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S'étant décidé à nous accompagner avec sa famille, M'Riel abandonna son emploi le 9 juin, et nous eûmes le plaisir de par-
- tir avec lui le 19. ‘Notre voyage aurait été agréable sous tout
rapport, si le petit enfant de Madame Riel, que ce voyage rendit malade, n’avait donné beaucoup de peine à sa mère. Maintenant que ce voyage est fini, nous espérons que cet enfant sera bientôt rétabli. +
. M. Riel vient nous aider sans prétentions. Il espère qu'avant longtemps le Nord-Ouest sera parfaitement uni, etque le gouvernement trouvera le moyen de rendre justice à toutes les classes de notre population, Le |
‘D'autres renseignements concernant notre députation seront
donnés à votre-comité à l'époque et à l'endroit que vous jugerez à propos, et nous avons l'honneur de vous transmettre, ciinclus, la réponse faite, par écrit, par M. Riel qui en outre a exposé sa manière de voir personnelle sur chacune des résolations ainsi que sur la ligne de conduite que nous devons suivre. Sa conversation nous inspire la plus grande confiance, vu que son
, intention est de nous aider ; mais, si nous le comprenons bien,
il nous aiders sans aucun désir de sa part d'embarrasser le gouvernement. ,
Nous avons l'honneur d’être, messieurs, vos délégués et hambles serviteurs, |
n … GABRIEL Duxonr,
| * J, IsBesTEr, cu Moïse OVELLETTE, :
M Duras.
"te
Mission de Saint-Pierre, 5 juin 1884. | * (Bpitome etc., pp. 389 et 390)
À MM. James Isbester, Gabriél Dumont, Moise Ouellette, et Michel Dumas. - 7 -
Messieurs, — Vous avez fait plus de 400 milles depuis Ja val- 16e de la Saskatchewan, et traversé la frontière pour me rendre visite. La société au milieu de laquelle vous vivez vous a ènvoyés comme ses délégués pour me demander mon avis sur différentes difficultés qui ont rendu jusqu'ici le Nord-Ouest malheureux sous le gouvernement d'Ottawa. De plus, vous m'écri-
,vez d'aller rester avec vous, dans. l'espérance que sous certains rapports je pourrais améliorer votre condition. Votre invita-
. tion est cordiale et pressaite. Vous demandez que je vous acçcompagne avec ma famille ; je pourrais m'en excuser et dire -non. Cependant, vous m'attendez, en sorte que je n'ai qu'à me préparer, et vos lettres de créance m’assurent qu’une bien- , venue de famille m'attend au milieu de céux qui vous ont envoyés. Messieurs, votre visite m'honore et mefait grand plaisir, et votre qualité de délégués lui donne l'importance d’un événement remarquable ; je la consigne comme l'un des bonheurs de ma vie. C’est un événement dont ma famille se souviendra, et je demande à Dieu que votre députation puisse devenir une bénédiction parmi celles de”cette année qui est la quarantième de mon existence. .
Le plus court estd’être franc. Je doute que les conseils que je vous donnerais sur ce sol étranger concernant les affaires du territoire canadien puissent traverser Ja frontière et garder encore quélque influence. Mais, voiei autre chose. D’après l'article 31 du traité du Manitoba, le gouvernement canadien me ! doit deux cent quarante acres de terre. Il me doit aussi cinq
Tots auxquels le foin, le bois et la contiguité de la rivière donnent du prix. Ces lots m’appartenaient en vertu des différents paragraphes du même article 31 du traité dont je viens de par. : ler. C'est le gouvernement canadien qui, directement où indirectement m'a privé de ces propriétés. En outre, si seulement le gouvernement examinait la chose un instant, il verrait facilement qu'il me doit quelque chose de plus. ‘
Ces réclamations que j'ai contre lui ont toujours leur raison d'être malgré le fait que je suis devenu citoyen américain. Dans votre intérêt comme pour le mien, j'accepte votre très bienveillante invitation ; je vais aller passer quelque temps an milien de vous. Peut-être qu’en présentant des pétitions au gouvernement nous aurons la chance d'obtenir quelque chose. Maïs . mon intention est de revenir de bonne heure, l'automne pro- -chain. ." - “ :
. Le Montana possède un assez nombreux élément métis natif 1, du“pays. Sinous y ajoutons les blancs qui sont intéressés à la prospérité des Métis, par le fait d’être eux-mêmes chefs de familles métisses ou leurs parents de quelque autre manière, ru <rois que l'on peut affirmer sans crainie que l'élément mélis du Montana est assez fort, Je suis justement à me mettre au fait de cetélément. Je suis l’un de ceux qui aimeraient .à diriger son vote de manière à le rendre profitable pour lui-même et ütile à ses amis. De plus, j'ai fait des connaissances et des amis ax milieu desquels j'aime à vivre. Je pars avec vous, mais pour revenir un jour ou l'autre, en septembre ee 1: J'ai l'honneur d’être, méssieurs les délégués, votre humble ! Louis RiEL.
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Ë Prince-Albert 21 juille 1884 7 | (Epitome cte., pp. 890, 391 et-392)
Honorazze xonstEuR.—Depuis la dernière lettre que j'ai écrite à Votre’ Honneur, il n’est rien survenu pour changer ma conviction que Riel en venant dans ce pays n'avait aucun mauvais dessein, Il a agi et parlé avec calme .et bon sens chaque fois: qu'il a eu occasion de paraître en public, et per-
sonne ne peut signaler le moindre acte ni mot de sa part qui puisse créer du trouble dans le pays. Tous ses efforts, autant que je puis le constater, tendent à faire comprendre su pcuple qu'en répondant à son appel il n'avait d'autre objet en vue que