‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 25 sur 106 · DE LA PROCRÉATION MALE ET FEMELLE · texte numérisé non relu

DE LA PROCRÉATION MALE ET FEMELLE

Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, la question de la fécondation mâle et femelle a été l’objet des travaux d’une foule de savants , sans avoir été positivement résolue (1).

Pendant le moyen-âge et la renaissance, les théories sur la génération se multiplièrent tellement que , vers la fin du xvne siècle , on en comptait plus de cinq cents!... Les. unes peu ou point sérieuses ; les autres tout à fait fantaisistes, et ne valant pas la peine qu’on s’y arrêtât. — Pendant le xvme siècle, plusieurs théories, basées sur des recherches anatomiques et microscopiques, furent admises et bientôt renversées par d’autres qu’on croyait, plus près de la vérité. De toutes ces théories sept seulement sont restées

(1) Le chiffre de ces savants , tant anciens que modernes, s’élève au-dessus de 1,200 !... Les lecteurs qui désireraient en connaître les noms, pourront- consulter la Physiologie de Burdach.

debout, et sont toujours le sujet, de mille objections et discussions :

Vovisme, — le spermatisme, — la syngènèse, — Yépigénèse, — la métamorphose , — la préformation — et la postformation. (Voyez un traité de physiologie, pour l’explication de ces mots ; ici nous écrivons pour les gens du monde.)

Aujourd’hui la même question est encore sur le tapis ; mais , grâce à quelques savants physiologistes, on est en droit d’espérer qu’on arrivera, peut-être , à une solution définitive. Les mathématiciens-astronomes sont bien parvenus à découvrir le merveilleux système de l’univers ; pourquoi les physiologistes ne découvriraient-ils pas la cause des fécondations mâles et femelles ? Nous n’y voyons aucune impossibilité. La nature cache ses secrets, l’homme curieux cherche incessamment à les découvrir , et souvent il y parvient. — Déjà l’éminent physiologiste Pouchet a formulé les lois de la formation et de l’évolution de l’œuf humain. — Précédemment, un expérimentateur habile , Girou de Buzareingues , rajeunissant et complétant la théorie que professait l’école hippocratique , a mérité les éloges de l’illustre Cuvier , qui a résumé ses travaux en ces ternies :

« Des expériences curieuses, non-seulement pour l’agriculture , mais pour la physiologie générale , sont celles de M. Girou de Buzareingues , sur la procréation des sexes. — C’est . du plus ou

du moins de vigueur comparative des individus qu’on accouple, que dépend le sexe du produit. — Si l’on veut avoir plus de femelles, il faut employer des mâles jeunes et des femelles dans l’âge de la force, et nourrir celles-ci plus abondamment que ceux-là. — Il faut faire l’inverse si l’on veut avoir des mâles. »

Des faits assez nombreux militent en faveur de cette théorie; mais, les exceptions, non moins nombreuses que les faits, ont été cause de son abandon, après, toutefois, en avoir extrait ce qu’elle renfermait de bon. Nous allons exposer, dans le chapitre suivant, la théorie que les physiologistes de notre époque ont adoptée , comme la plus avancée, et qui, néanmoins, n’est pas le dernier mot du mystère.

SECTION I

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