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être suivie. Nous le faisons h nos risques et périls.
L'Elat romain est constitué sur des bases qui ne sont point celles des autres Etats. Le chef de FEglise catholique y réside : Rome est le centre nécessaire de l'unité. Saint Pierre a établi son siège dans cette ville et l'a établi pour demeurer jusqu'à la fin des siècles. L'évêquc de Rome est de droit, comme successeur de Pierre, celui à qui appartient la plénitude de la juridiction spirituelle. Or si, depuis des siècles, le pontife est devenu roi, il n'a pas cessé néanmoins d'être pontife.
En d'autres Etats, les concordats ont pu créer une alliance intime entre les souverains temporels et l'Eglise. A Rome, les traités d'alliance sont inutiles : l'alliance des deux pouvoirs existe de fait et de droit.
Condamner d'une manière absolue, dans Rome, l'alliance du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, ce ne serait autre chose que rejeter, sans autre examen, le principe de tous les concordats. Ce serait taxer d'absurdité la conduite de tous les gouvernements catholiques sans exception.
M. About demande si le Pape et les cardinaux se résigneront facilement à n'être que les ministres delà religion, si le Pape voudra devenir « simplement le chef de l'Eglise, renfermant son action à l'intérieur des temples. » C'est demander si lif culte catholique doit avoir, dans les Etals catholiques, une existence légalement reconnue, si les intérêts catholiques sont les seuls dont la société civile n'aura point de souci, les seuls qu'elle ne protégera pas. Car, on ne peut proposer aux catholiques, comme le voudrait M. About, de réunir le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel entre les mains de chaque souverain, sous le fallacieux prétexte de les séparer là où ils se trouvent joints l'un à l'autre, mais seulement pour un territoire restreint placé dans dos conditions exceptionnelles.
L'existence simultanée du pouvoir Spirituel et du pouvoir temporel dans les mêmes mains n'a rien d'incompatible. Elle n'est que l'alliance au degré le plus intime; elle n'est point la confusion des deux choses. Ce n'est pas là un principe qu'il faille rejeter absolument et au plus tôt, quoi qu'en dise M. About, dont voici les paroles: « Je ne « vous ai pas laissé ignorer que les maux qui ac-
câblent trois millions d'hommes ne doivent être attribués ni àla faiblesse du souverain, ni môme à la perversité du ministre, mais qu'ils sont la déduction logique et nécessaire d'un principe. L'Europe n'a que faire de réclamer contre les conséquences ; c'est le principe qu'il faut admettre ou rejeter. Si vous approuvez la souveraineté temporelle du pape, vous devez louer tout, môme la conduite du cardinal Antonelli. Si les indignités du gouvernement pontifical vous
« révoltent, c'est contre la monarchie ecclésiastique qu'il faut vous insurger... Faut-il que nos diplomates recommencent en 1859 le métier de dupes? Un ingénieur français a démontré que les digues élevées le long des fleuves coûtent cher, profitent peu, et sont toujours à refaire ; tandis qu'un simple barrage à la source prévient les plus terribles inondations. A lar source, messieurs les diplomates! Remontez,
« s'il vous plaît, jusqu'au pouvoir temporel des
« papes. »
Cependant, l'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel a pour conséquence inévitable d'imposer au souverain les idées du pontife. En d'autres termes, Pie IX et Charles-Albert, un
Pape et un roi patriotes, ont pu s'unir pour la môme cause, celle de l'indépendance italienne et des réformes au dedans , tandis que le môme Pic IX aurait, plus lard, redouté l'influence du Piémont sous Victor-Emmanuel; du Piémont, dont la situation religieuse est, depuis plusieurs années, l'objet des réclamations instantes et des gémissements du chef de l'Eglise.
D'ailleurs, le Piémont était considéré comme l'allié de la révolution,.
En qualité de souverain, Pie IX ne peut aimer la révolution. En qualité de chef de l'Église, il retarderait avec raison, ce nous semble, d'autoriser certaines réformes, s'il croit que, sous la politique, se cache une hostilité plus ou moins avouée contre le clergé, contre les idées qu'il représente, ou mieux encore, contre les doctrines dont il est le gardien, contre la foi dont il est le dépositaire.
L'idée de réformes est-elle ou paraît- elle une idée piémontaise? Le roi de Rome et le pontife devront se mettre en garde. Mais il n'en serait plus de môme si, favorisant la politique générale du Piémont, elle est ou paraît être surtout une
importation française, un don de la France, ennemie de la révolution et fille aînée de l'Église; si le Piémont lui-même, rallié à la politique de la France, satisfait par un agrandissement de territoire , repousse la révolution et désire de bons rapports avec le Pape au point de vue religieux.
Le Pape-souverain n'est pas chose qu'il faille supprimer, et le Pape-souverain entrera dans la voie des réformes lorsqu'il n'aura plus h redouter les fâcheuses interprétations et le tour de main révolutionnaire. Respectons l'institution de la souveraineté temporelle, respectée par les conventions de Villafranca. N'accusons pas la papauté d'impuissance ou de mauvais vouloir. Mais espérons que l'intervention de la France impériale dégagera de l'idée révolutionnaire l'idée des réformes intérieures, de môme qu'elle a pu séparer de la révolution l'affranchissement national et l'indépendance italienne.
C'est donc avec le Pape, et par le Pape, que doivent s'accomplir les réformes. Mais quelles sont ces réformes? M. About répond : Si vous ne rejetez pas le principe de la papauté unie au