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| té | LA QUESTION MÉTISSE ur -
virent pour Jui fournir, les uns des vivres, les autres de l'argent,
L'été se passa ainsi à faire toutes les semaines ‘des assemblées, tantôt chez les Métis anglais, tantôt chez
. les Métis français,
A Yautomne la population assigna comme résidence .
à Riel, la maison d'école située à Batoche, et Gabriel .
Damont fut désigné pour le protéger et pourvoir à sès besoins. Pendant tout l'hiver on fit des assembléès où
© l'on faisait signer des pétitions. Le Rév. Père André en
‘a signé, et le gouvernement fai a fait dire alors de ne pas tant parler.
Les choses en étaient là, quand, au printemps de 1885,
Je 18-mars, un nommé Clarke, de la compagnie de la Baie d'Hudson, passa à Batoche, venant du Manitoba. Il demanda aux Métis s'ils faisaient encore des assem- ’blées, et sur leur réponse affirmative, il anrionça qu ‘ils
cesseraient bientôt des’agiter, carilarrivait ‘500 hommes’
de la police montée, pour les faire taire, ajoutant qu’ils :
‘apportaient pour réponse à leurs requêtes des chaînes
‘ pour jeur chef et des balles pour les membres de leur
: Conseil, et que les Métis auraient sous peu de leurs
nouvelles, vu. qu'il les avait rencontrés sur le route de Humbolt.
. C'est ainsi qu’au Nord-Ouest on entendait le droit de s’assembler et de pétitionner.
Sur cette nouvelle on délibéra pour savoir si on allait
se taire ou résister. re
L'assemblée composée d’'Anglais et de Français décida
à l’ananimité, de soutenir Riel et Dumont, que l'on :
proclama, l’un chef militéire et l’autre c olitique dela nation. Ils n'ignoraient pas ces hommes patients Ja gravité de leur décision, et l'importance d’une résis-
“tance au gouvernement ; maïs il est des doses d'injus-
tice qui font bondir les cœurs les plus calmes,:et comme
ces grands lacs limpides que les autans agitent jusque
dans leurs eaux frofondes, J'âme de ces gens paisibles se troubla et perdit sa sérénité.
Ainsi que le dit Riel :
“La patience hamaine h des timites, et lorsqu'un despotisme
est sans Fbornes, il faut bien chercher à cogner sur les doigts de la main qui l'exerce” - ;
Ce fut, ‘certes, un moment bien solennel que éelni :
d’un peuple opprimé se dressant dans sa fierté offensée etse révélant à lui-méme pour respirer un peu de
. liberté. Le sorten était jeté : il fallait prendre les armes.
Riel étonné de tant de persistance de la part du gouvernement à refuser de répondre aux pétitions, et .ne pouvant s'expliquer un tel entêtement, s'imagina que
c'était peut-être sa présence parmi les sieñs qui nuisait à leurs droits. Aussi leur fit-il comprendre que si sa présence au milieu d'eux devenait nuisible à leurs “intérêts, le mieux qu'ils eussent à faire dans ce cas, était de le daïsser retourner au Montana. Sur leur refus. 7 unanime, il consentit à rester, et là ils s’engagèrent tous à résister énergiquement et à mourir les armes à la
- main.
Chose singulière, Gabriel Dumont, qui seul né dépoia, |
jamais les armes devant l'Anglais, fut le'dernibr à coûsentir à la résistance que rendait inévitable les paroles injurieuses et blessantes de Clarke.
“Ts seront clair-semés, a-til dis, ceux qui front jusqu'au “bout; puisque vous le voulez, j'irai, mais malheur à ceux qui ne nous Suivront pas, car d'après ls loi des Métis, ils seront fait prisonniers.”
‘ On pont nous maltraiter et nous voler, ajonta-t il, mais
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«pour faire prisonnier notre chef, arracher notre vie et celle
e nos familles, nous n'y consentirons qu'au moment où les forces nous auront abandonnés, et que le Cœur aura à cossé de nous' battre dans la poitrine.” ,
Al suite de cette suprême résolution, on se rendit en armes chez Norbert Delorme, dont la maison fut convertie en forteresse. Un. agent.du gouvernement vintàèp ec un interprète qui parlait Cris.
— Arrêtez, dit Dumônt, nous prenons les armes çontre le gouvernement. Je vous prends prisonnier. s
— Et nos chevaux ? «
— Nous aHüps nous en servir...
Un autre espion anglais passe.
—D'où venez-vous, dit Dumont ? 2 .
— 1 n’est pas nécessaire que je vous le dise.
—Etes-vous avec nous ? “
—Je ne veux pas me mettre dans de mauvais draps.
| —J e vous fais prisonnier. Rentrez là.
Et mon cheval ?
—Prisonnier aussi.
LT e viens de chercher des médecines.
—Donnez-les moi, je vais les envoyer porter à desti-
ation. - :
Trois heures après, les prisonniers. étaient installés chez un nommé Gareau où se tenait le Conseil, qui : obtint la permission de Toger dans léglise les Métis et les nr au nombre de 350, ainsi i que, les prisonpiers.
: Mitchell, qui tenait le magasin de Stoberd, au Lac BUX Canards, ët Thom. Mackay, Métis anglais, yenaient souvent épier c ce qui se passait parmi les Métis. Mackay -
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dit un jour en présence de Dumont: je sais que Gabriel .
a été trompé, et qu'il se fait mener.
# Je n'ai pas d'in instraction, c" c'est vrai, réplique celui-ci, mais j'ai en moi un gang que vous n'avez pas, ce qui vous empêche d'agir comme vous le devriez, vous, Métis. Vous pouvez remercier Mitchell, qui s'est toujours montré notre ami, si vous partez d'ici.”
Riel, en cette circonstance, semble avoir perdu deson ‘sang-froid ordinaire, en disant'à Mackay qu'il n'avait pas dans les veines une cuillerée de sang généreux.
Mitchell et Mackay sont alors partis pour Carlton, où se tenait le capitaine Gagnon, avec une centaine d'hommes de la police montée. Quand ils sont passés à Batoche ils dirent à un Métis qu'ils rencontrèrent :
“ Ça parle bravemènt- des Métis français, mais on va venir et on va voir ce que c'est que des hommes.”
Avant leur départ il avait été convenu que deux dé-
légués métis iraient rencontrer deux délégués anglais :
au Lac au* Canards, pour leur faire connaître la décisior du Conseil.
- C'est en conséquence de cette entente! que Maxime .
Lépine et Charles Nolin, remirent à Thom. Mackay et au capitaine Moore, une lettre du Conseil des Métis, déclarant qu'ils entendaient résister aux empiétèments - du gouvernement, |
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