‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 38 sur 106 · OBJECTION · texte numérisé non relu

OBJECTION

Contre notre théorie et réfutation.

Plusieurs objections ont été faites contre la théorie des deux éléments mâle et femelle; voici la . plus sérieuse :

Dans toutes les familles, hormis quelques exceptions fort rares, il naît indistinctement des filles et des garçons ; — tantôt le nombre des filles dépasse celui des garçoûs, et tantôt le nombre des garçons dépasse celui des filles. Or, les père et mère, n’importe leur tempérament, procréent l’un et l’autre sexe ; donc, votre théorie sur la masculinité et la féminité tombe devant ces faits.

On répond :

L’objection n’est que spécieuse, en voici la preuve : — L’organisme humain ne se trouve jamais dans un état de parfait équilibre ; il s’y produit des oscillations, les unes sensibles, les autres dont nous n’avons point conscience. — Les forces, la santé ne sont pas exactement les mêmes tous les

jours ; elles éprouvent des variations ; — il en est de même pour le tempérament de la femme, à l’égard de ces deux états désignés par les mots : féminité, — masculinité.

La femme lymphatique, possédant la féminité au plus haut degré, ne devrait engendrer que des fdles ? — C’est vrai. — Mais, comme on ne peut refuser d’admettre que son tempérament ne soit sujet à des variations, à des perturbations, il est très-probable que ces variations ou oscillations influent, en plus ou en moins, sur sa féminité. Aujourd’hui elle est femme au grand complet ; demain ou plus tard, une variation inappréciable a lieu, et sa féminité reçoit une atteinte. Si la cause qui a déterminé cette variation se prolonge, la féminité baisse de plus en plus, et le tempérament génital, ou mieux, la fonction ovarique, marche à la masculinité.

La fécondation opérée dans ces conditions est toujours mâle. — Dans les conditions opposées elle est femelle.

Les choses se produisent de la même manière chez les femmes bilieuses ou nerveuses. Si la masculinité l’emporte sur la féminité, elles procréent des garçons ; — ce seront des filles dans le cas contraire. — Lorsque après deux ou trois couches mâles la quatrième est femelle, il est hors de doute que les variations dans les fonctions ovariques se sont produites au profit de la féminité. — La masculinité vient-elle à reprendre le dessus,

la fécondation redeviendra mâle ; c’èst ce qui s’observe tous les jours.

A quelle cause rapporter ces oscillations ou variations, ces mouvements organiques insaisissables qui exercent leur influence sur la composition de l’ovule ? — Nous la porterons au compte du système nerveux de la femme , puisque c’est à ce système qu’on attribue tous les phénomènes que la physiologie ne peut expliquer.

Pour être moins obscur, nous dirons que toutes les influences physiques et morales agissant sur l’organisation de la femme lymphatique de manière à modifier son tempérament, à diminuer ses formes potelées, à resserrer ses tissus, à stimuler son système nerveux, à imprimer de la vivacité à son esprit et à Ses actions, ces influences, disons-nous, altéreront infailliblement sa féminité. — À l’égard de la femme bilieuse ôu nerveuse , toutes les modifications propres à abattre la prédominance nerveuse, à développer le tissu graisseux, à ralentir l’activité physique et morale, altéreront la masculinité.

Telle est la réponse faite à l’objection.

Il serait à désirer que les savants physiologistes s’occupassent de cette question, qui a son importance.

fi

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