‹ La vérité sur l'Affaire DreyfusChapitre 3 sur 32 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

huis-clos, rendant public désormais tout le procès. était, Mieux que quiconque, en mesure de lui fournir des documents qu'elle se bornail à falsifier.

Les faits se résument donc ainsi : 1 Nulle charge n'existe contre le capitaine Dreyfus; 2° Il a été accusé et jugé sur des témoignages contradictoires d'experts; 8° Il a été condamné sur ces témoignages, et sur la production d’une lettre secrète, destinée à entraîner la conviction des juges, conviction qui n'existait pas avant.

C'est contre un tel procédé que nous ne saurions trop protester au nom du droit et au nom de Ja justice. Nous ne pouvons pas admettre un fait semblable, si contraire à toute équité. Si nous l’admettions, ce serait la liberté de chacun compromise, livrée sans défense à un ministère public et au besoin à un gouvernement. Quel que soit l’accusé qui comparaît devant des juges, 1l faut qu’il ait des garanties ; la plus élémentaire n'est-elle pas que toutes les pièces de son dossier lui soient soumises, afin que [ui et son défenseur les puissent discuter. I est inadmissible qu’on lui dérobe des documents si graves et qu'on le condamne grâce à eux, sans lui donner les moyens de les réfuter. Sur

un tel point, il ne devrait y avoir qu’un cri.

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