‹ La Vénus d'ArlesChapitre 4 sur 9 · LÀ \£NUS I»'A]ILE · texte numérisé non relu

LÀ \£NUS I»'A]ILE

de valeur chez nous; mais» si , vous voulez biea me confier vos iiUcrèts, je ferai de mon mieux.

— Vos instants sont précieux, dit la comtesse en se levant, et je...

^ Madame, interrompit le banquier, les instanU les plus précieux sont ceux que je consacre à obliger une grande dame. Je suis même à la veille de quitter les affaires, et je liquide jen ce moment.

— El vous quitterez Heidelberg ? demanda la jeune femme.

— Très-probablement, madame.

— C'est une charmante ville, si je puis en juger

à première vue.

— Oui, madame, charmante; mais, que voulez* vous!... Au reste, cela ne vous intéresse en aucune façon; ce sont des affaires de famille.

Ah I fit la jeune femme ; je suis dans la même position, moi, ce sont aussi des affaires de famille qui m'ont obligée à quitter Florence.

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~- Ahl je comprends, dit le banquier d un air malin.

*— Oh f monsieur, reprit la comtesse, gardezvous bien de faire des suppositions... vous tomberiez dans des erreurs.

— Pardon, madame, je respecte les slcicU de famille, et je ne suppose rien.

La comtesse s'inclina fort gracieusement, et prit congé du banquier.

Elle rentra chez elle et se cloîlra pendant huit jours, ce qui 'mit les voyageurs au désespoir.

Cette semaine écoulée, M. Bauer, qui avait un excellent prétexte pour rendre sa visite, se fit annoncer a Tantichambre de la comtesse Aldini Furinola.

On rinlroduîsil au saiou, où la jeune étrangère lisait.

Elle se leva, offrit sa main à Bauer, avec la grâce la plus aristocratique, et dit :

134 Lk rintÈ t^kkiUk

^ Eh bleii» itûéimtjtn m Ûéïhm de Hia prU aon? mon cottage est-il trouvé?

*»■ Oui, madame, dit BàUer; j'ai terminé avec moti beati-Mre, M. Kastél, (ttii MU attëtid im ma voiture* La maison ii'éiiàit lias eft tântéi mais, comme nous sommes tous à la veille de notre départ, M. Kaslel ^eut bléii ébhèeiltlr ft faire àujourd'hai te qu'il ferftU datiê ittt^Iqueé jdUrs.

— Mais c'est donc une émigration en inaaàe?

dit la jeune fetiime en hant,

^ bélâs i il le faut, iliadâniCf.

— Je ne veux pas être indiscrète, reprit 11 Comtesse; veuillez bien me donner le temps de mettre mon chapeau, et je i&dis â voué*

tt. 1km, testé ieul, prit lë llvrë <}dé IlsMt Vt^ trangère; c'était un traité de philosopliie, éii kU lemand; une œuvre de Kant.

L'attente ne fut pas longue, la jeune feiïlrtiB ftpartii, et arrondit isoii bras pMf iiivilèr M. Bauer à le prendre. Sur l'escalier^ M toiâgeiM stl^

LÀ V^^Hir» H'àELBI, 43ft

lionnaient à toutes les marches^ et le vestibule

était peuplé. Un murmure d'admiralion» contenu par la politesse, accompagnait rétraii^'eic, et H. Bauer était triomphant.

M. Kastel attendait dans la voiture. C'est un

oncle de quarante- cinq ans, très-vert, très-blond,

tres-grave, très-disliiigue. il s'iuciina profun-

dément pour saluer la comtesse, et la voiture se dirigea vers le charmant coteau, émailié de maisons de plaisance, dans le voisinage du chemin 4e fpF,

Madame )a çomlesae, dit M. Kaitei, voilà ma maison ; si elle ne. vous convient pas, ^lie ser^ toujours Aère de vgtr^ visite,

» Mais, dit la jeune femme; si l'intérieur ré** ppnd k l'cH^térieur et lu prii; i ma tQXtm^t Tachât sera bientôt fait.

Un concierge ouvrit la porte de la maison, et la comtesse entra lestement, suivie de ses deux compagnons.

Elle visita le rez*de- chaussée, qu'elle trouva fort bien diâtribué. -

— La vendrez-vous avec les meubles? de* manda-t-elle.

— Si cela convient à madame la comtesse, rc« pondit M. Kaslel.

— Oui, cela m'arrangerait assez, reprit la jeune

LA VÉNUS d'au LES. 437

femme. C'est si ennuyeux le soin de l'ameublement, il n'y aurait aucune réparation à faire, ii me semble?

<— Non, madame, tout est neuf, comme vous voyez... Seulement, il faudrait effacer les armes de ma famille sur deux panneaux.

—Et pourquoi? dit la comtesse. Laissons les ar^* mes; elles sont fort belles; vous devez en être fier.

M. Kastel et H. Bauer répondirent par des soupirs.

— Et les tableaux du salon, ies cédez^vous aussi? poursuivit la comtesse,

— S'i!& plaisent à madame.

— Ce sont des copies ?

— Oui, madame. Il y a un Uolbein que je crois

original.

— > Oui, reprît la jeune femme, une FuUe en Égypie, c'est d'un primitif adorable... Et le prix?

— il m'a coûté deux mille florins, et je ne veux

rien y gagner...

43S hX VÉNUS d'aRLBS,

— u est pas pher, monsieur... Aht voici deux portraits de famille Je crois?

— Oui» madame, et ceux-là, je len enlève...

— Mais ils sont très-bien... Une jeune dame, trèS'belie...

— C'est ma sœur, dit Bauer d'une yoii éteinte, ^Afi I vouame laprésentereitiponBieurB^uer., •

Impossible!

>7- Comment 1 elle ^rait«,»

— Elle est bien loin d'ici ; elle est à Rome. » J'attendrai son retour.

Deux* nouveaux soupirs répQudiirent.

— Voilà un beau portrait 4e ^eune bo^Dme, reprit la comtesse.

— C'est le portrait de mqn neveu Léopald, dit Bauer.

— Vous dites cela d'un air triste, remarqua la

jeune femme; j'espère que ce beau garçon ^

porte bien ? * ^ Oui, madame; on dit qu'il se porte fort bim*

LA Y^^l;à U AhLES. \ 39

— Ûû dit? remarqi^a la jeune leaimc; je ne comprends pas ce on Hf.

Yoiei, iiia4ame.., Léppold es( ^bse^t^ et il nous prive de ses lettres.

— Ah I je crois çomprpndre j c'est un de ces neveux comme il y en a tant; un dissipateur, u prodigue, un..»

— NoUi madç^n^e; il n'a ^ucun défaut...

•p*Ahl

Au reste» reprit H. Bauer, si vous vous

é(^bii§se9 £1 HeideU)^rg, vous apprendrez tût ou ta^d çet(e histoire de lauùlle, et j'aime mieux vom cpnter 4^ auite ; elle ^era toute vraie au moins.

— Croyez, monsieur» dit la jeune femme, que je suis digoe de toute conûaAce.

— On le voit, sans être grand observateur, reprit M. Bauer. Mon neveu Léopoid a été mallieu* reusement ^entraîné par une p^ssiop à une mé^

salliaace.

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