DEUX LETTRES INÉDITES DE GEORGE S AND A SAINTE-BEUVE
Sainte-Beuve a raconté lui-même, en réimprimant dans le tome Ier de ses Portraits contemporains ses articles sur les premiers ouvrages de George Sand, comment il avait connu l'auteur d'fndiana, au commencement de 1833; comment, en peu de semaines, « une liaison étroite d'esprit à esprit » s'était établie entre eux, et comment madame Sand était arrivée à le prendre « pour confident, pour conseiller, presque pour confes-
seur », dans Ja crise intellectuelle et morale qu'elle subissait à ce moment, « la crise du sixième lustre », suivant sa propre expression.
Sainte-Beuve, à la suite de ces explications, a publié une quinzaine de lettres ou de fragments de lettres à lui adressées par madame Sand en 1833 et 1 834. Presque en môme temps, dans l'appendice d'une nouvelle édition de son roman de Volupté, il insérait une autre lettre très longue et très belle, à propos de ce roman, écrite aussi en 1834 par madame Sand.
Le ministère de directeur de conscience exercé par Sainte-Beuve auprès de madame Sand n'a duré que jusqu'en 1835 et a été remplacé alors par d'autres influences. Mais l'amitié et la correspondance des deux écrivains se sont, avec des intervalles de refroidissement et de silence, prolongées jusqu'aux dernières années de la vie de Sainte-Beuve, de telle sorte que cette correspondance cons-
titue presque un document unique pour l'étude des sentiments et des inspirations successives de madame Sand.
A la réserve des deux lettres qu'on va lire et qui ne sont pas, il est vrai, des moins importantes, les lettres de madame Sand à Sainte-Beuve se trouvent aujourd'hui dans les mains les plus dignes de les livrer à l'impression et de les commenter, dans les mains de M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, l'homme le mieux informé et le mieux documenté, qu'on nous passe le mot, sur les écrivains français de ce siècle.
Dans un article du journal le Figaro1, devenu ensuite l'un des chapitres les plus agréablement instructifs de son récent volume, les Lundis d'un chercheur, M. de Loven* joui a redoublé, à propos de la correspondance dont nous parlonSj la curiosité