LA VÉNUS DE M1L
PHIDIAS
Je t’offre pour rançon ma Vénus Aphrodite;
Tu sais que de cette œuvre on vante le mérite,
Veux-tu ?
AGAT110N
De me l’offrir épargne-toi le soin.
Lorsqu’on fait des Vénus on n'en a pas besoin.
Maître, depuis une heure à vos pieds, quej’embrasse.
Je me traîne eu pleurant et je demande grâce,
Votre cœur reste sourd, vous repoussez mes cris.
Vous êtes bien cruel pour moi, je vous maudis !
Mais je me vengerai.
(Avec ironie.)
Votre Vénus est belle,
Phidias le proclame; eh bien! je...
AGATHON , bas.
Praxitèle!
Un mot, et de Chjoé j’ordonne le trépas.
PRAXITÈLE, bas, avec mépris .
Quand j’ai fait un serment, je ne le trahis pas.
Nul ne saura jamais cette odieuse histoire.
(D’une voix éclatante.)
; s du triomphe au moins vous n’aurez pas la gloire.
■«, pardonne-moi.
(li s’élance dans le pavillon et brise la statue.) AGATHON, furieux.
Qu’ai-je entendu, grands dieux !
Qu’on saisisse à l'instant cet esclave odieux !
PRAXITÈLE, sortant du pavillon, les yeux égarés.
Elle est là ! ses beaux bras sont gisants sur le sable!
Elle est morte, et c’est moi !.. je suis un grand coupable.
(il va tomber inanimé sur les marches de l’escalier d’Agathon.)