‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 99 sur 106 · ET · texte numérisé non relu

ET

DES CHANGEMENTS QU’ELLE OPÈRE DANS LE SYSTÈME GÉNITAL DE L’ÊTRE HUMAIN*.

Chez l’Homme.

A cette dernière phase de la vie qu’on nomme vieillesse, l’activité plastique extérieure est beaucoup moins considérable, l’irritabilité nerveuse plus faible, la circulation plus lente ; la nutrition, les sécrétions et autres fonctions de l’économie partagent cette faiblesse générale. — La vitalité artérielle diminue, et, avec elle, la chaleur du corps; c’est pourquoi les vieillards sont frileux. La substance des organes se renouvelle d’autant plus lentement, que les sucs nourriciers arrivent en moins grande abondance dans leur parenchyme.

Toutes les fonctions s’affaiblissent chez le septuagénaire, et, en particulier, les organes de la reproduction. — Les testicules s’amoindrissent, les vésicules séminales se resserrent, les corps ca-

verneux s’élargissent par ramincissement de leurs parois, les érections deviennent.de plus en plus imparfaites, la verge reste mollasse et impropre au coït ; c’est ce qui fait le désespoir de certains vieillards, dont l’imagination s’est conservée libidineuse ; le désir vénérien les assiège et les pousse au devant d’un acte qu’ils ne- peuvent accomplir ; ils ont beau vouloir et s’exciter, l’organe reste

muet Les muscles érecteurs ont perdu leur

force ; — les mailles des corps caverneux se sont élargies au point de ne plus pouvoir retenir la quantité de sang nécessaire à l’érection. Hélas ! c’est fini pour eux.... — Les amours et leurs plaisirs sont les compagnons de la jeunesse; l’âge mûr qui penche à son déclin, les voit déserter peu à peu, — et ils s’enfuient devant la vieillesse

qui les rappelle en vain , ils sont partis... et

sans retour %

Malheur au vieillard qui se nourrit du fol espoir de retrouver sa vigueur génitale ! il perd son temps, qu’il pourrait employer plus utilement. Plus grand malheur à ceux qui sont poussés, par leur imagination libertine, à faire usage des aphrodisiaques, substances incendiaires qui portent d’affreux ravages dans l’appareil gastro-génital, sans atteindre le but désiré. La tombe ne tarde pas à s’ouvrir pour ces pitoyables victimes d’nne passion insensée.

§ II

Parmi les vieillards, on rencontre des organisations privilégiées sous le rapport de la longévité génitale. On cite plusieurs exemples remarquables, entre autres les maréchaux d’Estrée et de Richelieu, qui se marièrent l’un à 84 ans, l’autre à 91, et se conduisirent gaillardement avec. leurs femmes. — Synclair parle d’un fermier anglais qui procréa deux filles à l’âge de 90 et 92 ans. On trouve, épars çà et là, dans les ouvrages de physiologie, plusieurs faits semblables, mais ce sont des exceptions qui n’altèrent nullement la loi commune. Si la nature produit des cas de longévité génitale, elle produit aussi des cas de brièveté. On voit beaucoup d’individus qui , sans êtres infirmes , sans avoir abusé du coït, sont tombés dans une impuissance complète de 35 à 40 ans. Pourquoi les premiers ont-ils conservé leur virilité si longtemps et les seconds l’ont-ils perdue si vite? Ce problème n’a pas encore été résolu.

L’abus des voluptés vénériennes est nuisible à la vigueur génitale, sans doute ; mais, on aurait beau être continent, cette vigueur baissera forcément devant l’âge de 60 ans et se perdra /vers 70 ans. Les rares sujets qui franchissent cette limite, tiennent probablement ce privilège d’une transmission héréditaire. C’est ên vain que les

vieillards dont la virilité s’est éteinte, cherchent dans les aphrodisiaques et les. excitants de tous genres les moyens d’imiter les privilégiés, nonsèulement ils sont déçus, mais ils hâtent le jour de leur destruction.

Chez la Femme.

La vieillesse amène des désastres génitaux trèsprononcés chez la femme : les ovaires s’aplatissent ; les ovules qu’ils contiennent se nonvertissent en petits grains durs, jaunâtres et inertes ; les oviductes s’oblitèrent, la matrice se racornit, son parenchyme se durcit, son col fait, saillie dans le vagin. Le canal vulvo-utérin n’étant plus d’aucune utilité se raccourcit, ses colonnes et ses rugosités s’effacent ; les grandes lèvres s’amincissent, se rident et s’écartent l’une de l’autre, de manière à laisser voir les nymphes ou petites lèvres flasques, plombées et le clitoris flétri. L’érectilité de ces derniers organes est généralement abolie. L’acte vénérien, s’il est pratiqué, exige des frottements longtemps répétés pour obtenir une sensation qui tient plutôt de la douleur que du plaisir. Le désir vénérien, lorsqu’il se développe et persiste, a son point de départ dans l’imagination, autrement dit dans une surexcitation de l’organe cérébral qui correspond à l’amour physique. Cette surexcitation travaille incessamment l’érotomane et la pousse à un acte qui n’est plus de son âge.

L’érotisme , chez la femme sexagénaire, est extrêmement rare et dépend presque toujours, ainsi

que nous venons de le dire, d’une surexcitation du cerveau , d’une imagination dont les ardeurs ne sont pas encore éteintes. Les organes utérinsn’étant plus aptes au rôle que la nature leur avait confié, sont désormais condamnés au ropos ; la faculté érectile est perdue, mais le désir est resté L’acte vénérien , quoique pouvant s’exé-

cuter, ne procure plus l’effet qu’on en attendait. Néanmoins le désir persiste, soutenu par l’espoir d’être satisfait. C’est ainsi que vit, pendant quelque temps, la vieille érotomane, jusqu’au jour où de nouvelles déceptions viennent la convaincre de son impuissance à ^goûter un plaisir dont la source est tarie. Lorsque l’irritation nerveuse , causée par l’érotisme, n’a point lésé le cerveau, les désirs vénériens s’effacent peu à peu , e't le calme succède à -la tourmente. Alors , donnant une autre direction à l’activité de son . esprit, la sexagénaire reporte ses facultés affectives sur ses enfants et ses petits-enfants.

SECTION II

Page 1