‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 54 sur 106 · J III · texte numérisé non relu

J III

De la quantité de lait, en trop ou en moins, chez les nourrices.

Trop ou trop peu de lait sont deux vices de sécrétion des glandes mammaires, qu’il faut se hâter de combattre.

Trop de lait . est nuisible à la mère et à l’enfant. — A la mère, parce qu’elle est exposée au trouble des autres fonctions qui languissent, tandis que la sécrétion laiteuse augmente; — à l’enfant, parce qu’un lait trop abondant est ordinairement séreux et contient beaucoup moins de principes nutritifs que le lait épais et blanc. —

Trop peu cle lait. — Il n’est pas besoin de dire que le nourrisson dépérirait au sein d’une nourrice qui ne fournirait point la quantité de lait suffisante.

Le traitement rationnel pour diminuer la sécrétion exubérante du lait, est d’abord de retrancher, pendant plusieurs jours, une certaine quantité de nourriture ; de choisir ensuite les aliments parmi ceux qui ne contiennent que peu de principes nutritifs; tels sont les épinards, la chicorée, les légumes verts, les fruits cuits, les viandes blanches bouillies ; — exclure du régime les aliments gras et féculents. — Pour boisson, de l’eau rougie et des tisanes laxatives. — On conseille aussi des cataplasmes tièdes de farine de riz sur les seins.

Lorsqu’il s’agit d’augmenter la sécrétion languissante du lait, c’est le traitement, le régime contraire qu’il faut ordonner ; — les viandes rouges rôties , les consommés de viande , les purées de légumes secs décortiqués au jus de viande : haricots, lentilles, pois secs dépouillés de leurs enveloppes ; — du pain bien levé, — de l’eau avec addition d’un bon vin vieux ; — un exercice physique journalier, quelques bains tièdes avec frictions pour bien nettoyer la peau ; enfin, des frictions sèches avec une brosse de flanelle, autour des seins, pour activer la circulation.

La nourrice qui veut conserver la quantité et la bonne qualité de son lait, doit fuir l’oisiveté

et le repos absolu. Les promenades en plein air, l’exercice modéré des membres et particulièrement des bras, favorisent la sécrétion du lait ; mais, autant l’exercice modéré est favorable, autant les fatigues sont contraires. Il en est de même pour les passions tristes : l’irritation, la colère, les chagrins, la frayeur ; enfin toutes les influences, tous les mouvements intérieurs violents, sont des plus nuisibles à la nourrice ; ils peuvent diminuer, tarir même son lait ou en altérer la qualité. On ne saurait donc trop recommander aux nourrices le calme du moral, et un régime alimentaire en rapport avec leur position actuelle.

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