FÉCONDITÉ DANS L’ESPÈCE HUMAINE
En général, la fécondité correspond au degré de développement de la sexualité. Mieux l’homme et la femme sont conformés génitalement, et plus ils ont de chances pour avoir une nombreuse progéniture.
Après la conformation génitale viennent d’autres causes qui agissent plus ou moins directement sur la fécondité : d’abord le tempérament et l’âge de la femme; ensuite le genre de vie et de nourriture; le climat, la race, etc.
Le Tempérament. — Les tempéraments lymphatique et lymphatico-sanguin, chez la femme, sont, en général, ceux dont la fécondité s’élève audessus des autres tempéraments. Le bilieux et le nerveux produisent beaucoup moins d’enfants. — Les femmes lympathiques etlymphatico-sanguines ont le bassin plus évasé, la matrice, les ovaires, # les seins plus développés et le canal vulvo-utérin plus extensible ; cette conformation est la plus favorable à la fécondation et à l’accouchement.
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L’Age. — La fécondité est en rapport avec les differents âgés de la vie; elle est peu développée dans les premières années qui succèdent à la puberté; les mariages précoces ne donnent que de rares enfants, et leur mortalité est plus grande que chez les enfants procréés pendant la période virile. — Les mariages précoces contractés en 1842 et 1813, pour échapper à la conscription qui décimait la France, produisirent une foule d’enfants au-dessous de la moyenne en taille et en vigueur. C’est pourquoi les réformes des conscrits de 1832 et 1833 atteignirent un chiffre très-élevé. — La fécondité augmente de 25 à 35 ans, époque où elle arrive à son plus haut degré ; les accouchements multiples ne se rencontrent guère que de 25 à 38 ans. — Lorsque l’âge du mari dépasse de 18 à 20 ans l'âge de la femme, la fécondité s’amoindrit. Néanmoins, l’homme de 40 à 45 ans, marié à une femùne de 22 à 24 ans, peut, lorsqu’il est vigoureux et bien portant, obtenir de beaux enfants jusqu’à sa 50me année. On a remarque, dans la race chevaline, que l’accouplement des mâles âgés avec de jeunes femelles, donnait de plus beaux produits que la combinaison inverse.
v g III.
La Saison. — Plusieurs physiologistes ont noté des différences qui tiennent au temps et aux
saisons : certaines années sont plus fécondes que d’autres. L’année 1784 a été très-remarquable sous ce rapport. — Beaucoup de femmes conçoivent plus facilement à certaines époques de l’année et leur grossesse est plus heureuse qu’à d’autres époques.
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I^a IVourriture. — L’abondance et la qualité des aliments influent beaucoup sur la fécondité. Les nations opulentes sont plus fécondes que les peuplades misérables. L’on a observé que les animaux carnassiers étaient moins féconds que les frugivores. Dans l’espèce humaine, les individus qui entremêlent les légumes aux viandes, procréent plus que ceux qui, par goût, se nourrissent presque exclusivement de viandes.
Une vie active, une alimentation simple et saine favorisent La fécondité; tandis que l’excès de nourriture, les sensualités de la table lui sont contraires. La fécondité est plus grande dans les classes laborieuses, vouées aux travaux manuels, .que dans les hautes , classes #de la société, livrées à la paresse. — Quoiqu’il soit passé en proverbe que les campagnards, les paysans ont plus d’enfants que les bourgeois riches, je ferai cependant observer que si les riches n’en ont' pas autant que les pauvres, c’est qu’ils ne veulent pas. — Les peuples libres et industrieux procréent beaucoup plus que les peuples esclaves; c’est indubitable.
Le Climat. — Les climats ont une influence très-marquée sur la fécondité. — L’extrême nord ne produit que peu d’enfants; les plages glacées de cette partie du globe sont désertes. — Les zones tempérées produisent convenablement, c’està-dire assez pour les peupler. — A mesure qu’on avance vers le midi, la fécondité augmente. Dans l’Asie méridionale et en Afrique les enfants naissent en grand nombre. — Le chirurgien en chef Larrey raconte, dans ses Mémoires, que plusieurs cantinières de l’armée française, stériles en France, furent fécondées en Egypte. — La Chine et le Japon sont remarquables sous le rapport de leur excessive population. Là, comme en tout pays, c’est la classe laborieuse qui fournit le plus de naissances.
La Nigritie serait, d’après les savants voyageurs qui l’ont explorée, la contrée où la. fécondité atteindrait les dernières limites. Les négresses conçoivent et accouchent d’autant plus facilement que l’ampleur de leurs génitoires les met à l’abri de tout accident, au moment du travail de la parturition. Au dire de plusieurs voyageurs, les enfants pullulent dans cette vaste contrée, et poussent comme des champignons.
SECTION II