‹ La Venus d'ArlesChapitre 32 sur 41 · ÀU MONT-BLANC · texte numérisé non relu

ÀU MONT-BLANC

£t, vers ce vieux geaul à la tête de glace ,

Près de ({ui tout se tait, tout fléchît, tout s'efface,

Reprendre encor le Inth ëchapp^î de mes mains :

Et rêver un accord, quand des harpes sublimes

Ont envoyé leurs chants aux magnifiques cimes

Qui semblent repousser le vil pied des humains (a) . • .

— Ah î ce n*est pas en vain qii''en un lieu sditaire. Le Barob» voyageur inconnu de la terre. Sur sa tremblante lyre aura posé ses doigts ; Car s'il s'arrête, amis, et vient planter sa tente.

C'est que sur Un descernl une ombre ravissante, C'est qu'une vois mystique a parle dans sa voix«

Toi dont le front plus haut que IVclair et la foudre Vil tant d'états crouler, tant de siècles en poudre , El sur rherbe pourrir tant de crânes de rois; Toi dont Tceil de .cristal Ut sur Timmense pUge

(a) L'exemple tlonnt* par M. De Saussure qui parviul à U cime (lu Mont-Blanc, ViSec sa caravane, n est encore jamais suivi sans pc'rils.

LA rEVrS D*ARtiBft 149

Comme en un livre oiiyerl dont l'Europe est ta page, Où Paris n*est qu*un point, et Rome qu^une croix ;

O Mont-Blanc, trône neutre enlre le ('unisx el l'hommCi Borne où le globe expire, où Tinfini royaume Coiuiueuce avec l'azur suspcuciu clans les airs : Monarque couronné de neiges éternelles, Sonffre que le poêle aux invisibles aîles S'incline à ton aspect, et murmure des vers.

Jeitotau (loit-il donc revenir stir la Icrre

Mêler sa voix suprême aux éclats <1n lonTierre,

Et par trente soleils mar(juer ses trente pas ? •••••

£s-tu le sic^ge prêt à recevoir le maître

Qui dira : Fleuves, mers, mations, cessez d'ètoe; ....

— SiNAï d*Occident , ne Tatlendrais-tu pas ?

Tu n*es point la colline odorante et fleurie

Où liiumble pe'lerin, confiant en Marie, Prend en main le rosaire, el pose le bourdon ; Mais le miroir où Dieu vient contempler sâ face, Kl voir, comme uo roseau que le zéphyr efiace, L'agonisant qui meurt en s'e'criant pardon.

J'ai vu l'astre du jour sur Ion tridenl d'albâlre Semer la pourpre el l'or de son disque rougcàtre , Et, quand la uuil tombait, ton pic s'illuminer. J'ai vu. sur les contours de les crôles sauvages, i'asser el repasser d'e'tonnanles images. Et d'un nMe cbapeau (a) l'ombre se dessiner.

J'ai vu luire le flanc de ta croupe inféconde Comme un phare placé sur les confins du moade. Quand le soleil cotichanl (e jette ses adieux. J 'ai vu tes flots d argent el tes vagues de tlauime, O vierge solitude, et j'ai senti mon âme, Comme toi se vêtir de reflets radieux.

Mais tout^Kcoap le feu déparait de ta cime.; Alors, surtout alors, le spectacle est sublime :

C'est celui de la mort, des spectres, du tombeau. Un voile pâle et froid couvre ta pyramide, Tu n'es plus qu'un sépulcre, un cadavre lividCf Et d*ua vaste linceul l'efiroyable lambeau.

— Mortel, ainsi tout change, ainsi ta fille tombe

Du plaisir dans les maux, el du bal dans la tombe

JjC suaire succède à la robe de lin.

Le champ funèbre aux champs pleins d'ombrage et d'eau vive. Le hideux fossoyeur à l'airnubie convive, Et le v^ de la fosse au brouet du festin.

(\) Au faîte de plusieurs mnutaLMies de la Suissc et de ta Savoie on croit voir, ici le clmpeuu hiilori((uc de APOLÉojy, là sou Luble, pluâ lom sou tombeau du rocher de Sainte-

tSi

Les Romains , les rois boui f^uirjiions , le nioyen-â(je féodal^ ont laissé à Genève ^ ville importante du royaume de Bourgogne transjurane, plusieurs empreintes de leur passage. Voici trois inscriptions recueillies parmi de nombreux matériaux en ce genre ^ qui att^ lent ce passage :

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