ERNEST VAUGHAN
Souvenirs sans regrets, ( Juven éditeur).
Son talent d'écrivain et son superbe courage en ont fait une des plus nobles figures de son siècle. Qui le nie?
Ce que l’on sait moins, peut-être, c’est qu’à l’héroïsme et au génie, il adjoignit le désintéressement le plus absolu.
A L’Aurore — comme au Figaro — Zola voulut que sa précieuse collaboration fut gratuite. Des trois grands romans qu’il me donna un seul fut payé ce qu'il aurait été payé partout ailleurs. Il repoussa les offres fort honorables, cependant, que M. Gordon-Bennett me pria de lui faire pour des articles qui eussent été princièrement — ou américainement — payés. [Il ne voulait pas que l’on pût supposer que la cause du Martyr de l’Ile du Diable, à laquelle il se donnait tout entier, eût été pour lui la source du moindre profit.
On sait, au contraire, ce que lui coûta la défense de cette cause.
ERNEST VAUGHAN, Gil Blas, 6 octobre 1912.