CHAPITRE fîINQl'IRMR
qui jurn de s'y conformer. Tous les hauts fonctionnaires civils et religieux > tout le corps diplomatique et une immense population assistèrent à cette imposante cérémonie. fteschid-Pacha, ministre des affaires étrangères, principal promoteur de cet acte , était plus spécialement sous l'influence de lord Ponsonby; et s'il est vrai, comme on le prétend , que cet ambassadeur ait contribué à faire faire ce grand pas à la réforme, tous les amis de l'humanité lui doivent de publics remerclments.
Lacté du 3 novembre est fort libéral : il proclame t égalité devant la loi> et conséquemment abolit l'aristocratie de la race des Osmanlis ; il donne des garanties pour la vie, pour l honneur > pour la jortxvne des citoyens, et abolit la confiscation même pour les criminels \ il promet des formes régulières pour la levée des troupes , pour la perception des impôts y enfin il annonce une loi rigoureuse contre le trafic de la faveut et des charges. Cet acte se termine ainsi : « Ces con- » cessions impériales détendent à tous mes sujets , de » quelque religion ou secte qu'ils puissent être : ils en » jouiront sans excèption. » Ces promesses n'ont pas été vaines , elles s'exécutent ; plusieurs pachas ont été destitués pour les avoir violées, et, chose étonnante, c'est la Turquie qui donne à l'Europe le premier exemple d'un ministre dirigeant poursuivi et condamné pour avoir violé la loi. C'est ce qui est arrivé à Khosrew; ce grand visir a été destitué, jugé et condamné comme concussionnaire. Je crois toutefois devoir signaler une lacune importante dans le hati-chérif de Gui- Khané : les étrangers ne peuvent pas acquérir des propriétés en Turquie ni même en exploiter sous la garantie du droit commun. On s'est ainsi privé de l'un des moyens les plus actifs d'européaniser la Turquie.
Le9 février, M. Guizot fut nommé ambassadeur à Londres en remplacement du général Sébastiani. Le dernier acte du général Sébastiani fut de demander quunpléni-
potentiaire turc Jàt admis comme partie contractante h la conférence de Londres. Le 28 janvier une dépèche de cet ambassadeur annonça que le cabinet anglais avait adhéré à l'unanimité à cette proposition , et M. Thiers a dit à la tribune que dans cette circonstance l'ambassadeur de France avait rendu un véritable service au pays.
Les instructions qui furent données par le cabinet du 12 mai à M. Guizot sont du 19 février 1840 , c'est-àdire de la veille delà chute de ce cabinet. M. Guizot, retenu à Paris par cette nouvelle crise ministérielle, ne put partir que le 26 février, et il arriva à Londres en même temps que le cabinet du 1" mars se constituait à Paris. Voici un extrait de ces instructions du 19 février, n°,42. « Nous pensons que l'on ne saurait obtenir moins pour » Mehemet-Ali que l'Egypte et la Syrie héréditairc- » ment, jusqu'au mont Amanus; car il résisterait d'une » manière désespérée s'il fallait qu'il cédât davantage. » Le cabinet de Londres croit que la Turquie ne sera » bien assise que lorsque Mehemet sera refoulé en » Egypte, et il regarde comme indubitable la prompte
» soumission du pacha aux injonctions de l'Europe
» Telle est la difficulté de la position. Nous sommes loin » de prétendre qu'il ne peut pas se présenter quelque » combinaison heureuse dans laquelle on trouverait » un moyen de transaction ;si elle s'offrait à nous, sans » nous laisser rebuter par le peu d'accueil fait à nos pré- » cédentes démarches, nous nous empresserions de le » communiquer au cabinet de Londres : dans le cas » contraire où elle viendrait de lui, nous l'examinerions » avec loyauté, avec bienveillance et avec un désir » sincère de la trouver acceptable; vous pouvez en don- » ner l'assurance à lord Palmerston. » Tel fut le dernier acte du cabinet du 12 mai dans les affaires d'Orient.