FÉCONDATION DE L’OEUF HUMAIN
Les phénomènes qui précèdent et accompagnent la fécondation, sont des plus intéressants et des plus curieux à connaître ; nous les exposerons en quelques lignes.
V ovulation précède toujours la fécondation et détermine la menstruation ou règles.
La fécondation ne peut s’opérer que sur des œufs arrivés à leur maturité ; à ce moment l’œuf brise son enveloppe, se détache de l’ovaire et s’engage dans l’oviducte.
La fécondation ne s’opère point dans la matrice, ainsi qu’on l’avait cru bien longtemps ; c’est dans l’oviducte qu’elle a lieu , et voici comment :
Le coït, avec émission de sperme, étant pratiqué à l’époque de la maturité de l’œuf, c’est-àdire pendant les trois j ours qui précèdent les règles, durant leur cours, et deux ou trois jours, après , un ou plusieurs animalcules spermatiques, nageant dans le fluide fécondant aspiré par la matrice , gagnent instinctivement l’orifice utérin de foviducte dans lequel ils s’introduisent ; puis , ils montent lentement jusqu’à l’extrémité supérieure de ce conduit. (On estime de 15 à 20
heures le temps qu’ils mettent à y arriver.) Si, pendant cette ascension, ils rencontrent l’œuf, aussitôt ils s’accrochent à lui, pénètrent dans son intérieur, s’y meuvent en tous sens et disparaissent dans le jaune avec lequel, probablement, ils se combinent pour former la vésicule germinative. — Dans le cas où les zoospermes n’ont point rencontré d’ovule dans les oviductes, ils l’attendent au passage et le fécondent en pénétrant dans sa substance, comme nous venons de le dire. — L’œuf ainsi fécondé continue sa marche descendante, très-lente, car on estime qu’il met de trois à six jours pour descendre de l’ovaire à la matrice. Pendant ce trajet, l’ovule s’enveloppe d’une couche albumineuse qui se confondra bientôt avec une membrane éphémère formée dans la matrice.
Voici maintenant les phénomènes qui se passent dans l’utérus, coïncidant avec ceux de l’ovulation.
A la suite d’un coït fécondant, les zoospermes déterminent une excitation spéciale de la membrane muqueuse utérine; sous l’influence de cette excitation, la membrane sécrète abondamment une humeur séro- albumineuse qui, s’épaississant peu à peu, finit par former une couche continue, s’étendant sur toute la cavité de la matrice. Le nom de membrane caduque ou épichorion a été donné à cette couche albumineuse densifiée. La membrane caduque précède la descente de l’ovule
dans la matrice ; de telle sorte que l’ovule arrivé à l’extrémité inférieure de l’oviducte, trouve l’orifice de ce conduit bouché par la caduque. Mais la nature-, si prévoyante dans ses œuvres, imprime une nouvelle force à l’ovule qui franchit le passage, en repoussant devant lui l’obstacle. Cette portion de la membrane repoussée s’accole à l’ovule et devient le feuillet fœtal ou caduque réfléchi qui, plus tard, doit disparaître entièrement.
La membrane caduque est le premier point de jonction de l’œuf à la matrice; vient ensuite le placenta , dont les nombreux vaisseaux sanguins établissent, avec ceux du cordon ombilical, la principale connexion entre la mère et son fruit.