DES INJECTIONS INTESTINALES ET DE LA SAIGNÉE PENDANT LA GROSSESSE
Les opinions des médecins sont variables sur l’usage des bains pendant la période de la gestation ; les uns les ordonnent, les autres les proscrivent. Nous pensons avec beaucoup de praticiens éclairés par une longue expérience, qu’il est des cas où les bains sont très-utiles, comme aussi il en est d’autres où ils sont dangereux.
Les femmes grasses, à constitution molle, lymphatique doivent s’abstenir du bain chaud, parce qu’il aggraverait les inconvénients attachés à leur constitution. Néanmoins, elles ne négligeront pas les ablutions de propreté.
Les femmes d’un tempérament bilieux et nerveux, feront usage du bain tiède avec avantage, parce qu’il calmera leur irritabilité qu’augmente assez fréquemment la grossesse. Dans plusieurs cas ce bain est antispasmodique.
Les époques auxquelles les bains tièdes peuvent être pris avec succès, sont pendant les deux premiers mois et le dernier mois de la grossesse. — Dans les premiers mois, ils dissipent le spasme et calment l’excitabilité de la .matrice ; — dans le dernier mois, ils préviennent la
rigidité de l’utérus et les contractions du vagin, accidents qui causent de vives douleurs et retardent, parfois, raccouchement.
Injection intestinale. — L’usage des lavements émollients est indispensable aux femmes sujettes à la constipation ; ils débarrassent le gros intestin des excréments durcis, dont l’accumulation gêne la matrice et la vessie ; ils rafraîchissent et procu- ' rent le bien-être. Les lavements purgatifs sont au contraire nuisibles; le médecin seul est apte à juger le cas où il convient de les administrer. — Les vomitifs doivent être rigoureusement proscrits. On sait maintenant que l’embarras gastrique des femmes enceintes ne dépend nullement des saburres de l’estomac, mais bien d’une irritation sympathique ayant son point de départ dans la matrice. Donc, point de vomitifs, mais une demi-diète rafraîchissante et des boissons délayantes, qui dissiperont en quelques jours ce prétendu état saburral de l’estomac.
La saignée , chez la femme enceinte, est considérée comme dangereuse par des médecins, et salutaire par d’autres. Dans ce conflit d’opinions, la physiologie , éclairée par l’expérience, dit : — Abstenez-vous strictement de la saignée, quand la grossesse marche avec régularité et sans accident; mais, lorsqu’une femme vigoureuse, d’un tempérament sanguin bien accusé, éprouve des seignements de nez, des insomnies, des éblouisse-
ments; lorsqu’elle a le visage pourpre et les yeux injectés, le pouls dur et fréquent ; lorsqu’en un mot, elle se trouve dans un état de 'pléthore , la saignée ne peut qu’être utile; mais encore faut-il l’avis du médecin.
SECTION V