‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 29 sur 106 · SPERME OU FLUIDE SÉMINAL · texte numérisé non relu

SPERME OU FLUIDE SÉMINAL

Albumine-. .) ...

,. matières azotees,

Spermatme.)

Sels de potasse, de soude, de magnésie, etc.

On remarquera ici que les matières grasses manquent, parce que le sperme n’a d’autre rôle que celui de la fécondation; tandis que c’est la substance même de l’ovule qui doit former l’embryon.

Etablissons d’abord que la femme joue le rôle principal dans la procréation. C’est elle qui produit l’œuf ; l’homme ne fait que le féconder ; son rôle secondaire cesse aussitôt la fécondation opérée. — L’œuf fécondé subit diverses transformations dans la matrice de la mère ; c’est elle qui le nourrit de son sang pendant la vie intrautérine ; c’est elle encore qui le nourrit, de son lait, après l’accouchement. Or, la nature, en confiant à la femme le rôle de conservatrice de l’espèce, lui a dévolu des organes de reproduction de la forme, et une puissance de plasticité que ne possède point l’homme.

(l) A l’état naturel, le sperme se compose d’un fluide albumineux et muqueux dans lequel nagent des animalcules. Le sperme, à son passage à travers la glande prostate, se mêle à une humeur que sécrète cette glande, et aussi aux mucosités uréthrales.

Nous venons de voir que l’œuf contenait les principes azotés du sperme, et qu’il possédait, en plus, des matières grasses. Cette réunion des matières .azotées et non azotées, et des divers sels énumérés plus haut, se retrouve exactement dans le corps des mammifères ; donc, il existe dans l’ovule tous les matériaux propres à faire un être semblable à ses procréateurs. Ceci est clair et n’a pas besoin de démonstration. Mais, le sexe de l’être futur, quel est celui des deux facteurs qui le détermine ? Est-ce l’homme, estce la femme ?... C’est encore la femme ; en voici la raison :

Dans la masse granuleuse, demi-liquide, dont est formé le jaune de l’ovule, existent les deux principes ou éléments mâle et femelle. (Le même phénomène s’offre dans la graine des plantes.) Ces éléments, inappréciables à nos sens et aux investigations microscopiques, ne s’affirment que par le résultat.

Ces deux éléments, mâle et femelle, sont toujours inégaux en force, en vitalité. Selon l’organisation physique de la femme, le développement en plus ou en moins des organes de la féminité, l’élément mâle ou l’élément femelle prédomine et absorbe l’autre. — Il peut se faire que l’un des éléments ait aujourd’hui la prédominance, tandis que plus tard ce sera l’autre. Cette substitution d’un élément à l’autre dépend de plusieurs influences que nous signalerons plus

loin. Lorsque l’élément mâle domine, il absorbe ou annihile l’élément femelle, et si dans ce moment la fécondation a lieu, le produit revêtira le sexe mâle ; si, au contraire, c’est l’élément femelle qui domine, le produit sera féminin.

Gomment se fait cette absorption ou annihilation d’un élément par l’autre ? Très-probablement elle est le résultat d’un dynanisme vital qu’il nous est impossible d’apprécier physiquement. Du reste, le phénomène de l’absorption d’un corps par un autre s’offre tous les jours.

On demandera : quelle est la nature de ces éléments ? Représentent-ils le fluide nerveux, l’électricité animale ? ou l’oxygène, l’hydrogène, l’azote, le carbone ? — c’est ce qu’on ignore ; peut-être la science le découvrira- t-elle un jour.

Les propositions qui précèdent étant admises, il est facile d’en déduire les formules suivantes :

L’ovule contient dans sa propre substance les éléments ou principes des deux sexes.

La détermination sexuelle est le résultat naturel de l’absorption ou annihilation de l’un de ces éléments par l’.autre.

L’absorption de l’élément mâle par l’élément femelle donne un produit femelle.

L’absorption de l’élément femelle par l’élément mâle donne un produit mâle.

Le rôle des animalcules spermatiques se borne à la fécondation de l’ovule.

Cette théorie, claire et simple à la fois, s’accorde avec la théorie de la prédominance ; celleci ne fait connaître que l’instrument de la fécondation, . tandis que la nôtre en dévoile la cause. Et, pour ne laisser aucun doute à cet égard, nous citerons, dans le chapitre suivant, nos propres observations, en les accompagnant .de réponses aux objections qu’on pourrait nous faire.

SECTION I

Page 1