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OU ART DE PROCRÉER DE BEAUX ENFANTS

L’art de procréer des enfants sains, vigoureux et bien conformés, n’est pas illusoire ; l’incrédulité doit un jour, devant la théorie, tomber d’accord avec les faits.

Si l’horticulteur est parvenu à transformer les fleurs et les fruits de peu de valeur, en leur faisant acquérir plus de développement et d’éclat, plus de saveur et de parfum qu’ils n’en possédaient ; — si l’éleveur a pu créer certaines espèces d’animaux domestiques, pour la course, le trait ou la boucherie ; — si, enfin, les entraîneurs anglais peuvent façonner l’être humain à leur guise, c’està-dire produire des athlètes dont les masses musculaires vous étonnent, et des jockeys du poids de soixante livres!... pourquoi le physiologiste ne trouverait-il pas les moyens calligénésiques dont l’application commencerait aux époux et se continuerait sur l’enfant ? Pourquoi les époux, se conformant aux règles calligénésiques indiquées plus

bas, ne pourraient-ils pas obtenir le résultat désiré ? La logique répond affirmativement.

L’histoire nous apprend que la calligénésie (1) et la cosmétique (2) furent pratiquées par les médecins et philosophes de l’antiquité : — Hippocrate, — Aristote, — Hérophile, — Théophraste, — Dioscoride et beaucoup d’autres savants ne crurent pas déroger à leur réputation en s’occupant de ces arts, alors honorés et tombés, aujourd’hui, dans le domaine du charlatanisme. Plus tard, des médecins gymnasiarques leur adjoignirent la gymnastique et la cinésique (3) ; bientôt dans les principales villes d’Asie et d’Europe, s’ouvrirent des établissements dirigés par des médecins spécialistes, dont la pratique consistait à transformer les individus des deux sexes atteints de disgrâces, d’imperfections physiques, et de redresser les vices de conformation. C’était l’orthopédie appliquée aux grandes personnes.

On jugera des prodigieux succès obtenus dans ces établissements, à la fois orthopédiques et cosmétiques, par le passage suivant d’un ancien auteur, Aristophane de Byzance.

« La Cinésique ou science des mouvements dis-

(1) Signifie belle procréation; — engendrer de beaux enfants.

(2) Art d’embellir la forme humaine.

(3) cinésique ou cinésitechnie se traduit par science des mouvements coordonnés.

tribués aux membres et aux diverses parties du corps, obtient chaque jour d’incroyables résultats :

— Les sujets gibbeux, contrefaits sont redressés;

— les membres déviés sont ramenés à leur direction normale ; — les gros ventres, les seins exubérants sont diminués et comme fondus ; — le défaut contraire, c’est-à-dire les femmes dont les seins sont à peine apparents, ont la satisfaction de les voir pousser en quelques mois ; les personnes maigres sont engraissées *et les obèses dégraissés. Les médecins cosmètes ou embellisseurs savent modifier la couleur de la peau, pâlir les visages enluminés et teinter de rose les visages blêmes. Ils savent développer, augmenter les formes et combattre leur excès ; redresser les traits, les membres, les régions déviés ; en un mot, ils possèdent les moyens de restaurer l’organisation et la beauté humaine qui ont subi des atteintes. »

C’est en faisant particulièrement usage des procédés cinésiques, sous la direction de professeurs habiles, que les Grecs parvinrent à ce haut degré de vigueur et de beauté, dont ils sont restés les types et qu’aucune nation n’a pu égaler.

Rome, sous les empereurs, devenue la capitale du monde, emprunta à la Grèce ses arts et sa science. Elle fit venir d’Athènes et de Corinthe des médecins cosmètes et orthopédistes ; elle tira de Sparte des gymnastes et des gymnasiarques préposés à l’enseignement de la gymnastique et au développement des forces musculaires. — Are-

tée, médecin grec, qui vivait sous l’empereur Trajan, rapporte que plusieurs établissements de gymnastique, bâtis à Rome sur le modèle de ceux d’Athènes, étaient fréquentés par une multitude d’hommes et de femmes de toutes conditions : les uns venaient y chercher un remède à leurs infirmités, ou y retremper leur constitution délabrée ; les autres, pour y restaurer une beauté que les plaisirs ou les années avaient endommagée.

Un ancien document constate qu’un des moyens les plus en usage dans ces établissements était la Palette. — Les percussions graduées, faites avec cette palette par un cosmète ou un gymnaste habile, produisaient de merveilleux effets, obtenaient des résultats à peine croyables. Ainsi, les gros ventres s’affaissaient, les hanches rentrées ressortaient, les joues creuses s’arrondissaient, les épaules voûtées s’aplatissaient sous les percussions de la palette... Le même document nous apprend que les marchands d’esclaves y envoyaient les sujets des deux sexes dont le corps présentait des imperfections. Les percussions graduées de la palette opéraient des prodiges, puisque les mêmes sujets sortaient de ces 'établissements, au bout de quelques mois, non-seulement débarrassés de leurs défauts corporels, mais ayant les formes et les agréments nécessaires à une bonne vente.

Beaucoup de courtisanes et même de patriciennes, fatiguées, usées par l’abus des plaisirs, fré-

quentaient pendant quelques mois ces établissements calliplastiques , afin de restaurer leurs corps et de raviver leurs charmes à demi-fanés ; presque toutes obtenaient d’heureux résultats.

Cette digression sur la calliplastie et la cosmétique, ou art de modeler et d’embellir la forme humaine, chez les anciens, prouvera au lecteur que notre corps, pendant la jeunesse, est susceptible de modifications et de perfectionnements. De nombreux passages d’auteurs grecs et latins s’y rapportant, ne permettent pas de douter de la réalité de cet art.

SECTION I

DES CAUSES ANTI-CALLIPÉDIQUES ou qui s’opposent a la procréation

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