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HÉRÉDITÉ MORBIDE

OU TRANSMISSION DE CERTAINES MALADIES PHVSIQUES ET MENTALES, — DES FORMES VICIEUSES ET DES MONSTRUOSITÉS.

L’hérédité morbide tient une large place dans les maladies qui affligent notre espèce, et contre lesquelles la médecine avoue souvent son impuissance. — Lorsqu’on remonte à la source de nos

maladies incurables qu’on nomme phthisie pulmonaire, scrofule, goutte, cancer, épilepsie, démence, folie ! on la retrouve chez les ascendants.

Les philosophes et physiologistes de toutes les époques qui ont observé les maladies de cette nature, ont signalé, d’une voix unanime, l’importance d’une loi qui réglementât les mariages , mais le dieu Plutus. l’insatiable amour des richesses, des titres et des honneurs; le complet égoïsme, enfin, qui dévore notre société, ont étouffé la voix de la sagesse , au détriment de la race, des mœurs et de la santé publique.

L’hérédité morbide est désormais admise par tous les médecins. Parmi ceux qui ont traité cette question, les uns prétendent que le germe de la maladie est transmis par les procréateurs aux êtres procréés; les autres nient l’existence de ce germe et ne reconnaissent qu’une prédisposition héréditaire. Nous nous rangeons de l’avis de ces derniers. En effet, puisque l’hérédité de structure est un fait reconnu, il est logique d’admettre que, dans le parenchyme de l’organe de l’enfant, correspondant à l’organe malade des parents, il existe un mode d’être qu’on a nommé prédisposition.

La prédisposition héréditaire n’engendre pas nécessairement la maladie, mais elle donne dixhuit mauvaises chances contre deux bonnes chances ; de telle sorte que, sur vingt enfants prédis-

posés, on en comptera dix-huit qui, dans le cours de leur vie, offriront les signes de cet effrayant héritage.

Parmi les affections morbides qui se transmettent le plus généralement, on cite la phthisie, la gravelle, la splénite, la scrofule et la triste famille des maladies nerveuses : le rhumatisme, la goutte, la migraine, l’hystérie, l’épilepsie, l’aliénation mentale I....

Devant cette affligeante vérité, on se demande si la science et l’art ont découvert un remède,, un moyen, pour enrayer, modifier ou détruire les prédispositions héréditaires, les vices de conformation, les altérations de structure interne, en un mot, l’hérédité morbide. La science et l’art peuvent- ils, aussi, agir assez efficacement sur le physique et sur le moral de l’enfant, pour redresser les directions vicieuses, pour réprimer les mauvais penchants et les passions brutales qui dégradent l’homme et portent le désordre au sein des sociétés ?...

La réponse est affirmative à l’égard des vices de conformation extérieurs : l’orthopédie possède contre ces vices des moyens presque miraculeux.

Quoique la réponse soit moins positive pour ce qui concerne l’hérédité interne, cependant on peut affirmer que la science médicale soutenue par ses auxiliaires, l’hygiène et la gymnastique, peut, jusqu’à un certain point, combattre et terrasser l’ennemi qu’elle poursuit.

Depuis une vingtaine d’années, des observations d’une stricte exactitude, ont fourni la preuve irrécusable que des médecins hygiénistes et gymnasiarques ont opéré, non-seulement des cures fort remarquables d’affections héréditaires, mais qu’en soumettant, dès le bas âge, à un traitement spécial, l’enfant entaché du vice organique de ses parents, ils en ont transformé complètement la constitution. Voici, en quelques lignes, le résumé de ce traitement.

L’hygiène, le régime alimentaire, et les exercices physiques appropriés à l’organe prédisposé ou malade, sont désormais reconnus comme les moyens les plus efficaces et les plus puissants pour arriver au but désiré.

— L’hygiène enseigne à soustraire l’enfant à toutes les influences nuisibles. — Le régime alimentaire est basé sur la connaissance des aliments les plus favorables à la formation d’un chyle de qualité supérieure, et sur les moyens de diriger les sucs nutritifs sur tel ou tel organe.

— Une gymnastique spéciale, c’est-à-dire des mouvements, des exercices appliqués à l’organe ou aux organes prédisposés ou déjà compromis, en modifient la vitalité, de façon à renouveler leurs molécules constituantes.

Les auxiliaires de ces trois principaux moyens sont : les bains de nature différente, selon l’âge et le tempérament du sujet; l’air pur et vivifiant de la campagne, les promenades, les frictions,

les percussions journalières sur toute la surface du corps, la tranquillité du moral; enfin, l’éloignement de toutes les causes qui pourraient irriter ou fatiguer l’organe prédisposé ou atteint de maladie héréditaire.

Si tous ces moyens • échouaient, on aurait recours aux agents thérapeutiques, dont l’action élective sur l’organe affecté est avérée.

.Ce triple régime hygiénique, alimentaire et gymnastique, appliqué intelligemment et suivi avec persévérance, obtient chaque jour de trèsbeaux résultats.

Recommandation essentielle , absolue. — Dans le cas où l’un des époux est atteint d’une affection nerveuse héréditaire, dont les accès reviennent à des époques plus ou moins rapprochées ou éloignées, il est du devoir de tous les deux de s’abstenir complètement de l'acte procréateur, pendant toute la durée de l’accès. Il n’y a aucune objection à faire à cette défense.

Le lecteur comprendra facilement que, pendant les accès de goutte, de rhumatisme, de migraine, d’hystérie, de gastralgie, de pneumotalgie, d’aberration mentale momentanée, etc..., si les époux commettent la coupable imprudence de se livrer au coït et que la fécondation ait lieu, il est trèsprobable que l’être procréé dans ces conditions défavorables, apportera, en naissant, le germe de la maladie de ses parents, ou , pour le moins, une prédisposition à la contracter plus tard.

Donc, la morale et la raison ordonnent aux époux qui se trouvent dans les conditions susmentionnées, de s’abstenir strictement de l’acte conjugal.

SECTION III

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