‹ La verdure dorée: poèmes. Préf. de Philippe HucChapitre 6 sur 11 · LXVJ · texte numérisé non relu

LXVJ

A Henri Martineau.

Lève le nez, ferme ton livre et ton pupitre.

La flûte de-cristal à la bouciiedu paire

Module sous les fleurs nouvelles et les feuiFles

Un air grave qui fait rougir les jeunes filles;

Kt son souflïe fervent, magnifique et docile

S'épanouit dans la lumière universelle.

Kl le chante la joie et les coHines fraîches.

Le cri des paons, lé vert des bois, le- bruit des ruches^,

I/écarlate des liserons sur les écorces,

Le bleu du ciel, le bleu des yeux, le bleu des sources;

Elle chante,- elle vibre, elle crie, ô nature.

Elle te loue et s'abandonne à ton mystère

Et son âme n'est plus qu'une phrase amoureuse.

Elle vibre et soudairï trop ivre elle se brise

Et, poussière immortelle, au monde elle se mêle.

Douce flûte et mon cœur qui se donne comme elle.

Vous, Carco, Pellerin, Vérane el vous Jean-Marc Bernard, vous qui fumez la pipe et bandez l'arc Et percez sous les bois les tigres et les strophes, 'Lorsque le bleu tabac couvre de ses étoffes Le feuillage où s'éveille un tendre rossignol, N'avez-vous point rêvé d'ouvrir ce parasol Fait de peau de panthère et de plumes d'autruche. Et nus et soulevant le vin dans une cruche De verser aux badauds devant les magasins L'ivresse des coteaux rouges sous les raisins Et de leur faire voir au milieu de la rue Les chiens jaunes et noirs, les bœufs et la charrue, Les geais beiges et bleus et les merles sifïleurs Et sous les becs de gaz un ruisseau dans les fleurs?

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