‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 24 sur 106 · CONSIDÉRÉ PHYSIOLOGIQUEMENT · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉ PHYSIOLOGIQUEMENT

Le rapprochement des sexes est toujours provoqué par le désir vénérien.

Lorsque l’individu a franchi la limite qui sépare l’adolescence de la puberté , l’instinct génital naît , se développe , et, avec lui , des désirs, des besoins nouveaux ; alors les sexes opposés se recherchent.

Chez les femelles d’animaux , le besoin génital se manifeste par la turgescence et le suintement des parties sexuelles, mais à une époque de l’année seulement : c’est le temps du rut. — Dans la famille humaine , les désirs et les besoins naissent en toute saison; ils travaillent plus particulièrement l’homme que la femme ; en exceptant toutefois , pour cette dernière, les jours qui précèdent et qui suivent les menstrues; car, pendant ces jours, il existe une turgescence génitale accompagnée de désirs , chez les unes , et d’indifférence chez les autres. Passé ce temps, le besoin génital se tait et, s’il reparaît dans cet intervalle, c’est l’imagination qui agit , c’est la passion d’amour qui sollicite le rapprochement sexuel.

Lorsque , pressé* par l’instinct génital , on suit sagement son impulsion , c’est-à-dire on use avec modération des plaisirs qu’il procure , les résultats sont favorables à la santé , parce qu’il est aussi naturel de satisfaire les besoins génitaux que les besoins de l’estomac; mais, quand ces besoins sont créés par une imagination libertine , les résultats , loin d’être salutaires à- l’économie , lui sont, au contraire , fort nuisibles , par l’énorme déperdition de fluide nerveux que le- spasme vénérien occasionne.

Pendant la jeunesse, cette époque de la vie où les forces vitales croissent , débordent et se renouvellent incessamment , le contact sexuel est presque toujours sollicité par l’instinct génital qui excite au plaisir. Cette question trouvera sa place autre part ; ici nous ne traiterons de l’acte vénérien que sous le rapport du résultat , c’est-à-dire de la procréation.

De l’Acte génital ayant pour but la fécondation.

Considéré au point de vue des êtres procréés , cet acte a beaucoup plus d’importance qu’on ne le croit généralement. En effet, il s’agit de la fécondation d’un œuf humain , qui doit donner le jour à un être appelé , plus tard, à remplir un rôle dans la société. — Les conditions bonnes ou mau-

vaises dans lesquelles cette fécondation aura été opérée , porteront leur influence sur l’organisation physique et morale de l’être futur. C’est donc une très-grave responsabilité de la part des procréateurs , envers l’enfant et la société.

Lorsque la fécondation a lieu dans des circonstances favorables , de parents sains et de conduite régulière , l’enfant bénéficie du bon état physique et moral de ses procréateurs. — Dans le cas contraire , lorsque les procréateurs sont débiles , malingres, épuisés par des excès, leur progéniture se ressent nécessairement de leur état de dégradation. Les statistiques médicales démontrent que ces enfants chétifs, malingres, déviés, contrefaits , dont abondent les capitales , et que la mort moissonne par centaines, n’ont pas d’autre origine.

L’acte génital est, nous le répétons, de la plus haute importance ; nous ne saurions trop recommander aux époux, dans leur propre intérêt et dans celui de leur progéniture , d’y prêter une sérieuse attention.

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Le Plaisir vénérien , chez la Femme , n’est pas une condition indispensable à la fécondation.

Quelques physiologistes ont émis l’opinion que les femmes voluptueuses concevaient plus faci-

lement que les femmes indifférentes ; mais , d’autres physiologistes sont venus leur démontrer, par des faits , aussi nombreux qu’incontestables , qu’en général, les femmes froides, lymphatiques, indifférentes , étaient plus fécondes que les femmes nerveuses , passionnées , ardentes. En effet , la presque totalité des fécondations s’opèrent sans que la femme éprouve le spasme vénérien; et cela , parce que la plupart des hommes cherchent à satisfaire un besoin , sans s’inquiéter si la femme éprouve le même besoin , et si ses organes sont arrivés à cet état d’excitation d’où jaillit le plaisir. Il en résulte que l’homme a toujours fini avant que la femme ait commencé-; ce qui n’empêche pas la fécondation de s’effectuer. J’ai recula confidence de beaucoup de femmes mariées depuis 15 ou 20 ans et mères de plusieurs enfants, qui m’ont avoué n’avoir éprouvé que très-rarement le plaisir sexuel avec leurs maris. Evidemment , la faute en était à ces derniers , par la raison que nous venons de donner.

Trop d’ardeur ou trop d’indifférence en amour , nuisent également à la fécondité ; les excès du coït lui sont des plus nuisibles; c’est pourquoi les prostituées sont , en général , stériles. L’excitation continuelle de leurs parties sexuelles , finit par les rendre atoniques; le conduit vulvo-utérin s’élargit, perd la contractilité nécessaire pour retenir le fluide spermatique et-le diriger dans la matrice; ce fluide, après chaque copulation , est rejeté au-dehors.

D’après les observations du docteur Marc , membre de l’Académie de médecine , et de Parent-Duchatelet, auteur d’un ouvrage sur la prostitution dans la ville de Paris, mille prostituées, dans cette capitale , ne produisent pas plus de trois à quatre enfants par an. Mais, lorsque les filles de joie cessent, pendant quelque temps, leur commerce, beaucoup d’entr’elles deviennent enceintes à la première copulation. Les prostituées que les Anglais envoient à Botany-Bay, retrouvent la fécondité qu’elles avaient perdue dans leur pays natal.

Ces faits prouvent péremptoirement que l’abus continu du coït , est une cause de stérilité temporaire et que la stérilité cesse avec l’abus.

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