pensait à Jeannine que Placial et Julienne aimeraient. |
‘Que ne pouvait-elle au moins dbr dire adieu
ous
“ee récits, trois fédérés : ignobles, ‘les
“mais empourprées, les lèvres nn de vin, 8 Nr
Ts'avaiïent leur travail à fadri que diable ! ! ::Les mégères tenaient bôn. Dans le quartier,
-toutes connaissaient l'infirmière de l’ambulan-
ce Le Bastu. Leurs frères et leurs maris, pour ‘beaucoup Vue elles, avaient; passé par cette ‘ambulance: : 1:
LE Attendez! . a …… Aftondes ! l shcltaiost-ales avec le même entétement brutal qu'elles apportaient, une minute avant, à crier “à Mers le:calotin !” 4
L'un des exécuteurs, pressé d'en: finir, dit avecun rire lourd :
1 #1 Comme à lomnibus, alors : le numéro suivant !
‘La plaisanterie eut: dossobare de succès. On
-#'écarta pouf laisser approcher le ‘“numérosui
vant.”
C'était Léon Bourgeal évanoui.
— Il gigotera ps celui-là ! ricaria un antre fédéré.
On l’appuya au muür, de tête penchée inerte, sur la poitrine, les cheveux lui formant un voile épais. On ne prit pas la peine de viser. On tira. Ce fut l'affaire de quelques secondes.
Geneviève n'avait même pas vu. Au frémissement de tout son être, elle devina.
Mais, ce qu’elle aperçut alors, en ouvrant des yeux éperdus, dépassait gn horreur tout ce que l'imagination peut inventer.
Elle vit arriver “ Bourgeal l'exilé” un revolver à la main.
‘ Devant lui, on Pécstait par crainte Plus |
que par respect.
Il venait voir agoniser sa victime la wii ab-
horrée;: ce Jacques Ferrat qui, seul peut-être, avait eu l'étonnant privilège de causer le sentiment de la peur! à cet âme de bronze.
I] lui disait qu'il en serait doux d'en finir
de ses mains avec cet être si infirme... si fort par la seule puissance de son ‘énérgie, de son dédain et de son droit.
‘’Æcraser son ennemi !... Venait-il donc trop. tard 1... Ne verrait-il pas du moins palpiter le-
‘condamné dans les angoisses de l'exécution ? Ce pitoyable demi-cadavre, qui avait été
‘Léon Bourgeal, eut un soubresaut suprême
après la détonation.
'…— Hein!..:. il est pas mort, celui-là !...
-Comment donc que vous travaillez, vous au-
tres ? grogna le chef du peloton d’exécuteurs. Je vais l’achever, moi. J'aime pas l'ouvrage ‘mal fuite ! | sets
Cet homme s’avançait déjà pour tirer le coup de feu définitif dans l'oreille du condamné, quandBourgeal l'arrêta d'une voix éclatante :
== Attends. Comme membre du Comité cenral, je réclame le droit d'achever ce traître.
Et d’une main qui tremblait de passion satisfaite, le citoyen Bourgéal déchargea son revolver sur la tête penché, voilée de ses cheveux et déjà sanglante, du condamné.
| fauve 1
; De + ee:
ba ri LACS MEET Une lamentation déchirante s'éleva :
— Léon !. .. c'est ton père qui t'assassine !
.— Citoyen Boutgesl, vous venez de on tre fils: :
Et Geneviève, éhaoant aux mains rs femmies, se dressa, superbe et inenagente, devant le père assassin. | 54,
Ce cri, ce mot, cette apparition nsilistinte surprirent le vieillard comme une lueurd'éclair.
Une terreur inouïe bouleversa ses traits. ::
Il courut au cadavre, dont le visage ne semblait plus qu’une plaie saignante, et son œil fou’ glissa des traits méconnaissables aux mains crispées dans l'agonie.
Au doigt médium de la main droite brillait
lune émeraude bien connue, un bijou de famille,un héritage de la défunte Mme Bourgeal.
Alors, il revint à cette figure livide, sous le sang, écarta les longscheveux, chercha passionnément un indice pour se nier à lui-même la vision de ses propres yeux.
Les paupières demeuraient ouvertes l’une trouée par une balle, l’autre dilatée par
la mort.
Il vit... il vit le regard de son fils!... re-
gard aimé de l'enfance, regard familier de
l'âge d'homme, regard si connu d’un père, qu’un père ne s’y trompe pas!
Il laissa retomber la tête, qui rebondit contre le mur avec un bruit lugubre. 11 jeta une sorte de rugissement sourd, pareil à celui d’un
fauve blessé.
ee go mere anrammamees me — © —