acte a été discuté dans. la colonie de la Rivière Rouge, et il
appert par le Wew Nation (un journal publié dans le territoire,)
. du 18 mai dernier, . qui accompagne ce memorandum, qu'une ; Certaine partie, du moins, de la population né regardait pas, ce
semble, la perpétration de cet acte avec le sentiment d'horreur qui s’est manifesté én ce pays ou‘*en Angleterre. De
. Il semble aussi que Riel, depuis.la perpétration de cet acte
odieux, a continué apparemment de jouir de la confiance de la majorité de la population come chef politique, et cette confiance : ne semble pas avoir été ébranlée-par sa conduite au sujet de l'exé-
cution de Scott. .
“Il est bien difficile, au milieu d'une grande effervescence
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politique, de prévoir et apprécier les actes de violence qui en sont \a conséquence. Lu ‘
“ Comme preuve de la disposition des esprits, le sonssipné
. renvoie Votre Excelleuce au compte-rendu d'ane.assomblée qui
.- eut lieu à Toronto, lors de l’arrivée du Ritchot et d'Alfred
Scott, deux des délégués nommés par. la Rivière Rouge pour
- s'entendre avec Votre Excellence, à laquelle quelqu'un aurit .…
dit qu'ils devraient être lynchés ; et personne ne peut dire ce qu'il serait advenu, si le Père Ritchot et M. Scott se fussent trouvés à Toronto lors descette réunion. Lorsque dos sentiments aussi * violents se manifestent dans une ville civilisée comme Toronto, dans le but de commettre des actes de violence, il est facile de comprendre jusqu’à quel point une population, composée prin- .cipalement de Métis, ignorant l’administration des lois criminelles, et se gouvernaut en grande partie d'après ses usages et. coutumes, puisse être surexcitée au poiut de commettre des actes violents, sous un prétexte de protection et de conserva: RON nes cesser eanesssns es renssnmsenssenens se nsnesorne esenree use
LOLELES LE LCL LE LEE PENSE) DELL EE LEE ER ET EE SE LOT EDIT CEE EE TS LL
Bien que ne possédant que.des informations incomplètes et:
n'ayant guère reçu encore, le 8 juin 1870, que la version oran- . gisto des faïts du Nord-Ouest, Sir George faisait cependant res:
sortir, de ces faits, dénaturés dans le sens des adversaires, la puissante et lumineuse démonstration qui suit:
Sir George pouvait se tromper ou être trompé sur certains
faits, mais sur l’économie générale de la haute politique natio- ‘male. son instinct patriotique le guidait généralement avec certitude. I continue comme su t: — . “ Maintenant, en a pposant que Riel et ses associés seraient traduits devant les tribunaux de la Rivière-Rouge pour les susdites offensés criminelles, pourrait-on obtenir an verdict de culpabilité après toutes les circonstances, faits et événements qui. ont transpiré dans la colonie de Ia Rivière-Ronge durant les derniers sept mois ? ‘ Riel ot ses associés répondraïent natu- “ rellement dans leur défense pour se justifier de l’accusation : Ÿ de haute trahison, de rébellion et d'avoir fait la guerre, qu’ils “ n'ont jamais.eu l'intention de soustraire le territoire de Sa “ Majesté à lallégeancedo Sa Majesté, de faire la guerre ou de - “8e révolter contre Sa Majesté.”' [ls prétendraient que tout ce qu'ils ont fait avait seulement pour objet d'effectuer l'organisation d'un gouvernement local-temporaire, afin de protéger les * vies et Ia propriété des colons de la Rivière-Rouge, en l'absence de tout gouvernement local organisé par Sa Majesté, afin de résister aussi aux invasions non autorisées et aux tentatives de leur faire la guerre. Sans parler de F'irritation des esprits
causée au début par les partis d'arpenteurs, ils prétendraient que, si leurs procédés ont été illégaux, ILS L'ÉTAIENT MOINS QUE:: : Ÿ 7
. .“4o'Les procédés de M. McDougall “ qui, de fait, a usurpé les droits,” privilèges et pouvoirs de lieutenant-souvernear du territoire, ‘alors qu'il n'avait pas ce titre; qui a émis une pro. .
.… <lamation ‘illégale sans autorité,” et la commission extracrdi-
aaire au colonel Dennis, et qui a donné, en vertu de .sa prétendre autorité, à l’indien Monkman, “ane commission dans le
- # but d'inciter les Sauvages à faire la guerre contre la colonie
de la Rivière-Rouge par tous les moyens possibles ;
#29 Que les procédés du colonel Dennis.êt .ses- associés qui , .
“ ont organisé, sans aucune autorité, le premier mouvement et ‘ “la première bande d'immigrants canadiens, dans le but de : “ faire la guerre contre les colons de la Rivière Rouge et d’en-;. vahir leur territoire: …
#30 Que les procédés du major Boulton et de ses associés, CT
ds qi ont organisé le second mouvement et la: seconde bande “ d'immigrants canadiens, dans le but de faire la guerre contre “los colons de la Rivière-Rouge et d'envabhir leur territoire.” © # En réponse à l'accusation de rébellion, ils renverraient : “10 A la déclaration en date du 8 décembre, signée pér' John Bruce, comme président et Louis Riel comme secrétaire,
* dans laquelle il est dit qu'ils avaient l'intention de résister a
l'autorité du Canada (qui de fait n'avait alors aucune autorité, æ Cession n'étant pas encore faite), ec non à celle de Sa Hajesté;
et qu'ils s'oppossient à ce que le Canada leur imposêt urie* forme despotique de gouvernement, “ contrairement à leurs
“ droits et intérêts comme sujets anglais,” et dans laquelle il
est dit aussi qu'ils étaient disposés à entamer des négociations .
avec le gouvèrnement canadien, “ qui pourraient être avan- “’tageuses pour. le bon gouvernement et la prospérité de la < population”. . | A
Ce
“20 À leur nomination de délégués lorsqu'ils ont été invités
— 4 à le faire par l'autorité de In Reine” et le gouvernement cana-
“ dien,” et à tous les procédés extérieurs du gouvernement provisoire et de la convention dans la colonie, durant lesquels ils ont maintes et maintes fois exprimé le désir, ainsi que Île désir. des
.<olons, de se joindre à la confédération canadienne, pourvu que
leurs droits et leurs priviléges leur fussent garantis, et procia-’ mé, qu'ils avaient nilo désir ni l'intention de rompre leur allégeance à Sa Majesté, . : ‘. .e .
“ Jis prétendraient aussi que l'établissement du gouvernement local ‘ était devenu nécessaire ” et qu'il devint un gou- ‘vernemènt de facto, en tant que le faible gouvernement poli-
tique de la compagnié de la Baie d'Hadson reçut, par la passetion de l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord, un coup qui l'affaiblit énormément, “* et qu'il reçut le dernier coup # fatal par Is proclamation illégale et non autorisée ” de MecDougall, laquelle eut pour résultat de ‘ détruire” le bon effet que devait produire Îa proclamation de Votre Excellence en date du 6 décembre 1869. “ Ils renverraiïent à l'opinion du “ gouverneur MoTavish,” exprimée dans plusieurs de ses lettres au sujet du pouvoir afuibli et inefficace. do la Compagnie de la Baie d'Hudson, par suite du transfert en perspective du territoire du Canada et des événements qui eurent lieu plus tard, et ils renverraient indubitablement à sa lettre en date du 9 novembre 1869. 5 D 7
“ Ils prétendraient aussi que leur organisation locale était
-“ basée sur Les habitudes de Ia population,” et aÿaient particu-
lièrement pour objet de les protéger et de résister à l'invasion
‘des Canadiens, à la manière de leurs pères, lorsqu'ils résistaient
à nne invasion es Sauvages, et conformément à là pratique
guivie dans 18 colonie, depuis la guerre de 1812 entre la compagaie da Nord-Ouest et la compagnie de la Baie d'Hudson.
: Quant à l'accusation du menrtre dn malheureux Scott, accompli dans l'intérêt de cette rébellion, ils prétendraient que l'acte a été commis, comme étant nécessaire pour mettre la population à l'abri de toute invasion des Canadiens ; que l'acte a été commis dans l'exercice du pouvoir local du gouvernement de facto : qu'on ne saurait les en rendre responsables individuellement, va
qu'il & été, jasqu’à un certain point, le. fait de la population, et |
que la responsabilité. de cet acte, si elle retombe sur eux, jusqu'à - un certain point, ‘ doit retomber plus encore sur les actes illé-
“ gaux et les diverses invasions non autorisées des Canadiens ‘ qui ont provoqué ce fait regrettable par leur tentative de ‘ faire la guerre contre les colons.” ‘
“ Le soussigné est enclin à croire que Riel et.ses associés ne
pourraient pas, dans toutes les circonstances du cas, être trouvés
coupables à la Rivière-Rouge, où même par un jurÿ en Angle- *
terre; et que, dans ce cas, il importe d'examiner, lorsqu'il faut rétablir la paix dans la colonie de la Rivière-Rouge, si l'exclu-
sion de Riel et de ses associés impliqués dans l'exécution dé 7
. Scott, de tonte amnistie qu’il plairait à Sa Majesté d'acëorder, ‘m'aurait pas un mauvais effet” et ne contribuerait pas à perpétuer un sentiment d’irritation, alors qu’il est presque certain
que, s'ils étaient exclus et “ accusés de haute trahison, de: “rébellion et du meurtre de Scott” dans l'intérêt de cétte :
, ébellion, ils “ seraient déclarés “ NON oQUPABLES ” par un &
L'énl
& jury de leurs compatriotes choisis d’après les lois et règles ‘ établies dans cette colonie.”
. # Dans le cas où une amnistie serait accordée, le soussigné sugsérerait qu'elle s’appliquât “ à ces Canadiens qui prirent f part sans autorité à ces conspirations, ou essayèrent de faire “ h verre contre les colons, afin qu'ils ne puissent pas être se tratuits par la suite devant aucune cour criminelle par des personnes qui-voudraient satisfaire une vengeance,
‘ Finalement, le soussigné suggèrera, dans le cas où une amnistie générale serait accordée par Sa Majesté, qu'elle comporte'une condition qu'elle ne s'appliquera à aucune personne
ui, ayant pris part aux troubles durant la période mentionnée
ans la pétition, “ résistera à l'autorité de Sa Majesté,” lorsque |
le futur lisutenantg-ouverneur de Manitoba entrera dans 5es
… ÉORCUONG, ne sensa cas censemenonns eve en vence sens coco er sonvescscensseceroevere
DCPNCOPPPNE PE DE CE CET LL LETTRE ELLE CET EL E CES EEE EEE LEE CEE EE TENTE CS CET PS EE CEE EN
« (Signé) - Gmo. E. Carrier, .__ *, Ministre de la Milice, : # Et ministre intérimaire de la Justice.”
dp + i4
DEUXIÈME ACOUSATION.
RIEL S'EST MONTRÉ UN HOMME VÉNAL LOBSQU'IL A OFFERT AU GOUVERNEMENT CANADIEN DE LUI VENDRE LA CAUSE MÉTISSE POUR $35,000.
Que les haïnes, constamment ravivées, pendant quinze ans, dans le cœur des ‘sectaires des loges orangistes d'Ontario ef de Manitoba, au seul souvenir de leur frère Scott, aient pu se manifester et se satisfaire enfin par la pendaison de celui qu'ils désignaient comme son meurtrier et son bourreau, je le comprends.
Que non”contents d'insulter à la victime au pied même.de l'échafaud, ils aient, dans leur délire et leur rage, cherché à souiller la mémoire, flétrir à jamais le’ caractère de Riel, je me l'explique par le but et les
agissements de cette association politico-religieuise, la ..plus redoutable de toutes les sociétés secrètes, car c'est
sous la sanguinaire influence du fanatisme de croyance
ete race qu'elle a pris naissance, grandie et est
devenue puissante et redoutable. #4. 9
Mais que semblable besogne ait été accomplie par des membres du cabinet, Canadiens-français et catholiques, voilà ce queje ne puis comprendre et ce que je me déclare incapable d'expliquer. .
Et pourtant le ‘faitest patent, indéniable; les documents publics le constatent en toutes lettres.
Vivant, on avait accusé Riel d’être un orgueilleux, un despote, en proie à une vanité telle que, plutôt de jouer un rôle secondaire, mener une existence sans .: bruit au milieu .de la. société, il avait préféré par amour pour la renommée et la gloriole; terminer ses jours, par une mort infâmante sur un échafaud!
est
:* succès assuré: car ils étaient seuls dans l'arène, dispo-
‘On comptait le trouver lâche, faible, pusillanime, entêté dans ses doctrines anti-religieuses en face de la
mort, mais son attitude ferme et résignée, son intré-
pidité sa foi héroïque à lhéure du trépas, avaient réduit à néant l'espoir de ses accusateurs et de ses
‘ bourreaux, et prouvé au monde entier que dans sa poi-
trine de métis battait non-seulement le cœur d’un brave, mais aussi le cœur d’un patriote et les convictions du
vrai chrétien.
La victime immolée échappait aux persécuiéurs, mais
le souvenir et la mémoire du supplicié de Régine leur restaient.
Ceux-là, il fallait -à tout prix les rendre odieux aux yeux de ceux pour qui le chéfimétis avait sacrifié sa pie, et méprisables devant l'opinion publique.
Mort, Riel n avait plus que sés actes publics et pri-
vés du passé, sa vie d’abnégation et de désintéressement .
pour le défendre contre ses accusateurs nombreux et
puissants.
Pour satisfaire leurs vils sentiments d'ambition et de
cupidité, ils ne s'étaient pas contentés de le retrancher du nombre des vivants, mais ils voulaient encore souil-
ler son cercueil des crachats impurs de la calomnie la plus noire et la plus perfide. ” * Le partie leur semblait belle, la tâche facile, Le
sant de la force que donne le pouvoir et contrôlant par
là même, les voies de publicité dans le pays tout entier. ;
Accuser de déloyauté et de lâcheté le chef politique d’une nation peut parfois le déprécier aux yeux d'un certain nombre de ses partisans, que les circonstances et les événements ont empêché de vérifier l'exactitude de ces avancés, vrais ou faux.
RL
Mais de là au poiut de leur faire perdre absolament ”
confiance dans celui qui pendant quinze ans s’est sa. crifié pour leur propre cause, la distance est rarement franchie. :
11 faut done, si l’on veut atteindre son bnt, que la calomnie s'attaque au caractère et non à la personne de celui que lon : a décidé de perdre dans l'opinion publi- | que.
Or, il n’en existe pas de plus dommagesble et de plus odieuse que celle de la vénatité. - à
Un chef vénal, c’est l'homme sans principes: le faux
frère, le mauvais patriote, l'être sans cœur et sas cons-, cience, prêt à trahir sa cause et $es ‘compatriotes, pour ane considération monétaire. : -
Rôle abject et ignoble, qui porte son châtiment durant
le vie, et sa cordamnation après la mort ! F
Riel, accusé de vénalité, ne méritait plus lestime et. l'affection de ses compatriotes, mais au contraire, leur : mépris et leur dégoût, À
Les organes du gouvernement et les ministres canadiens-français du cabinet d'Ottawa Je déclarèrent solennellement, homme vénal en 1885, offrant de sacri. : fier la cause métisse aux autorités fédérales, si elles consentaient à lui donner une somme de $85,000.
Riel fut-il jamais an hommé vénal, même en 1885 ?
Lés documents parlementaires et les preuves publiques les plus irrécusables, vont nous répondre à cette question.
Durant le procès de Riel, à Régine, deux témoins
iraportants ont été entendus à ce sujet. Ce sont le Père. |
André, du côté de la défense, et Charles Nolin, en faveur de la poursuite, 7’, ‘
Tous deux, interrogés par l'avocat de la Couronne,
" . Le
das 1 Ls
déclarèrent que. à Riel a eu avec eux, on décembre 1884,
des conversations au sujet d’une indémnité qu'il récla="
mait du gouvernement canadien. .
. Transquestionné par M. Casgrain, représentant de la Couronne, le Père André. répond ainsi aux questions suivantes qui lui sont faites : :
Question— Voulez-vous déclarer ce que l'accusé voulait avoir du gouvernement fédéral ?
Réponse J'ai eu deux entrevues avec Vaccusé à ce sujet.
. Question.—L'accnsé réclamait une certaine indemnité du gouvernement fédéral ?
Béponse.—Lorsque l'accusé fit sa réclamation j'étais B avec une autre personne, ot il voulait avoir 8100,000 du gouvernement. Nous fûmes d'avis que cette demande était exorbitante et l'accusé répondit : attendez un peu, je prondrai tont de suite
635,000 comptant.
tion.—Et à cette condition, l'accusé devait quifter le, Pi , Si le gouvernement lui donnait $35,000 ? . Réponse. — Oui, c’est la condition que Riel y mit Question Quand ceci se passait-il? n Réponse.—Le 23 décembre 1884 ‘ Question.—N'était-il pas toujours à vous demander de Vous , servir de votre influence auprès du gouvernement pour lui obtenir cette indemnité. .
Réponse.—Il m'a parlé de cette affire, pour la première fois, le 12 décembre. ‘Il n’en avait jamais été question entre nous avant cela, ét le 23 décembre, il m'en parla de nouveau.
Question—Il eu a parlé souvent 7
Réponse. —En deux occasions seulement.
… Question—N'est-il pas vrai que l'accusé vous a déclaré qu'il était lui-même Îa question métisse
Réponse.—Ce n’est pas co qu’ilä dit en propres termes; mais
c'était bien la pensée qui ressortait de ses paroles. Il m'a dit: Bi je suis satisfait, les Métis le seront | ‘: Je dois expliquer ceci: On lui objectait que si le gouvernement Jui accordait 835,000, la question métisse resterait toujours la : même et il répondit : Si je suis satisfait, les Métis le seront, Question.—N'éSt-il pas vrai qu'il vous à dit qu il ,26cepterait uns somme moindre que 835,000?
* Réponse.—Tl m'a dit : faites valoir toute l'inflngnce quel VONS pouvez avoir, il 80 pent que vous n "obteniez pas tout cela, mais