‹ La Vénus noireChapitre 3 sur 8 · P-V^XV · texte numérisé non relu

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moire. Enfin , il fit comprendre que l*hornme blanc n'avait jamais reparu.

— Mais, reprit Tinterprète, n'est-il pas mort avant d'arriver dans la tribu voisine ?

— Non, répondit Finfirme, il y est arrivé, et il m*a envoyé plus tai'd, en présent, un bœuf que lui avait donné le roi de cette tribu.

Nous fîmes traduire et répéter deux fois cette réponse, tant elle nous paraissait importante; elle établissait, en effet, que non-seulement M. de Guéran avait pu fuir ses ennemis et continuer sa route, mais qu'il avait été bien accueilli par les Maleggas.

— Et, depuis, tu n'as plus entendu parler de lui ? demanda Nassar.

— Non, fit le nègre.

— Eh bien, dit de Morin pendant que nous rejoig-nions la place où nous avions laissé M""* de Guéran, je commence à croire qu'un jour ou l'autre, aous retrouverons ce cher baron.

— Oui, répliquai -je. Il y a maintenant des chances.

— N'est-ce pas? Mais en même temps que ces

^ipr-^r-y:

véritable plaisir à lui apprendre les bonnes nouvelles

jque nous venions de recueillir.

La nuit était avancée lorsque nous nous quittâmes, après avoir décidé de la conduite à tenir le

[ lendemain.

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€ Une heure après le lever du soleil, le docteur Delange commença ses visites. Les blessés de la veille awent besoin de son précieux concours. De Morin et moi, nous le suivîmes, en qualité de carabins ou d'infirmiers : moins présomptueux que la veille, j Savais renoncé à ma position de sous-chirurgien.

— Messieurs, nous dit Delange, tout en marchanl, je suis d'avis de ne rien perdre de mes habitudes parisiennes. Lorsque j'étais médecin à Lariboisière, je commençais ma tournée par cet hôpital ; mes riches clients ne venaient qu'ensuite. Je vais donc me

rendre d'abord auprès des prisonniers, je d

mes soins à ceux qui ont été maltraités hier, pmi

J*irai panser la jambe royale. Cela vous va-t-il ?

— Parfaitement, répondis-je; nous aurons doute une longue conversation avec Mounza et I autres malades finiraient par s'impatienter.

Les prisonniers avaient été parqués dans grande enceinte, entourée d'une palissade; entiè] ment nus, étendus pôle-mâJe comme un troupeau moutons arrivé à l'abattoir, ils attendaient avec rési gnation les bouchers. Grâce aux précautions nous avions prises, à notre surveillance, on ne leu avait fait aucun mal.

Ils auraient été du reste injustes de se plaindre c; en Afrique, le sort des prisonniers est lerrible, non seulement dans les provinces reculées où nous nous. trouvons, mais sur les territoires relativement crvi lises du Nord. J*ai encore présent à la mémoire unépisode de voyage raconté par Vogel ; Un jour, danaj le Bornou, on conduisit à un chef, dont la tente était voisine de la sienne, une quarantaine de prisonniers^ valides, jeunes, en bonne santé. Le lendemain, il

voulut les revoir, et il s'aperçut avec horreur que ces captifs avaient été, depuis leur arrivée, mutilés à l'aide d'un mauvais couteau : Tun avait perdu la jambe gauche au-dessous du genou, l'autre le bras droit à partir du coude. Ils gisaient sur le sol, attendant que la perte de leur sang amenât une mort qui devait mettre un terme à leurs effroyables souffrances. Trois d'entre eux seulement avaient été épargnés par leur bourreau, mais ce n'était que pour se voir privés de la main droite et renvoyés en cet état dans leur pays, afin d'informer les leurs du triste sort qui les attendait. Sur ces trois mutilés, deux moururent la nuit même, et le dernier fut trouvé le lendemain étendu au milieu de ce champ de carnage, les traits décomposés, l'œil morne et les joues sillonnées par les larmes ; il appelait la mort à grands cris.

Non-seulement Delange ne crut pas devoir se livrer à des mutilations de ce genre, mais il pansa les blessures qu'il n'avait pas faites, remit en place quelques membres disloqués et enleva fort adroitement des pointes de llôche restées indiscrètement

îlients lui surent-ils quelque gré iC prirent-ils pour un chirurgien r? Afin de résoudre ces quest devoir étudier quelques crânes.

m, il avoua que le gorille et le issaient supérieurs aux Domon- )ort intellectuel. Cependant, au charpente du corps, nous recon- » avançant vers l'Equateur, les erablent se perfectionner : les 3rtent sur les Bongos, les Momliams-Niams et les Domondoûs e leurs voisins du Nord.

)ns évidemment, dit Delange, de e qu'on nous a si fort vantée; fin cette Vénus noire, à laquelle lits.

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