ACCOUCHEMENTS MULTIPARES OU DE PLUSIEURS ENFANTS
Dans l’espèce humaine, la fécondation n’a lieu, ordinairement, que sur un ovule; la couche est alors dite monopare ou d’un seul enfant. — Les accouchements doubles ou de d£ux jumeaux, se voient encore assez souvent; mais, les accouchements triples, quadruples, quintuples, etc., sont des faits isolés, rangés dans les cas rares. Parmi les exemples consignés dans les ouvrages de médecine, nous citerons les plus remarquables.
Hippocrate et Galenus, chez les anciens, ont. observé plusieurs accouchements extraordinaires, de deux, trois, quatre efc cinq enfants, dans les contrées méridionales de l’Asie et en Egypte. L’histoire médicale moderne a consigné dans ses archives un très-grand nombre d’accouchements de cette nature.
Osiander, l’auteur aux faits prodigieux, a connu trois femmes multipares : la mère de la première faisait les enfants par deux et trois à la fois; — sa fille, qui avait hérité de sa fécondité, eut plusieurs couches de deux, trois, quatre enfants, "et une de cinq; sa sœur procréait exactement de la
même manière et, à l’âge de 3 2 ans, elle était mère de 33 enfants.
Le même auteur a écrit qu’une femme avait donné le jour à cinquante-trois enfants : dix-huit fois 1 ; — cinq fois 2; — quatre fois 3; — une fois 6; — et une dernière fois 7!!! Osiander était ami du merveilleux.
On lit dans Meckel qu’une paysanne de taille moyenne, à large bassin, engendra 44 enfants, 30 d’un premier. mariage et 14 du second; ce dernier mariage fut remarquable par trois couches seulement, six à la première, cinq à la seconde et trois à la dernière.
Dans les premières années de notre siècle, une femme de Paris eut six couches de trois enfants chacune.
Il est des hommes doués d’une puissance proliiique très-prononcée, mais c’est toujours à la femme que reviennent les honneurs de la fécondité. Le physiologiste Burdach a recueilli les faits suivants :
-Un nommé Tiragelli eut de plusieurs femmes légitimes, trente enfants.
A Londres, vivait, en 1772, un ouvrier qui avait eu quarante-six enfants de huit femmes.
Le comte Babo d’Esbensberg parut, devant l’empereur Henri II, avec trente-deux fils, sans compter douze filles dont dix étaient vivantes.
Un paysan des environ de Moscou procréa, avec deux femmes seulement,' 87 enfants, dont 83 existaient encore en 1782, époque à laquelle il attei-
gnait sa soixante-quinziéme année. Sa première femme avait eu vingt-sept couches : quatre couches de 4 enfants; sept de 3, et seize de 2. — Sa seconde femme accoucha de dix-huit enfants en huit années.
Une femme valaque eut six enfants en une seule couche.
Deux négresses accouchèrent de vingt enfants en quatre couches.
# Les marchands d’esclaves qui faisaient la traite sur les côtes de la Guinée, rapportent qu’en aucun pays du monde la fécondité n’est aussi grande : la moindre des familles se compose toujours de 20 à 30 individus. — Un voyageur portugais dit, en parlant de ce pays, qu’il n’est pas rare de rencontrer des pères qui ont procréé quatre-vingts et même CENT enfants!... avec plusieurs femmes, bien entendu; Doit-on les croire?... Il faut que la fécondité soit très-développée en certaine contrée de l’Afrique, puisque le nombre incalculable de nègres que la traite a enlevés depuis des siècles et enlève encore chaque^jour, pour les transporter dans un autre hémisphère, n’a jamais dépeuplé le pays d’où on les tire.
Nous clorons cette section par le curieux relevé que nous a fourni Derham :
La femme Elisabeth Powler était mère de seize enfants, dont douze seulement se marièrent. Lorsque, cette femme mourut, à l’âge de quatre-vingttreize ans, elle comptait 114 petits-fils ou petites- * filles, 228 arrière-petits-fils ou petites-filles, — et
900 enfants de ces derniers; en tout, douze cent cinquante descendants!!!
Si tous les mariages, dans les quatre parties du globe terrestre, avaient une semblable fécondité, bientôt l’espace et la nourriture manqueraient à l’espèce humaine.
SECTION III
DES MULTIMAMES