‹ La Vérité sur la question d'Orient et sur M. ThiersChapitre 3 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

par le cabinet nouveau, me semble être le seul que la France pût suivre après le traité de Londres ; cependant ce n'est pas là un état normal , et je reconnais que ce système entraine après lui les plus graves inconvénients ; mais , à moins d'imprudence, nous n'étions ni ne sommes encore libres d'en adopter un autre. L'alliance anglaise, que nous avons eue pendant dix ans, est décidément rompue, et, quant à moi, la rupture de cette alliance ne m'inspire aucuns regrets ,, mais, jusqu'à ce que nous puissions en faire de nouvelles , ou que nous soyons rentrés dans les conseils de l'Europe, ne devons-nous pas être sur le qui vite, prêts à prendre les armes contre toute puissance qui tenterait de s'agrandir aux dépens de la Turquie ?

Si de la question des faits accomplis nous passons à celle des faits à venir, je ne vois qu'embarras et difficultés. La politique traditionnelle et nationale de la France, c'est le maintien de l'équilibre européen par le maintien de l'empire ottoman. Depuis plusieurs siècles les sultans sont en eflèt les plus fidèles alliés de la France, et nous ne saurions trop nous rappeler que leur alliance a commencé à une époque où nous étions faibles, tandis qu'ils étaient forts et puissants. Nous ne saurions oublier, sans être ingrats, cette longue amitié qui a uni les deux pays, et que la malheureuse bataille de Navarin même n'avait pu rompre ; nous devons donc tout faire pour sauver cet empire. Mais peut-il être sauvé? telle est la question pratique sur laquelle l'Europe aura probablement à délibérer dans quelques années.

Si, comme je le crains, il n'y a plus de chance de vie dans cet empire, si la race des Osmanlis a fait son temps, nous devons nous préparer à prendre une part active aux événements qui surgiront inévitablement dans cette partie du monde, et, dans cette hypothèse, nous ne saurions apporter trop de soins à notre organisation militaire. — Telle est, en définitivo, la conclusion à laquelle arriveront inévitablement les personnes qui se livreront à l'étude de la question d'Orient.

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