‹ La vengeance de Geneviève [microforme]Chapitre 62 sur 64 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

De même que la nature a de radieux sou-

‘rires après ses convulsions les plus violentes, 1a | vie de Geneviève, après l'épouvantable drame de la Commune, offrit à son âme meurtrie

d'apaisantes douceurs:

Soignée, entourée, elle éprouva la surprise heureuse de rencontrer quelque joie — ayant vu de si près la mort — à cette reprise de possession de l’existence.

De l'insurrection vaincue, il ne restait plus que les ruines accumulées. Les grands acteurs

| de la tragédie furieuse avaient disparu, tués,

arrêtés, en fuite. Les comparses demeuraient

| aux mains de l’autorité victorieuse pour payer | au moins une part de la formidable dette.

Paris respirait. On y rentrait en masse. Les

| pouvoirs publics reprirent leur rôle officiel, R tous les ressorts de l'énorme machine sociale | recouvrèrent leur fonctionnement régulier.

L'Etat pansa ses blessures. re —.

joies paternelles!! Il motivait cette résolution

que les restes noircis des monuments incendiés laissassent à ses flancs une plaie large ment ouverte.

Les individus comptèrent leurs pertes. Nos héros cherchèrent le caime et l'oubli.

.D'importants changements se préparaient cependant dans leur destinée. Le décès de Léon Bourgeal ouvrit une succession fort inattendue au profit de Jeannine; car l’on trouva dans les papiers de l'ingénieur, un testament, daté du j jour où il prit du service comme volontaire, qui restituait à Mme. Caroline Bourgeal toutes les sommes autrefois mises en commun dans.le triste ménage, avec de larges bénéfices pour la femme à laquelle. il entendait ne plus devoir même un:remerciement.

.-Quant-à la fortune, 'relativement assez. imdite. qu'il avait, reconstruite par ses spéeulations. personnelles, il la déstinait, malgré le divorce et l'abandon d'autrefois, à Vinne cénte petite créature qui lui avait redonné les

d'une façon si cartée,.8i. longuement. appuyée, qu'aucune! revendication étrangère ne pour

utilement, se. produire. k eus

Il ne.é'en produisit, ‘’ailleurs, aucune. h 4 "

Lucy, qui n'avait pas été oubliée dans les était 1 dérièren. volontés de: son frère, et qui.s'étan à la mit ‘fait d'avance une petite part en quittant, Paris “ pu eut.le;tact -— quoiqu'elle n’en éprouvât que du l'épo dépit. + de ne pas disputer à sa nièce Jean ppé nor nine un bien si mérité. D‘ mépris

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Mme Caroline, étonnée et ravie de recourer à da fois la liberté du veuvage et sa fôor-

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Bien conseillée, elle vendit hs villa Escouar, etalla planter sa tente en Amérique, pays le l'or, de l'excentricité et des maris philosohes, qui s’informent du passé d’une femme.

Que d'espérances nouvelles pour la maturité lusionnée de cette intéressante nature !, .. Esérances fondées sur le sable, auxquelles la.

rovidence se charges, sans doute de démon-

rétien.

Un autre décès, officiellement constaté, CAES it à la loi des deux.pays— France et Suisse — occasion de régler un héritage moins considéble, en le partageant, par portions égales, itre les deux branches qui réprésentaient la. | mille du défunt.

Le citoyen Bourgeal, trouvé mort sur une

ue de la défense désespérée, ne laissait pour te fortu e que Clarens Châlet, en Suisse, et Joliette à Fontenay-sous-Bois.

[ était mort en pleine lutte, le front tourné rs la mitraille de l’armée ‘de Versailles, et

on eût pu lire, dans ses yeux largement ou-

mis, l'épouvante sans seconde du père qui a sppé mortelleme rt son fils, de < sa main, une 1e méprise inouie !.

rer l'instabilité de tout ce qui n'est Pia,

mbe dx Père Lachaise, dans la farouche at-;

-Légalement, Clarens-Châlet fut attribué à Mme veuve Boldini, fille du défunt, et Joliette à à Jeannine représentant le fils décédé.

.Ce fut donc dans le cadre dé son rapide bonheur d'autrefois et dans ses premières souffrances que Greneviève réapparut en 1872, avec 8a chère Jeannine et sa fidèle Julienne.

Mme Outier dou! l'intelligence s'était éteinte avant ia vie, dormait dans la ; ‘ix du Seigneurk au pétit cimetière de Fontenay-sous-Bois, proche de la tombe où la pitié congugale de Geneviève était parvenue à ramener le corps mutilé de l’ingén'sur. | |

C'était Liacial, qui dans la co'1fusion supréme de la dernière lutte, avait reievé le cadavre abandonné, ainsi que d’autres, à l’ardent soleil de mai, contre le mur rongi!... :

“Placial continuait à Paris, depuis lors, sa carrière généreuse et de plus en plus brillante; mais, quoique accablé des exigences d’une cli- ‘entèle nombreuse, il s’'échappait toujours ave joie pour venir respirer les inappréciables sen teurs de la nature bienfaisante sous les om brages de la Joliette, et les parfums de l’affec tion vraie dans le cœur d: ses fidèles amies Geneviève at Julienne. |

: C’est là-que ces pauvres êtres éprouvés 4% divers degrés, se reprenaient à vivre, étonné d’être ensemble, ‘d'être presque heureux, d& respirer librement, comme un naufragé qui n@ se croit bien sauvé des vagües qu’ens’essayan à marcher sur la terre ferme.

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C'est là que Geneviève reçutun jour la vi-.

site fort inattendue d’un beau cavalier, très-ac-

coutumé à l'existence heureuse, peluielès: tout-

à fait revenu à une santé florissante, et point

égoiste, et point'oublieux, puisqu'il se souvenait de la charitable infirmière de l’ambulance

Le Bastu.

Le capitaine Hubert sorti de l’ambulance |

sans encombre, au moment de l’iucendie, avait reçu un asile chez un ami jusqu'à la fin de la Comm” e.

L'insurrection vaincue et sa guérison complétée par un congé de convalescence dans sa famille, il avait repris sa place dans l’armée et

revenait, avec son régiment, tenir garnison à

Paris même.

La première visite fut pour te boulevard du Prince-Eugène, No 115, où Mme Péchu lui apprit le veuvage définitif de Mme Carvès, l'héritage de Jeannine et l'installation des deux amies à la Joliette.

Il y courut donc, très empressé d'offrir : ses compliments. de condoléance.et aussi de prendre certains renseignements qui fai tenaient fort au cœur.

On parla beaucoup du passé ; de ce passé terrible pour tous, même pour lui, blessé si gra+: vement, et dont il avait trouvé moyen de faire un passé regretté.

Par quel prodige ?

Simplement par le souvenir des heures poé-

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