‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 29 sur 77 · LA SUR L LA ‘ « LES" ACCUSATIONS PORTÉES. CONTRE RIEL · texte numérisé non relu

LA SUR L LA ‘ « LES" ACCUSATIONS PORTÉES. CONTRE RIEL

Pour se faire une idée de l’animosité et de la rage,avec Jesquelles on s’est attaqué, tant dans la presse que dans les Communes, au caractère‘et à la réputation de Louis Riel, il faut en avoir été le témoin.

Vivant, il fut en butte aux calomnies les Dis odieuses, et quand il eut été lancé dans l'éternité du haut de l’infâme gibet de Régina, ses ennemis n’en continuèrent pas moins à soniller sa mémoire avec le venin de l'injure et dél’insulte, Fidèles à la consigne, obéissant au mot d'ordre, les reptiles du gouvernement s’ingénièrent, à qui mieux mieux, pour trouver le moyen d’amoindrir et de rapetisser la personne du chef métis, lui déniant les qualités viriles qui l'avaient toujours distingué, et le montrant à la population de notre pays, comme un être sans foi, sanS principes, lâche, vénal, cruel et sanguinaire. -

Par cette conduite, ils réussirent pendant un temps à détourner lattention publique surexcitée: à l'extrême par latrahison du ministère, et la cause métisse ellemême ressentit le contre-coup des accusations accumu-

lées sur la tête de celui qui l'avait si généreusement personnifiée.

Aurait-il été prouvé que Riel était coupable de tous les crimes dont on s’est complu à le charger, que la question métisse n'eut pas moins représenté, devant T oinion publique, un principe de vérité et de justice.

‘ On pouvait vouer à linfamie la vie et les actes de Riel ; mais par contre, il étaït.impossible de méconnaî-

tre la justice des réclamations des habitants de la Sas-: katchewan ainsi que de nier lapathie, la négligence volontaire et criminelle du gouvernement à leur égar

Par amour et respect pour la vérité, j'ai déjà, days mon “ Etude sur la question métisse,” démontré ce Ait d'une manière élaire, évidente et indéniable.

Animé du même sentiment, et ne pouvant oublier ce que l’on doit à la mémoire d’un homme qui a poussé l'héroïsme du patriote jusqu’au sacrifice de sa propre existence pour la revendication des droits de 54 nation, je vais entreprendre la réfutation des trois principales accusations lancées contre Riel par les Fi dinistres da cabinet d’ Ottawa et leurs séides dans la presse.

: On a dit, lors de son procès à Régina,/qu'il était, en ‘1885, an récidiviste dans le crime de/haute trahison, - par le fait qu'il s'était révolté contre V'autorité en 1870, et que, comme tel, malgré l’amnistie qui lui avait été accordée, il devait subir le châtimént dû à ce crime et aux autres qu'il avait commis depuis.

Au nombre de ces derniers sé trouvait le meurtre de Thomas Scott, arrivé au Manitoba en. 1870, et dont on l’accusait d’avoir été l’auteur.

À Vaide de cette première accusation, à partie double, on comptait raviver le fanatisme protestant, réveiller les haïnes assoupies des loges orangistes, activer les rancunes de race, et sgus ce triple rapport on obtint un succès complet.

La seconde acc ation avait trait à sa vénalité en ayant cherché à Yendre les intérêts de ses compatriotes, pour une certaide somme d'argent, celle de $35, 000.

. Le fait éta ge Riel passait aux yeux des siens

sur les sentiments de “leurs frères, dans: Jear propre intérêt personnel. pe

Son caractère public se trouvait souillé à jamais, et . tous les mérites de ses dévouements antérieurs, de ses ” sacrifices anciens et nouveaux, disparaissaient pour faire place à un sentiment de répulsion et de mépris.

La troisième accusation se rapportait à son caractère cruel et féroce. | À

On disait qu'il était l’auteur du soulèvement des tribus sauvages du Nord-Ouest, qu'il les avait incitées au pillage et au meurtre, et comme conséquence il était tenu responsable du massacre des denx missionnaires catholiques, les R.R. Pères Fafard et Marchand, tombés

sous les coups des guerriers de “Gros-Oars, au lac “ La Grenouille.”

Récidiviste èt meuitrier de Scott, vénal, md et sanguinaire, tels étaient Îes trois chefs d’accusations que des plümes et des bouches intéressées lancèrent aax quatre coins de ja confédération canadienne, espérant que le monceau de calomnies atroces et odienses:

entassées sur la tête du malheureux chéf de la nation.

métisse, allait faire onblier aux patriotes et aux honné-

tes gens, la turpitude, la lächeté et la froide cruanté * du cabinet d'Ottawa.

Avaient-ils le droit de comptersur un pareil résultat, ces défenseurs du trône et de l’autel ? Prenant à partie les trois accusations dans leur ordre : respectif, nous

allons examiner et voir, si la vérité historique sur les.

événements de 1869-70, les documents publics,les pièces

officielles, les témoignages assermentés, les mémoires

et les déclarations des autorités, les confirment ou les démentent.

ke

en

TT

Page 1