‹ La Venus d'ArlesChapitre 29 sur 41 · I.A TBICYS p'ARLCt · texte numérisé non relu

I.A TBICYS p'ARLCt

tem|>s daii6 la nature vivante , que je préfère à la Vénus accroupie^ à la Vénus mouillée, à la

Vénus de Médicis ; qui répond mieux à 1 idée que je me fkîs de la perfection dans les (rails et de la perfection dans les formes , et que je fus assez heureux poïir rencontrer enfin dans un paquebot à vapeur^ sur la Méditerranée*

On a réuni dans le musée d'Arles une foule (le tombeaux enlevés à /'^lis-Camp (les cbanips élysées) , d épilaphes du inoyen-àge recueillies à Saint-Uonorat, et de dépouilles diversement précieuses. Les environs de cette noble cité regorgent de débris. On y a trouvé des patèreSy des autels votifs, des médailles de bronze et d'or de dîflerens modules^ des figurines , des objets de statuaire , de poterie, des reliefs y des chapiteaux de colonne , des eippes ; moi-même, en me promenant seni dans les plantureux alentours de la ville de Constantin , j'ai recueilli quatré médailles pe^ tit et moyen bronze , recouvertes d*une riche patine, deux Alexandre Sévère, un Antonin Pie et un Commode.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant ici , ce sont les femmes. Qïielles ndmirables figures î II n'y a pas à Arles une seule fdie laide.

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pas même un visage médiocrement régulier. J'aime plus que je ne peux dire ces costumes

divins , ces bas jaunes voilant des pieds si délicats , ces robes courtes laissant apercevoir une jambe délicieuse ^ ce port noble et svelte^ cette démarche lascive, cet œil passionné, cescbeveux noirs, ces gorges protubérantes, ces traits distingués ^ ces physionomies à la fois tendres et graves , ces chairs blanches , iërmes^..*.. je me serais oublié à Arles ^ j'aurais laissé là tous les souvenirs de Rome , SI une immense préoccupation de poésie et de beauté ne m eût rappelé qu'une Vénus antique incarnée, ayant vie et sentiment^ avait dai-^ gné me prendre pour compagnon.

Je le répète, elles sont toutes sublimes, les ièiuiiies d'Arles ^ à elles les Couronnes , à elles les plaisirs et les entrainemens de la terre , à elles y à elles toute la vie qui circule dans les sens. Elles sont toutes belles, elles sout toutes parfaites , jusqu à ces odalisques qui se promènent , à toute heure , sous les por^ tiques de Tamphithéàtrc , et accostent les Anglais avec la vivacité méridionale.

Arles est encore» comme Marseille, une de ces Capoue dont 1 air est enivrant^ une de ces

LA VBNVS D'AHLBI

villes où Ton nage dans des sensations toutes de voluptés et d'amour» où Ton aspire par

tous les pores cette assoupissante mollesse italienne qui vous dispose merveilleusemenl au Jar niente^ et vous tient les nerfs dilatés et épanouis dans un bain permanent.

Je rapportais triomphant, dans mon auberge, les médailles que j'avais récoltées sur le sol arlésien, quand la belle veuve vint me dire qu elle partait le lendemain pour iNîmes. Nous primes une excellente voiture pour faire ce trajet de cinq lieues , et nous voilà roulant avec délices sur la terre occitanienne.

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