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POUR PROCRÉER DE BEAUX ENFANTS

Personne n’ignore que la bonne ou mauvaise constitution des parents se transmet aux enfants. Le lecteur qui en douterait s’en convaincra en parcourant le chapitre xvi de cet ouvrage , qui traite de l’hérédité physiologique. De plus, la transmission de l’organisation physique se lie généralement à celle de l’organisation morale. Or, d’âprès ces données, dont l’exactitude est sanctionnée par les faits de tous les temps , les époux qui veulent obtenir une belle progéniture , et tous le désirent, devront se préparer d’avance, par une conduite sage et régulière, à l’acte procréateur. Ils doivent bien se convaincre que l’état physique et moral dans lequel ils se trouveront au moment de l’acte, influera sur la fécondation et la constitution de l’être futur.

Les principales conditions exigées pour obfenir des enfants bien conformés, sains et vigoureux, se rapportent à l’âge et au tempérament, à l’état de santé et à la bonne organisation des procréateurs. — Les autres conditions se rapportent à

l’état nerveux de la femme au moment du coït, et à sa conduite pendant la grossesse. — Viennent ensuite les conditions d’allaitement, de sevrage, d’alimentation, et les préceptes d’éducation corporelle qui concernent l’enfant. (Voyez notre Hygiène de la beauté , où se trouve exposée l’éducation corporelle des enfants, pour développer leurs muscles, leur adresse et consolider leur santé.)

Age.

L’âge le plus favorable aux saines et belles procréations, est de 25 à 45 ans, pour l’homme ; de 20 à 35 pour la femme. C’est la phase de la vie où les aptitudes physiques se déploient dans toute leur énergie. Passé cet âge, la fonction génitale s’affaiblit graduellement chez l’homme jusqu’à la soixantième année, époque à laquelle il serait raisonnable de dire adieu aux amours. De soixante à soixante-dix ans, les érections deviennent de plus en plus molles et la liqueur spermatique moins consistante et plus rare. Chez le septuagénaire, la fonction génitale s’est endormie pour ne plus se réveiller. Si, très-rarement, quelques velléités amoureuses saisissent le vieillard, c’est

l’imagination, la folle du logis, qui demande

mais l’organe refuse, presque toujours, de la servir.

Les fécondations, opérées par des procréateurs avancés en âge, sont généralement défectueuses. Les enfants, issus d’un père qui a dépassé sa cinquante-cinquième année et d’une mère qui s’approche de l’âge critique, sont délicats, chétifs, peu viables, et portent sur leur physionomie l’empreinte d’une précoce vieillesse.

Les Grecs, et plus tard les Romains, au temps de leur glorieuse république, décrétèrent une loi qui défendait à l’homme, âgé de plus de cinquante ans, d’épouser une jeune fille; — à la femme ayant dépassé la quarantaine , de s’unir à un jeune garçon. — L’homme et la femme qui avaient atteint la limite d’âge, prononcée par la loi, étaient libres de se marier entre eux; c’està-dire que le sexagénaire pourrait s’unir à une femme de 45 à 50 ans, et celle-ci à un époux de 60 ans et au-dessus. — Cette sage loi atteignait le double but de s’opposer à la dégradation de la race, et à l’immoralité des mariages d’âges disproportionnés.

Tempéraments.

Les unions de deux tempéraments semblables ne produisent pas d’aussi beaux fruits que celles de deux tempéraments opposés. Ainsi, deux époux lymphatiques, à cheveux blonds, procréeront des

enfants lymphatiques à chairs molles , au tissu cellulaire rempli de sucs, et dont la lenteur des mouvements contraste avec la vivacité des enfants sanguins et nerveux. — Deux tempéraments sanguins purs donneront le jour à des enfants sanguins quelquefois roux, dont le teint pourra s’élever au rouge cramoisi, qui pourront devenir pléthoriques et plus tard être frappés d’apoplexie. — Deux tempéraments bilieux purs engendreront des enfants au teint brun, parfois olivâtre, qui auront à redouter les maladies du foie. — Ces tempéraments produisent aussi des hypochondriaques. — Deux tempéraments nerveux purs procréeront des enfants à corps grêle, d’un caractère vif, impressionnable à l’excès, et qui sont condamnés d’avance à toutes les tristesses , à toutes les amertumes qui accompagnent les maladies nerveuses.

Une longue expérience a démontré péremptoirement que l’alliance -de deux tempéraments opposés donne de plus beaux fruits que l’union de deux tempéraments semblables. Nous avons donné dans notre Hygiène du mariage , des explications précises sur la manière de connaître les quatre tempéraments et de diriger son choix dans l’alliance des tempéraments opposés. Voyez cet ouvrage. — Les parents qui ont des enfants à marier, les jeunes gens, en âge de raison, qui n’ont pas encore formé de nœuds indissolubles , et qui tiennent beaucoup plus à là bonne constitution

qu’à la dot de leur future épouse, agiront sagement, dans leur intérêt et dans celui de leur progéniture, de contracter mariage d’après ces notions physiologiques.

SECTION III

de l’état de santé ou de maladie des procréateurs, CONSIDÉRÉ DANS SES CONSÉQUENCES SUR LA PROGÉNITURE.

Le mariage ne devrait être permis que lorsque les deux contractants jouissent d’une bonne santé ; dans le cas contraire, le mariage est réprouvé de la nature, de la morale, et devrait être défendu par la loi. Cela était autrefois... La loi doit assurer d’abord l’intérêt général avant de s’occuper des intérêts particuliers. — L’intérêt d’une nation est de posséder le plus grand nombre possible de citoyens sains de corps et d’esprit ; or, les mariages qui ne produisent que des êtres défectueux au physique et au moral, sont une perte et une charge pour la nation.

Il n’est personne, même les plus ignorants, qui ne sachent que si l’un des procréateurs est mal portant, débile, usé, les enfants qu’il engen-

drera se ressentiront de son état; à plus forte raison, si les deux procréateurs sont affligés d’une mauvaise santé, d’un vice originel. La raison physiologique exige que le mariage soit retardé jusqu’au jour où leur santé sera rétablie et leur constitution restaurée par un triple traitement médical, hygiénique et gymnastique; alors, seulement, le mariage pourra donner des fruits satisfaisants.

§ III

Les éleveurs intelligents de bestiaux, choisissent toujours les plus beaux, les plus vigoureux pour les accoupler et avoir de beaux produits; ils recherchent, autant que possible, l’harmonie relative dans l’âge, la santé, la force et la beauté des sujets qu’ils accouplent. L’expérience leur a fait acquérir la preuve que lorsqu’il existait des dissemblances entre le mâle et la femelle, ou une aversion marquée l’un pour l’autre, les produits étaient inférieurs, défectueux, mauvais.

Si les éleveurs apportent tant de soins dans le choix des sujets qu’ils accouplent, à plus forte raison les parents qui s’occupent du mariage de leurs enfants, devraient-ils déployer toute leur sollicitude, toutes leurs lumières pour cet acte solennel d’où dépendront le bonheur, la bonne constitution et la santé de la nouvelle famille.

Oui ! nous le répétons, les unions entre indi-

vidus antipathiques, chétifs, contrefaits, gibbeux ou atteints de vices héréditaires devraient être strictement prohibées par la loi. — Vous attentez à la liberté individuelle, dira-t-on, de quel droit condamnez-vous au célibat l’épileptique, le phthisique, le névrosique, le scrofuleux, le rachitique, le crétin qui veulent se marier ?

Du droit de la morale et de l’humanité ; car, en physiologie comme en morale, ce serait un bienfait pour la société que de s’opposer à ces hideux mariages d’individus émaciés par la misère, usés, pourris par les débauches, brûlés par l’alcool, qui croupissent dans l’ordure des bouges et vont presque tous mourir avant l’àge sur un lit d’hôpital. Les enfants issus de tels parents, sont généralement frappés d’une tare physique' ou morale, et portent sur les traits les hideux stigmates de leur origine. Les bagnes, les prisons, les maisons d’aliénés sont en partie peuplés de ces

malheureux. C’est une affreuse vérité — Ce

serait un bienfait, pour le pays et les méeurs, que de proscrire les unions de sujets reconnus atteints de maladies et de vices constitutionnels héréditaires; car de telles unions sèment tous les jours, dans la société, des êtres infirmes et contrefaits, dont l’amère existence est une accusation permanente contre leurs procréateurs. — Oui ! la proscription de semblables mariages serait une loi d’utilité sociale.

Les Grecs et les Romains interdirent strictement

ces sortes de mariages ; et ce furent de grands peuples à qui nous sommes redevables de notre civilisation. Pourquoi ne pas les imiter sur ce point ? La question des maladies et vices héréditaires, dont nous nous occuperons au chapitre Hérédité de cet ouvrage, est admise par les médecins de tous les pays, et ne soulève plus de contestation. — Plusieurs de ces maladies et vices physiques furent autrefois un cas dirimant , c’està-dire un empêchement au mariage. Il serait vivement à désirer, dans l’intérêt de la race et de la société, qu’on les inscrivît de nouveau dans le code de nos lois.

§ IV

De Inorganisation physique et morale des Parents.

Les bonnes et les mauvaises qualités des procréateurs, déterminent en général les bonnes et mauvaises qualités des êtres procréés.

Nous savons déjà que la santé du corps est une des conditions calligénésiques ; il faut encore y ajouter la santé morale.

Nous entendons par santé morale la paix du cœur et la sérénité de l’âme.

La santé du corps s’obtient et s’entretient par

la modération en toutes choses, et par une alimentation saine et suffisante.

La santé morale se trouve dans une éducation dégagée de toute croyance superstitieuse; dans le libre exercice de l’intelligence ouverte au bien et fermée au mal.

Les procréateurs qui posséderont ces deux éminentes qualités, auront pour eux toutes les probabilités, sinon la certitude, de les transmettre à leurs enfants.

SECTION IV

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