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LA QURéTON MÉTISSE : J 111
Aussi son nom était terrible dans le Nord-Ouest, car il avait donné maintes preuves de son courage, et sa famille était une famillé de guerriers. Ïl avait, par droit. d'élection, succédé, comme chef de la nation. à Pierre Gariépy, qui avait remplacé dans cette haute ‘position, le père Dumont, et, à plusieurs reprises, lés lantorités avaient eu occasion de constater sa franchise et son
autorité, mt j- | Les Métis, de leur côté, avaient une grande confiance . dans ses conseïls, qui étaient donnés après mûre ré-
flexion et avec calme. jo. /
“ Sur la Branche-Sud dé la Saskatchewan, dit/Riel, s'étaient fixés des Métis canadiens-français. Leur colonie datait de 1868, : Elle s'était fondée nombreuse d'environ 200 familles.” … “ Dans cette colonie existait le gouvernement Métis, dont la Confédération ne pouvait devenir dépositaire que par le con. sentement des gens. Parce que ce consentenient n’a été ni demandé, ni donné, le Conseil des Métis de la Saskatchewan et leurs lois de la prairie ont continué d'être le vrai gouverne. ment et les vraies lois de cette contrée ét'le sont encore vir- / tuellement aujourd'hui.” ps | ° “ À Jour tête était'un . homme dévoué, toujours prêt à rendre / service,- hospitalier, affable, un cargctère loyal et franc. qu'il 4 faisait bon d’avoir pour ami; un chasseur renommé dans tout Î le Nord-Ouest, un’ voyageur capable, mais aussi un guerrier terrible à rencontrer, noble à émouvoir. Les Pieds-Noirs J’ont connu intrépide ét vaillant, -Les Cris l'ont respecté dans la. . guerre et aïmé dâns la paix." 7! Î “ Sa réputation est assise depuis longtemps au milieu des tribus qui sont/aux pieds des Montagnes de Roche, dans les ./ rairies, sur les bords de la Rivière Rouge, au delà des lignes, .' epuis les sources de la Rivière au Lait jusqu'au bas et le long / ” du Missouri, un des hommes les plus chevaleresques du Non.
veau-Monde, #L. Gabriel Dumont, mon parent." | !
Après que le Canada se fat emparé du Nord-Ouest, il a eu aussi la précaution de traiter avec les Sauvages et de leur accorder un simulacre de droit, et en 1872, il sigra avec eux des traités à Qu’Appelle ; mais les
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Métis restèrent ignorés, et quoique en l’année 1870, la Puissance mit à part, pour les Métis du Manitoba, le septième des terres qui leur avaient été octroyées, les
< Métis du Nord-Ouest furent ignorés dans cette concession.
En 1877-78, les Métis commencèrent à envoyer des pétitions qui furent méprisées. Pourtant elles ‘étaient appuyées par tout ce qu'il y avait de respectable. Le clergé fit d’inutiles représentations pour que les Métis
du Nord-Ouest eussent une juste compensation pour .
leurs terres.
“ Cependant ces terres, comme le dit Riel, leur appartenaient une fois par le titre. indien, deux fois pour les avoir défendues au prix de leur sang ; trois fois pour les avoir bôtiés, cultivées, clôtarées, travaillées et habitées,” .
À bout de patience, les Métis s adressbrent à à Gabriel Dumont pour savoir quelle conduite ils devaient tenir vis-à-vis le gouvernement. Il hésita longtemps à leur
“ dire sa manière de penser. -Enfin en 1884, lorsque les Métis assemblés chez Charles Nolin, à 6 milles de St- Laurent, Ji aemiendèrent quelle attitude ils allaient
:- prendre, il léur répondit que depuis douze ans il épiait les allures du gouvernement, et qu’en prévision des événements futurs, il avait engagé les tribus à.5 unir dans une paix commune.
Il leur dit que son dessein était d'aller voir Louis.
Riel qui seul pouvait leur faire connaître l'é tendue de leurs droits, et les promesses faites aux délégués en 1870.
It fut convenu que six d'entr'eux décidersient la question, savoir : Charles Nolin, Maxime Lépine, Michel Dumas, William Bremner, Baptiste Boucher et Gabriel Dumont.
Den smntgur once pie cena
Un soir de mars 1884, tous décidèrent d'envoyer des. délégués auprès de Riel, mais il fut résolu que préalablement on convoqüerait urié'assemblée des Métis français chez Abraham Montour; ce qui: fat fait”
- Ne voulant agir qu'après mûre réflexion on convoqua une autre assemblée des Métis anglais en face de chez Maxime Lépine, qui tenait alors. une traverse sur la Saskatchewan.
. À ces assemblées, plusieurs Métis français et anglais prirent la parole, entr'autres : Andrew Spencer, James Isbister, Charles Nolin et Gabriel Dumont. \
On-résolut de marcher ensemble pour revendiquer
‘les droits des Métis, compromis même. par le retard . qu ‘on avait apporté pour les faire valoir. | * ‘Une assemblée générale fut arrêtée, et elle eut lieu chez le père de Gabriel Dumont qui demeurait à un “ mille de St-Laurent. | | | * L'assemblée, composée des Métis français et anglais, était très nombreuse. * Andrew Spencer, Métis anglais, exprima alors l'opinion qu'un seul homme pouvait leur faire connaître la politique des années précédentes, et que celui à qui ils pouvaient le plus sûrement confier leur cause, était Louis Riel.
Tous unanimement désignèrent Louis Riel comme la personne capable de les éclairer en pareille circonstance, et Charles -Nolin, entr'autres, proclama que de
“tous les hommes politiques parmi la nation métisse, Louis Riel était celui qui entre tous, s'était lé plus efforcé de protéger leurs droits.
Aussi l'assemblée décida-t-elle de, prier Gabriel Dumont et James Isbister, de se rendre auprès de Louis Riel, qui était alors à la mission de St-Pierre,. dans le Montana, à 14 milles du Fort Shaw où il céseignait :
Le ee de eee en OU
l'école aux petits enfants, sous la-direction des Révérends P.P. Jésuites. __Lacmission de St-Pierre était à près de 700 milles dè St-Laurent.
Les deux délégués, accompagnés de Moïse Ouellette,
. beau-frère de Dumont, et de Michel Dumas, partirentle:
18 mai, et se rendirent auprès de Riel, le 4 juin.
Ce voyage n'était pas sans danger. Il fallait traver- ,, ser monts et ravins, praities et rivières, et surtout
. passer à travers les tribus sauvages qui ne sont pas
toujours de bonne humeur. Et le gouvernement, avait
signifié à Dumont que s’il allait voir Riel, il serait
emprisonné. Cette signification ministérielle ne fut peut-être pas étrangère aux difficultés que les ambassa-. deurs métis rencontrèrent sur leur route.
"Les délégués rejoignirent,nchemin faisant, | Calixte
©. Lafontaine et Philippe Gariépy qui, eux, allaient voir
leurs parents à Lewiston, dans le Montana.
Les Assiniboines et les Gros Ventres voulurent exiger des droits de ‘passage des voyageurs ; mais ils
‘ durent céder à l'audace de Gabriel Dumont, qui leur fit
comprendre l'injustice de leurs prétentions. .Il n’y eut que les menaces du gouvernement américain qui purent empêcher La Petite Tête Blanche, leur chef, de leur:
causer de grands embarras.
La petite troupe traversa cette plaine de k 00 milles en passant par le Fort Assiniboine, dans le Montana, le Fort Belton, dans le Missouri, et le: Fort Shaw, sur.
‘la Rivière au Soleil. ,
Arrivés chez Riel, un jour de semaine, ils n'y trouvèrent que sa femme et £es enfants, car il était à la messe. Quelqu’nn l'ayant avetti de larrivég-des délégués, il”
“sortit de l’église pour leur souhaiter la bienvenue, leur’
dire: de dételer leurs chevaux, et il rentra de: nouveau. à l'église.
Lors ‘de cette entrevue, Riel se rappela confasément avoir connu Gabriel Dumont en 1869, à St-Boniface, .
©” danñ&-le Manitoba.
… # Ce doit être pour de grandes affaires que vous venez de si loin, leur a-t-il dit, allez dételer vos chevaux, moi je vais continuer d'entendre la messe, J'irai ensuite vous rejoindre.”
Le récit du voyage de cette délégation à travers la prairie, cette entrevue avec Riel, racontée par Dumont, qui n'oublie pas même le nombre de coups de fusil qu'il’ a tirés en route, ressemblent singulièrement aux récits bibliques où les patriarches envoyaient loin, bien loin, quelques-uns des leurs, négocier des alliances ou des entreprises “considérables. :
" L'importance du personnage que l’on allait consulter, ‘
.sa vie modeste et ses réponses mystiques, nous rappellent ces hommes des temps antiques qui rendaient de si sages oracles sous leur tente. |
-- Après la messe, Riel reçut des mains des délégués la
- demande écrite des Métis. ’
‘Comme vous êtes quatre, il est de bon augure que vous arriviez ici le quatre du mois. Mais comme vous venez en chercher un cinquième, permettez que je ne vous donne Ta réponse que le cinq.
En effet, le lendemain il répondit que depuis quinze ans il avait donné son cœur à son pays, ‘et-qu'il n'hésitait pas à acquiescer à la demande de ses compa- triotes. Il réclama huit jours cependant pour mettre À ordre à ses affaires, au bout desquels il partit en effet, en leur compagnie, avec sa femme, son fils et sa fille. | Comme pour aller, la caravane évita de passer pär
‘les postes mihtaires, et elle. traversa l’espace dans la .
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do mere mere Lun nager
prairie, à l'insu des agents du gouvernement. Philippe Gariépy, chargé des papiers les plus importants dont Riel était en possession, pritilés devants le premier,
avec ordre de jeter dans ‘les foins les précieux docu-
% ments, s’il se voyait pouisuivi.
: Après maintes fatigues et. -plas d’un danger encourus, les pélerins arrivèrent à Batoche, après vingt-deux jours de marche. Ils furent accueillis à dix milles de là par
"une foule de Métis, avertis par une estafette de leur
arrivée. -À la tète de cette. foule marchait le vieux Dumont, chez qui ils campèrent ainsi que chez. ses voisins. Le lendemain Riel parla à cette foule assemblée
dans l'église de St-Antoine de Padoue, que leur prêta
le Réy -æère Moulin, pour la circonstance.
Sor' discours fut loin d’être séditieux : ilrecommanda .
àses amis de patienter, d’être paisibles ot d'employer
La
les moyens : constitutionnel pour. réussir à obtenir pour eux;eles mêmes droits qui avaient été accordés aux Métis de Manitoba. Et ces moyens, c c'était les
… pétitions ee :
Ça été d’ailleurs la conduite constante de Riel, partont
où il a adressé la parole. À Prince Albert, où il y avait
une assemblée de 600 Métis, français et anglais, il y a parlé dans les deux langues, recommandant la modération, et suggérant comme moyen pratique et efficace
|: le mode des pétitions.
“En cette occasion, J ackson et plusieurs autres Anglais
‘prirent la parole pour appuyer ces avis autorisés à -
‘revendiquer leurs justes droits,
Aussi les Anglais farent-ils les premiers à “proposer une souscription pour ‘soutenir cet apôtre national, qui .
‘avait tout abandonné, afin qu'il put exclusivement
8” occuper de leurs réclamations, Et les Métis s'inscri- : LS]
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