‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 31 sur 77 · AC · texte numérisé non relu

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196 “ TÜDE SUE : -

* L'hon. secrétai d'Etat, J. À. Chapleau, ne saurait la contester, car c'est en réponse à ces questions que les déclarations assermentées que nous allons lire ont été faites. Une convention de tous les habitants du territoire étant assemblée pour former, après le cessation d'existence du gouvernement McTavish,—aboli de facto par la proclamation MacDougsll,—nn gouvernement provisoire, l’on décida de s'assurer, en s'adressant au - gouverneur McTavish, s’il avait, lui qui ne gouvernait plus, quelque prétention de le faire ou de retenir encore son autorité. | ‘

Une délégation composée de quatre membres Jai fat - envoyée. °

L'un d'eux, F. X. Pagé, représentant la division élec- ”torale de St-François-Xavier Est, raconte ainsi sous serment, l'entrevué de la délégation composée de MM.

* John Sutherland, John Fraser, A. Lépine et de Tui-

même, avec le gouverneur MeTavish: + . ce

“ML Sutherland prit la parole, dit-il, pour lui exposer le but de notre visite, 1

“ Tout d’abord, il lui demanda si le gouvernement d'Assiniboia

tivement,

“Et vos pouvoirs,que sont-ils ? ajouta M. Sutherland. “Ne vous occupez plus de moi, répliqua M. MeTavish, je suis Commé un homme mort; travaillez dans l'intérêt de la aix. ‘ “ Finalement, M. Sutherland lui demanda s'il ne se opportun d'organiser un gouvernement provisoire,

“existait encore, À cette question, M. McTavish répondit néga-

“Et M MeTavish répondit; Mon-seulement La chose est 0p- ' Car sans cela, nous naurons .:

portune, maïs de grâce faites-le!

jamais de paix dans le pays. .

‘* Ces déclarations, ajoute le témoin, étaient assez explicites,

et lorsque la convention en fat instruite, elle adopta notre ra

port, puis établit lo gouvernement provisoire et nomma Louis el comme son Président, ” . -

rait,.pas -

Mais que dit à ce sujet, M. Sutherland, aujourd’hui membre du Sénat à Ottawa? Interrogé par M Chaplean, il déclare sous serment :

.# Qu'il était l'an des délégués de la convention de janvier 1870, et l'un des membres de da délégation chargée d'entrevoir le gouverneur McTavish. | DT

“ On lui demande quel était le but? il répond: Nous vou- Jions savoir si. M. MecTavish se considérait encore comme gou-

- verneur, et s'il entendait exercer ses pouvoirs en cetts qua- “lité, NS “ Les membres anglais de cette Convention ou de l’assemblée, désiraient se renseigner sur Ce point avant-de reconnaîtré Riel comme président. Le

# I] s'agissait de constater si la Compagnie de la Baie d'Hud- ;

son abandonnait a gouverne des affaires du Nord-Ouest. # … # La question fat posée sans ambages, par moi ou W. Fraser au gouverneur MeTavish, qui nous répondit : formez un gouvernement, pour l'amour de Dieu ! car je n'ai plus ni pouvoir ni autorité.” : ‘

À part ces deux témoignages importants, il en est . encore un autre non moins véridique à ce propos et qui par la position du témoin, revêt un caractère de d’authenticilé indiscutable. . |

C’est celui de Mgr Taché, archevêque de St-Boniface.

À la question de M. Chapléan: ;

Vous dites, Monseigneur, que vous avez eu des entrevues avec le gouverneur Mefavish ? Sa Grandeuÿ répond: “ Oui, et il reconnut l'existence du gouvernement prenisoire. va que la . proclamation du lientenant-gouverneur MacDougall, qu'il avait d’abord cru légale, l'avait forcé de renoncer à s0n autorité. “<#Tt comme il n'existait pas d’autre gouvernement que le

Provisoire, lors de l’organisation de celui-ci, M. McTavish conseilla de le consolidér pour maintenir l’ordre.”

Non-seulement, M. MecTavish conseilla à la population d’obéir au gouvernement provisoire, mais sa con-" - fiance dans le nouvel ordre de choses établi, fat telle qu'il fit même des démarches pour lui prêter, et de fait

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ce

lui prêta de fortes sommes d'argent, prises sur le trésor. de la Compagnie de la Baie d'Hudson. :

C'est ce que nous dit encore Mgr Taché, qui, au soutien de son affirmation, produit;même ‘une lettre à son adresse, venant de M. MeTaviéh. L

« M, MoTavish m'a parlé alors d’une proposition qui lui était

faite par le gouvernement provisoire : il s'agissait d'unemprunt Se d'argent et d'autres effets appartenant à la Compagnie dela ©: Baie d'Hudson.” - . ;

Et le 18 mars 1870, il m’adressa la lettre suivante :

. . “Forr Garry, 18 mars 1870. LE # MOnNSEIGNEUR, N : .

“ Je n'ai pas encore vu le président Riel,.et je désire vivement savoir s’il se tient à distance, jusqu’à ce que je lui écrive, ou s'il attend qu'il ait le loisir nécessaire pour m'écrire. . “ Dois-je lui écrire et‘lui demander de venir me voir, vu que j'ai depuis longtemps pris une décision sur le sujet dont j'ai

| conféré avec lüi, lors de notre dernière entrevue ? Je sais que je

l'ai offensé en lui demandant de venir me voir, et je ne désire pas le blesser, En même temps, aucun sentiment de vanité dé. |

” placée, ne saurait m'empêcher dedui en faire la demande main-

tenant. “L’expression d'un simple désir de me mettre en communication avec lui ou non suffira, mais .je préférerais consentir personnellement à l'emprunt, ainsi qu’on l'a pensé d’abord, et j'aimerais en même temps, lui parler des communications avec le n

fort Ellice et d’autrés postes.

:“ Je trains qu'il ne vous soit difficile de comprendre.ce griffonnage. Espérant que vous m’excuserez de vous avoir dérangé aüjonrd’hui et tant d’autres fois, je vous prie de me croire, avec des sincères sentiments de reconnaissance .

Pas

“ Votre tout dévoué .

«Wu, McTavise, , “ Gouverneur de la Cie de la Baie d'Hudson. . “ Le Très Rér. Evêque de St-Boniface,"” . LÉ

rs

‘En précence de ces témoignages assermentés, de cette reconnaissance explicite par la seule autorité légitime et légale qui avait jusqu'alors existé au Nord-Ouest :

‘ devant l'acceptation formelle et les conseils d'adhésion du gouverneur McTavish, il est indiscutable que le gouvernement provisoire, était, à cette époque, en l'absencé de tout autre pouvoir civil, le seul gouvernement régulier et légal du Manitoba. Et si sa légitimité était contestée sous le point de vue qu'il ne représentait pas réellement les sentiments de toute la population du Nord-Ouest, nous n'aurions pour écarter ce doute et établir ce fait, qu'à reproduire ici les paroles suivantes tirées de la déposition assermentée de M. A. G. Bannantyné, beau-frère du gouverneur McTavish, dans le procès-de Lépine :

# Le peuple tout entier: a, concoüru à l'organisation de ce Provisoire, et Son Honneur le j juge Black lui-même a pris part aux délibérations de la convention, le 25 janvier, en qualité de .… délégué.”

Reconnu par le gouvernement MeTavish, le gouvernement provisoire de la Rivière Rouge, le fut-il aussi de la part du gouvernement impérial? .

Le Rév. Père Ritchot, MM. John Black et Alfred. Scott, tous trois nommés, par le président du Pro-° visoire commissaires, avec mission de se rendre à Ottawa, sur l'invitation expresse du gouvernement canadien, pour là discuter et s'entendre .avec lui au ‘ sujet des conditions d’entréë, dans la confédération, des Territoires du Nord-Ouest, sont, moins M. Black, arrêtés - et emprisonnés dès leur arrivée dans la capitale du

Canada.

Sar la communication de ces. nouvelles extraordinaires, Lord Granville télégraphie immédiatement de Londres les mots suivants : :

“ L'arrestation de ces délégués at-elle été autorisée par Je

gouvernement canadien ?” Et d'Ottawa l'on répond:

Sd

ü L'arrestation de ces délégués n’a pas été autorisé par le. gouvernement canadien.” | .

en liberté, 7

Aussitôt ‘informé du fait, Lord Granville écrit de Downing Street, le 18 mai 1870, ce qui suit au gouvernement d'Ottawa:

Ts __ Et, tout de suite, les autorités fédérales les remettent

“ Je suis bien aise d'apprendre qu'on a promptement rejeté les procédures adoptées contre le Rev. Ritchot et M Scott, et qu'elles n’ont pas été renouvelées, et je profite de cette circonstance pour exprimer la satisfaction avec laquelle j'ai appris par votre télécramme du 3 courant, que. Île: gouvernement canadien et les délégués se sont entendus, quant aux conditions auxquelles les établissements de la Rivière Rouge, devrontfaire partie de la Puissance.”

Lord Granville, connait les noms des délécués du gouvernement provisoire, il les cite en exprimant sa satisfaction d'apprendre que le gouvernement-canadien et les représentants du gouvernement provisoire se sont entendus sur les bases de l'entrée des territoires dans la confédération. La reconnaissance est-elle assez formelle, assez explicite, et les deux gouvernements ne sont-ils pas placés par sa Seigneurie sur le même pied d'égalité ? Mgr Taché dans sa brochure “ L'amnistie,” p. 15, en tire la conclusion suivante :

“(Que signifie tout ceci, quand on sait à n’en’ point douter, que les délégués du Nord:Ouest étaient les représentants autorisés et accrédités du gouvernement provisoire ? .Cela signifie tout simplement que Lord Granville était à la hauteur de la situation, et que, sans 80 soucier des crinilleries qui retentis.

saient en Canada, il n'avait à cœur que la prospérité de la Con-

fédération et surtout l’honneur royal, engagé par la parole de son représentant.” ‘ 7.

… Quand au gouvernement canadien, non-seulement il à reconnu le gouvernement provisoire, en linvitant par

. ces reconnaissances officielles soïent plus que suffisantes: . pour établir hors de tout doute, la légitimité du gou- :

l'entremise de ses commissaires, le Rév. M. Thibault, MM. De’Salaberry et D. Smith, à. envoyer à Ottawa ses délégués, en les y receyant et traitant avec eux de l'entrée des Territoires dans la Puissance, mais, bien plus, il a chargé ce même Provisoire de gouverner le

. Nord-Ouest, jusqu'à l’arrivée des officiers de la Confé-

dération canadienne, en juillet 1870.

C’est encore Mgr Taché qui l’affirme aux pages 52 et 58 de sa brochure “ L’amnistie : ”

- T1 fut entendu que le gouvernement provisoire qui avait envoyé des délégués continuerait ses fonctiôns et l'exercice de son autorité jusqu’à l’arrivée, dans la province du Manitoba, du lieutenant-gouverneur canadien.” .

Or, Riel resta président du Provisoire jusqu’à cette époque, et ce fut. sur la demande du dgouvernement canadien, représenté par Sir G. E, Cartier qu'il continua ses fonctions et l'exercice de son autorité, jusqu’à l'arrivée du gouverneur Archibald. Bien que

vernement provisoire dont Riel était le président, je vais cependant en ajouter une autre moins grave et moins autorisée, mais toutefois très importante dans les circonstances. . :

. C’est celle de l'hon. J. À. Chapleau, avocat d'Ambroise Lépine ; c'est. cette autre du même personnage parlant comme ministre de la législature de Québec.

Le 23 octobre 1874, l'hon. Chapleau adressait au jury

à Winnipeg, Maüitoba, en faveur de son client A. Lé- ‘ F

pine, une magnifique allocution, qui eut alors un retentissement général par tout le pays.

Au nombre des raisons pour lesquelles il demandait

mplÈe, =

que l'accuèé ne fat jas condamné à mort était la snivante: à ‘

‘ Parce que, M. Ambroise Lépine, s'il a été mêlé à ces événements, n’agissait qu'en sa qualité officielle d'un gouverne-

ment de facto, reconnu par l'autorité souveraine ou Ses repré-

sentants, puisque lon a traité avec eux à Ottawa, et qu'ici les autorités

ocales s'étaient dessaisies de tous leurs pouvoirs." (Rapport spécial à “ La Minerve” affaire Lépine.)

L'hon. Chaplean, solliciteur général de la province de Québec, à'cette époque, a-t-il exprimé une opinion contraire à celle de F’hon. Chaplean, avocat dé Lépine ?

® Le 17 décembre 1874, il proposait à la législature de Québec, des résolutions qui, adoptées, devaient être adressées au gouverneur-général.

J'en cite ici les extraits suivants:

‘€ Que les chefs de ce mouvement se constituèrent alors en. gouvernement, et qu'un acte regrettable perpétré par l’antorité de ce gouvernement a été l'exécution d’un des sujets de Sa Majesté. Qu’après cette exécution, des représentants de cette population du Nord-Ouest furent reçus oficiellement parle gouvernement de la Puissance, qui négocia avec eux les conditions de:

“ Pentréo de ce tetritoire dans l’Union du: Canada, et qu’un acte fédéral sanctionna leur demande; que cette population 2 vu avec surprise et douleur, que des poursuites étaient dirigées contre quelques personnes impliquées dans ces troubles, leur attribuant une responsabilité personnelle allänt-jasqu’au crime d'homicide volontaire, pour les actes procédant de l'autorité du gouvernement créé dans ce soulèvement.” .

(Procédés de l'assemblée législative de Québec, avis de motion, jeudi 17 décembre 1874) |

Et, c'est le même homme qui vient déclarèr en 1886, devant les. Chambres, que Riel s’est rendu coupable de baute trahison, en assumant illégalement et illéciti-

mement le pouvoir comme ‘président, et en l'exerçant : durant plusieurs mois sur les Territoires du-Nord-Ouest ! :

Quelle révolution s'était donc opérée chez ni, dans

di”

- J'espace de ces douze dernières années, comment

pouvait-il se déjuger ainsi, se souflleter si cruellement ?

L’explication toute extraordinaire qu ’elle paraisse, n’est cependant que la conséquence logique de sa conduite.

En 1874, son cœur était accessible aux sentiments du patriotisme, il était véritablement l'ami des Métis ; son ambition quoique déjà grande ne l'avait pas encore porté à ces audaces illégitimes qui ont marqué sa car-

rière politique depuis cette époque. En 1886, au con-

traire, le cœur n'avait plus ces pulsations généreuses du passé ; d'ami des Métis il en était devenu l'ennemi, parce que Riel vivant se trouvait un obstacle insurmontable à sa soif de domination, qui loin d’être rassasiée du portefeuille de secrétaire d'Etat dans le cabinet d'Ottawa et des gras émoluments quis’”y rattachent, le poussait à s’accaparer le titre de chef de la phalauge conservatrice canadienne-française de Québec, à la Chambre des Communes. |

. Faire disparaître Riel, s'assurer ainsi le vote orangiste au parlement, appui indispensable pour le prestige de la position qu'il ambitionnait et qu'il ambitioune encore, tel fut le but de ses efforts, de ses attaques et de ses accusations.

Mais retrancher violemment de la société un person- . nage aussi important que le chef métis, ne pouvait se justifier que par des raisons majeures, indiscutables et impérieuses.

: Le soulèvement de 1885, que l'on appelait une ré- . bellion, ne suffisait pas pour empêcher l'Exécutif d'exercer la clémence, cette prérogative royale, envers .

: l'accusé.

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Au reste, le caractère politique de l'insurrection que le ministère lui-même ne pouvait-se défendre d’avoir.

* : provoquée par ses actes et sa négligence, amoïindrissaït

la culpabilité du fanteur de ces désordres, et l'état mental du prisonnier, joint à l'ensemble des faits et des circonstances, nécessitaient de la part du cabinet, qui, par la loi de 1880, avait droit de vie et de mort en cette cause, l'application de la recommandation à la clé-

. mence du jury de Régins en faveur de Louis Riel.

Il fallait donc découvrir une autre issue, pour sortir de cet embarras ministériel. :

On crut l'avoir trouvée dans la thèse orangiste que l'hon. Chapleau fut chargé tout spécialement d'exposer

E “à devant les Chambres et le pays.

L'insurrection de 1885 n'étant pas suffisamment grave . pour disculper les ministres d'avoir ignoré la justice :

. comme ils avaient ignoré la clémence, on eut recours

au soulèvement de 1869-70, que l'on qualifia de rébellon. | 7 Avec cet argument, on porta l'accusation que je viens de discuter, et qui consistait à dire que Riel étant coupable d’avoir fomenté pour la deuxième fois la révolte ,

contre l'autorité, il était par conséquent récidiviste dans le crime de haute trahison.

Comme Scott avait été exécuté sous le règne du gouvernement provisoire dont Riel était le président, le pouvoir qu'il occupait se trouvant illégal et illégitime, il s'en suivait que la mort de Scott devenait un meur-

. tre, et Riel en était l'auteur responsable. Ayant établi

d'üne manière péremptoire'la légitimité et la légalité du gouvernement provisoire de la Rivière Rouge, fondé, appuyé sur le consentement et le concours de toute la population du territoire : reconnu et sanctionné par :

2e tte ee mn :

la seule autorité lérale, légitime à laquelle il avait: .succédé dans le Nord-Ouest, savoir: le gouvernement MeTavish ; reconnu aussi par Lord Granville, le représentant du gouvernement impérial ainsi que par le gouvernement canadien, qui invite ses délégués à traiter avec lui et de fait traite officiellement avec eux, appert l'acte fédérai de 1870; enfin admis et reconnu par | l'hon. Chapleau, avocat et ministre, je vais maintenant : discuter l'accusation portée contre Riel d’être l’auteur du meurtre de Scott. .

… Comme question de fait, je dirai, tout d’abord, que ce» cri de meurtre de Scoit, est un faux prétexte, car iln?y a pas eu de meurtre, mais seulement une exécution de Scott.

IL ya eu à la vérité un mèurtre vers. cette époque : ce fut celui d'un Métis canädien-français du nom de Elzéar Goulet. |

‘ Pour celui-là, les autorités fédérales ne jetèrent pas les hauts cris et ne firent pas de perquisitions pour découvrir les auteurs de cet assassinat.

La chose parut inutile et sans conséquence. Il s'agissait d'un des nôtres, et le moyen était certainement des plus expéditifs pour faire disparaître des territoires les représentants d'une race que l'on avait décidé dès Je début de proscrire et d’anéantir. :

Mais pour Thomas Scott, l'orangiste criminel et turhulent, il y eut un toile général. On oublie volontai-

‘rement que l’arpenteur Scott avait voulu .noyer son chef, Snow ; qu'il était accusé tout hat du meurtre du Métis français Parisien ; on fit semblant d'ignorer, que dans la nuit du 13 au 14 mars, 1870, il était entré dans

‘la maison d'un nommé Coutu, parent de Riel, avec l'intention bien arrêtée dé tuer ce dernier ; on perdit de ‘

vue que ce loyal sujet de Sa Majesté avait été à la solde des chefs de bande de l'usurpateur MacDougall, qui ‘ n'avait aucun droit sur le-territoire.

Etranger au pays, ennemi implacable des Métis, spoliateur en 1869, des propriétés de la Pointe-au-Chéne, soldat déloyal, traître à sa parole et à son serment en 1870, violent, fanatique à l'excès, tel était le triste personnage que les hasards de la guerre avaient remis pour la seconde fois, entre les mains du gouvernement provisoire. ,

Fait prisonnier une première fois, comme faisant partie de la troupe armée du Dr Schultz, grâce aux efforts de Delle Mac Vicar, il avait été, après avoir toutefois prêté serment d’obéissance et juré de ne plus : prendre les armes contre l'autorité alors existante et reconnue, remis en liberté. Avait-il tenu à son serment ? Aussitôt libre, il était retourné auprès du: Dr Schultz, pour l'aider à pousser dans le sentier de la guerre:les Sauvages Siwvampies. a,

Quelques jours plus tard, il se joignait à la troupe du major Boulton, et c'est en sa compagnie qu'il est de nouveau arrêté les armes à li main.

© Une fois incarcéré'au fort Garry, que fait-il? Il ne

-cesse d’insulter les membres du gouvernement et en particulier, son président, Riel ; il le menace, s'ilrecou- : - vre:sa liberté, de lui ôtèr la vie : il incite ses compagnons à la résistance et à la révolte, enfin, apprenant que les gardes du fort ont reçu ordre/de ne pas répondre à ses provocations, il va jusqu’à frapper le capitaine

des gardes. vo 7.

Voilà le héros, le martyr, dont pendant quinze ans, les loges orangistes ont célébré les vertus et Vhéroïsme, exalté le patriotisme, déifié la personne |! ot

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