‹ La véritable question romaine, réponse à Edmond AboutChapitre 8 sur 11 · CG · texte numérisé non relu

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ni trop de lumières, ni trop d'énergie pour le bien.

Dans l'étal actuel de la société romaine, les jeunes gens de grande famille qui sont intelligents, actifs, qui se sentent capables d'agir et ne veulent pas s'endormir dans un repos insoucieux, ont bientôt choisi leur carrière. Je ne voudrais pas jurer que cette noblesse laïque accusée d'oisiveté, de nullité, d'ignorance, ne se compose pas, pour une notable partie, de ce que nous appelons en France les fruits secs. Là ou le chef de l'Etat est le Pape, ce n'est pas le képi qui séduit les imaginations ardentes, et, parce que dans Rome la foi catholique demeure toujours vive au fond des cœurs, le clergé recrutera toujours aussi, jusque dans les classes les plus élevées, des jeunes gens pleins d'avenir dont M. About eût proclamé le mérite s'il les eût rencontrés dans le monde, qu'il fustige s'il les aperçoit revêtus du costume ecclésiastique.

« Le prélat est quelquefois, écrit-il, un cadet de « grande famille. Sa maison est de celles qui ont « droit au chapeau. Il le sait. Le jour où il met « ses bas violets, il peut commander d'avance

« ses bas rouges. En atlcndant, il fait sou stage, » prend du bon temps et jette ses gourmes. Les « cardinaux ferment les yeux sur sa conduite, « pourvu qu'il professe des idées saines. Fais « tout ce que tu voudras, enfant de prince, mais « que ton cœur soit clérical ! »

Il ajoute : « La vocation ecclésiastique n*cst « pas de rigueur, mais on n'arrive à rien sans « un bon fonds d'idées rétrogrades. On prend « femme le jour où l'on désespère de parvenir, « Un ambitieux découragé se tue à Paris ; à « Rome il se marie. »

Le prélat peut, en effet, n'être pas prêtre ; il n'est pas nécessaire qu'il soit engagé dans les ordres pour porter ce titre, qui est d'ailleurs honorifique, et ne confère guère d'autre droit que celui de porter des bas violets.

Les prélats ne sont pas les seuls faisant leur stage pour les tribunaux, pour l'administration. Bon nombre d'abbés, — s'il nous est permis de nous servir de cette expression qui est toute française, dans ce sens, — portant le costume de ville des ecclésiastiques (et non la soutane) peuplent les surnumérariats et les bureaux;

Les prêtres abondent moins dans Rome que ne le pensent quelques étrangers. Pour les employés non prêtres, s'ils font partie de cette forte hiérarchie si habilement organisée que voudrait renverser M. Àbout, c'est presque uniquement une affaire d'uniforme.

Supprimez l'habit de ville pour les ecclésiastiques, et par conséquent supprimez ce même habit pour tous les employés non prêtres. Obligez les prêtres à porter la soutane. Laissez, comme par le passé, à l'employé qui désespère de parvenir, la ressource de se marier, et, s'il le veut, de conserver son emploi, sans lui interdire, même en ce cas, l'espérance d'un avancement. Alors, vous vous trouverez en présence, non pas d'une multitude d'ecclésiastiques qui occupent tous les postes dans les diverses administrations, mais d'un personnel d'employés un peu trop considérable, dans lequel chacun songe à se faire jour comme il peut, chacun se remue et s'agite. La réforme, sur ce point, n'est peut-être pas plus difficile que cela.

Que la noblesse, grande et petite, s'occupe des affaires d'intérêt général, qu'elle apprenne à les discuter, quelle acquière l'expérience et les lu-

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