‹ La Venus d'ArlesChapitre 30 sur 41 · L'OCCITANIE · texte numérisé non relu

L'OCCITANIE

L'OGCITANIE.

«p. p. p. om p.

^ rE ne puis vous 'dire tout ce qui se passa entre Ludovie ^ Aurélia et moi , durant notre trop court trajet d* Arles à Nimes. L'une était toujours belle, toujours calme^ toujours tendre^ toujours suare^, toujours poétique et virgiuale, Tautre aimable , réservée^ et quelque-

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fois sentealieuse, connue tu u les les ieinmes qui reviennent d'une vie libre. Nous arrivâmes à Nimes au déclin du jour, et nous logeâmes tous dans la même auberge , à Tliôtel du Luxembourg^ en face de TEsplanade^ et a côté de Fancien monastère des capucins. Mes douces compagnes ayaiiL des aflaires à iNîmes, je pris une vacance de quelques jours , et je repartis la nuit même de mon arrivée , me réservant, au retour, de visiter la capitale industrielle du Bas-Languedoc , avec un minutieux empressement. Je me hâtai d'aller â Montpel*lier (Mompesmlanus), C'est une cité bâtie en un lieu sa lubre et pittoresque y peuplée d'une société élevée et polie^ dans laquelle on arrive^ en passant par la petite ville de Lunel , dont les coteaux produisent un excellent vin muscat y et qui autrefois pleine de juifs , l'est maintenant de huguenots. Montpellier ne reulernie rien de romain, puisqu'elle ne date que du siècle; ce n'était auparavant qu*un humble village, nommé Montpellieret, Il faut y voir la célèbre terrasse la Cauourf^iie et la promenade du Peyrou , qu'avoisineut la préfecture et le jardin botanique ^ Tun des mieux cultivés et des plus riches en plantes

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exolîqiies que je connaisse. U y avait anli^* lois au centre de cette promena (U; nue slatue équestre de Louis-le-Grand, elle a été brisée durant la révolution. De ce lieu on a une vue ravissante sur les Alpines, sur ces Pyrrénées que je préfère à la Suisse , parce qu'on n'est pas exposé à y rencontrer des Anglais et des dandies ; on embrasse avec délices la plage, au Ibucl de laquelle on distingue la mer, et toutes ces collines chargées de vignes (depuis que Domitien , qui en ordonna l'exlii putiuii clans les Gaules , est mort) , d'oliviers, de cyprès^ toute cette végétation languedocienne épanouie dans la couleur chaude et rayonnante du ciel méridional.

Les rues de Montpellier sont tortueuses , âpres et laides; mais on y rencontre plusieurs monumens modernes , pleins de grâce et de fraîcheur. Cette cité , patrie d'un faraud nombre d'hommes célèbres , cette ville de science et d'émeutes, s^enorgueillit de son superbe mnsée, don d'un de ses généreux citoyens, ïabre, et de son illustre faculté de médecine , créée par les croisés qui V apportèrent la doctrine des Arabes , comme en une autre Salerne , dont le climat

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est analogue au sien , et établie par leltres*

patentes, en 1220. Les évêques de Montpellier sont de véritables cadets dans la biérarchie des sièges. Il se trouvait» à deux lieues de là, une petite ville nommée Maguelone {cwitas MagaLonencium) f que Charles Martel fit raser parce qu'elle favorisait les courses des Sarrasins dans rOccitanie. Elle occupait une île située dans une lagune qui porte son nom. Il y avait dans cette vieille bicoque un évêché qui fut transféré à Suhstantion , château placé à une lieue de Montpellieret. Vous me demanderez où était le diocèse des prélats de Suh^ siantion. Quoi qu il en soit, dans le xi^* siècle, Arnaud, évoque de Maguelone (à Su])s(aiitiûu) , résolut de'relever cette ville. Il en lit réparer la cathédrale et alla s'installer avec ses chanoines dans le cloître qui la joignait. Maguelone, réduite à deux ou trois familles de pirates et à son é véque^ subsista jusqu en 1 5S6 • Alors son évéché fut définitivement fixé à Montpellier, devenu d'une importance réelle. 11 ne reste à Maguelone qu'une ferme , une fontaine antique et les ruines de Féglise.

De jMontpellier, je voulus aller voir Aifi^nes- Mortes^ où saint Louis s'embarqua pour la Ter-

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re-Sainte ; Aigues-Mortes 8ur lequel j'ai entendu des yers si beaux; Aigues-Mortes {Aquce Mortuœ), lieu profondément mélancolique, jeté sur la grève, et qui semble pleurer son port; lieu qu'il faut absolument visiter, comme un coin du inoven-âffe , lieu bizan c cL triste, avec sa population de pécheurs comme celle des Martigues , et ses murs en ruine. Après cette petite course, je revins à Montpellier, et j'allai droit à Béziers {Biterrœ) , où se passa jadis un acte atroce de fanatisme. Durant les guerres contre les Albigeois y les croisés assiégèrent cette ville (^ui regorgeait d'hérétiques. Les chefs des croisés demandé^ rent au légat du saint-siége , lorsqu'ils furent maîtres de la place, comment, dans le caruage de ses habitans, ils distingueraient les catholiques des sectaires. « Tuez-les tous, ré- <r pondit le légat , Dieu connaîtra ceux qui H sont à lui. » Et Textermination commença.

C'est une ville fort laide, mais elle est assise dans une position délicieuse d'où Ton embrasse les magniii(iue8 jardins de la Septimanie. L'ancienne cathédrale de Béziers fait pitié, bien qu'elle soit placée en un lieu ravissant. Cette ville, quoique colonie de la septième

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légion romaine ^ n'offîre à peu prés rien d*an-' tique. De l'ancienne capitale de la Septimanie, je me rendis à. Narbonne {JSarbO'Martius, Decumanorum colonia^ )

' La colonie latine qui fonda cette vieille cité

ne fut conduite et établie par Lucius Cas^ius à Narbonne , conquise par le proconsul Gn. Domitius, que Tan 636 de Rome , c'est-à-dire six ans après la fonda lion d'Aix. Elle est donc la seconde ville coloniale que les maîtres du monde possédèrent dans les Gaules^ et fut appelée Narbo M vRTivs de la k'«;lon Martia ; on y ajouta le nom de Decvmanorvm, à cause des décumans ou soldats de la 10* légion qui la peuplèrent. Quand Jules-César eut renouvelé la colonie de Narbonne , elle s'appela encore GoLONiA IvLiA. Faterna. Cette ville possédait un autel augustal dans le genre de ceux de Lyon , de Pouzzol , de Tarraco, situé dans son forum , un cirque , une naumachie, un ampbi théâtre , un palais proconsulaiic, un capilole. Antonin Pic, après Tincendie général de celte ville , la releva de ses ruines, et lesmonumens romainsqui y ont survécu aux révolutions et aux barbares , datent de cette époque. Hélas! de 1 opulence aichitecUi-

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raie de la colonie romaine^ que reste-t-il ? rien^ à peu près rien,

\ oici le canal construit [>ar cet Agrippa qui édifia le pont du Gard^ et traça à Lyon de si belles routes latines; voici quelques fragmens d'un pont sur TÂude, qui se nommait Pons Septimvs ; mais que sont devenus lesbains^ les écoles , les temples , les palais ?

C'est un beau pays que la Gallia braccata ou Gaule narbonnaise ; mais il est diiiicile de concevoir une position moins hygiénique que celle de Narbonne ; elle est encore plus insalubre que celle d'Ai les. Cette cité tomba au pouvoir des Visigoths, et devint leur capitale ; elle fut le séjour des dues ou patrices de Septimanie, elle n'est plus aujourd'hui qu'un triste chef-lieu d arrondissement du département de l'Aude; elle n'a pas même conservé son archevêque, dont le palais était une véritable forteresse. Que j'ai regretté de n'avoir pu rencontrer des restes tout visigoths, des débris qui m'exprimassent ces mœurs des barbares , duiit l étude est si attachante , du sein de notre époque? Aux proconsuls romains avaient succédé les archevêques, aux ducs de Septinianie les viguiers ou vicaires, ou vicomtes de

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Narbonne. • • * Cette ville fut beaucoup plus vaste que Lyon, métropole de soixante nations; elle était couchéedans la voloptueuse civilisation latiue^dansleséluves^ dans les xystes; dans les sphéristères , dans les suaves ombrages , et ce n'est plus aujourd'hui qu'un grand village avec sous-piéfet et receveur particulier; ce nest plus qu'un lieu célèbre par son miel et par le souvenir de ses antiques splendeurs.

J'aurais bien désiré visiter le cabinet de M. de Viguier et de M. Tournai fiis^ archéologue distingué à qui j'étais vivement recommandé par un de ses amis de science et de sympathies ; mais la belle veuve et la Vénus d'Arles m'attendaient à Mîmes ^ et, dans mon être, l'antiquaire était neutralisé ^ que dis-je , annihilé par le poète. N'oublions pas de dire deux mots de l'église métropolitaine de Saint-Just et de Saint-Pasteur. C'est un lourd édifice de trois ou ([uatre épocpies distinctes, dont Tune est contemporaine de saint Louis. Le chœur , contrebuté par d'assez beaux contre -forts chrislo-franks» est du xiii* siècle, et le monument n'a été achevé qu'en 1708.

En revenant à Nîmes ^ je fus témoin d'une méprise singulière* Quelques maisons avaient

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brûlé dans un village; on ignorait la cause de rincendie. . . — C'est un incendiaire — voilà l'étran^yer; — cl déjà Ton se ruait sur un pauvre diable, quand on reconnut que c était tout uniment un amant ^ revendiqué à ce titre par une belle villageoise qui- lui avait donné son cœur.

Me voici donc revenu dans la magnifique cité deNimes, ou fut le tombeau de Favstine ,

la fille des Césars , et le palais d' Agrippa. C'est la ville des Gaules la plus semblable à Rome. Comme elle y Mîmes avait sept collines dans son enceinte ; comme elle un beau soleil, comme elle des mœurs vives, poétiques et chaudes. £lle avait les mêmes autorités que la capitale de l'empire ^ les mêmes augures, les mêmes ponliies, elle était administrée de la même manière que Rome.

L'amphithéâtre de Nîmes, de dimension moyenne^ d'ordre toscan, composé de deux rangs de portiques, bâti par Tite Vespasien , est le monument que je visitai aussitôt après avoir rejoint mes charmantes compar^ncs de voyage^ à Tauberge où je les avais laissées. Elles voulurent bien venir observer avec moi quelques-uns des édifices de Nîmes , car tout

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intéressait ces âmes si éloignées de la vulgarité, l'une si élégiaque, Tautre si ardente. L'amphithéâtre de Nîmes est fort beau et bien conservé ; on travaille à la réparation de l'intérieur; mais j'ai rencontré là une turpitude.

Quand on a vu Tinfîme Barthélémy chanter la palidonie après Némésis , on ne doit s'étonner de rien sur la terre. N'a-t-on pas feit du monument romain une sorte de caserne de cavalerie , avec écuries et poudrière au centre de Tarène ? Ainsi, cet édifice, qui servit aux plaisirs des Latins; qui devint, dans le moyen-àge , une forteresse des comtes de Toulouse, après avoir été assiégé, au viii' siècle^ par les Maures; qui fut un lieu de défense et d'attaque durant les combats de religion; qui montre encore sur ses arcs noircis, les traces des incendies et des machines de guerre, n'est pl us , au xix* siècle , qu^un quartier de cavalerie et une poudrière Quel

temps donc que celui où nous sommes! — Le château papal à Avignon , une caserne ! le château de Tarascon , une prison ! les arènes de Nimes, une écurie I ... On aperçoit des têtes de taureaux et de gladiateurs, et la louve historique avec Rémus et Romulus pendus à ses

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mamelleâ , sur les murs extérieurs de cet édifice qui , malgré sa singulière destination ,

sert encore quelqueluis , coinnie Tamphithéâtre de Vérone, à des combals d'animaux. Le 1*' mai y féte de Louis-Philippe , il y eut spectacle de ce ji^enre dans les arènes de Nîmes, et un homme lut tué. C est là un reste de barbarie f une tradition toute romaine qui a survécu dans ce pays de sensations mobiles et d'enthousiasme. Du reste les arènes ^ situées au centre d'une place magnifique ^ dégagées de toute part, produisent un imposant effet.

Hàtons-nous de dire que Nîmes est la ville de France où il y a le plus de patriotisme , où les habitans sentent le plus vivement le mérite de leurs débris romains , où les maf^istrats ont veillé et veillent encore avec la plus louable sollicitude à leur conservation.

Suivons le magnifique boulevart. 11 y a des cités où il faut déterrer les monumens lai ius, comme les restes de Famphithéâtre à Saintes^ Tare de Reims, l'arc d'Aurélien à Besançon; à Nîmes ^ on dirait qu'ils courent après vous. Non loin des arènes^ est la maison carrée , édifice parfait sous le rapport de l'art. Elle ressemble beaucoup à celle de Vien-

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ne, mais elle est beaucoup plus (grande, et dans un état parfait d'intégrité. 11 est hors de doute que c'était là le prétoire romain (a). On a eu Fexcellent esprit d'en faire le musée public de la cité , musée fort riche en débris indigènes. Les réparations modernes du prétoire ont été faites avec beaucoup de soin et un goût irréprochable. La cour regorge de restes précieux qu'elle laisse voir à travers Télégante grille de bronze qui la ferme. Je n'ai pu m'empêcher de demeurer long-temps en admiration devant les colonnes corinthiennes cannelées qui ornent ce monument^ que je ne décrireraî pas, parce qu'il a été décrit trop souvent. La maison carrée était environnée d*un immense portique ^ renfermant le forum y comme les fouilles Tont démontré.

De l'angle du joli théâtre actuel de Nîmes, on peut embrasser à la fois le prétoire et les arènes ; on se croirait dans une rue de la vieille Rome, sous Timpérat d'Auguste.

(a) J'ai dëjà di(; à Vienne, que les inscriptions cousécratives, placées sur un monument, n'indiquaient pas toujours que cet édifice fût un temple, et que le lieu où Ton rendait la justice était souvent mis sons l'invocation d'une déesse ou d'un dieu. v

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Continuez toujours votre promenade sur le boulevart. Voyez- vous au faîte d'une montagne pittoresque qui domine la Mimes française^ cet aiilique monument chargé d'un télégraphe, cette ruine si belle , si grave, si solennelle, d'une si rare maçonnerie , avec ses arcs ruineux etses flancs déchirés? c'est la Tour Magne j Tvrris Magna. Ce monument, d'une construction divine, était octogne; le gouvernement actuel , qui redoute par-dessus toute chose les émeutes , et qui ne recule jamais devant un féroce anachronisme, y a jeté un télégraphe.

On a prétendu que la Tour Magne etaii un reste de Venceinte romaine ; mais cette opinion tombe d'elle-même, puisque Ton sait que Fenceinte se prolongeait bien au-delà du lieu qu'occupe 1 édifice. • . La Tour Magne n'a pu être qu'un tombeau dans le genre de ceux d'Aix et de Saint-Remy.

En vous rendant à la Tour Magne , vous rencontrez sur votre chemin une chose magnifique, c'est le jardin avec sa fameuse fontaine. Cette fontaine^ qu'eiiibellissent de nobles inscriptions, a été construite en 1746 sur les ruines et dans les fondations des thermes

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romains , dont on a voulu conserver Fordon-

nance. Fille de l'archilecture du xviii* siècle , elle a tous les défauts et toutes les beautés du style bâtard de son temps ; mais c'est encore la plus belle fontaine de France. Agauche de cette fontaine est un débris latin qu on nomme le temple de Diane ; c'était le sanctuaire de la déesse ou du dieu à qui les thermes étaient consacrés. Près de là aussi était le Nfmphée avec ses eaux fraîches et ses grottes pittoresques. Le jardin de Ninics esl une promenatle délicieuse dominée par la Tour Magne , à laquelle on arrive par une foret de pins.

Quand vous avez gravi le mont , vous jouissez d'une vue admirable sur cette campagne merveilleuse de FOecitanie si variée^ si riche , si poétique ; mais il y a un sentiment qui vous frappe surtout dans le tableau , c'est la profonde mélancolie répandue sur tout ce paysage chargé d'oliviers. On se croirait presque en Judée, en cette terre sainte où les rois mages vinrent, d Orient, adorer l'enfant Jésus dans sa crèche ; en cette terre où le soleil se joue dans la tête des palmiers^ où mugit leCédron; en celte terre toute resplendissante de nimbes miraculeux I tout embaumée de cinnamo-

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mes et d'orangers. Cette large mélancolie des environs de Nîmes , cette teinte de ti^istesse qui les distingue , un grand poète me Fa fait remarquer, Reboul, dont je parierai toutà-r heure.

L'enceinte latine de la colonie nîmoise était

considérable ; on en retrouve de beaux restes, comme la porXe qui regarde Montpellier , et Tare de triomphe (a) d'Auguste.

Nîmes fut sans doute une magnifique cité, et l'une des principales colonies aug us taies (Nbmavsvs golonia Avgvsta). Vous connaissez tous la médaille de sa fondation : elle représente d'un côté deux têtes^ l'une celle de César Auguste ^ couronnée de lauriers , Tautre celle d* A grippa ornée d'une couronne navale ou éperonnéc , avec ces abrévaLiuns :

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