‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 37 sur 77 · LEA · texte numérisé non relu

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do lui aider par des moyens légitimes et pacifiques. .Le Rico de 69 et celui de 84, il le dit lui-même, sont deux hommes tout à fait différents. Nous avons maintenant dans le pays un gouvernement régulier qui existe de par l'autorité de Sa Majesté la Reine. En 69, il se souleva contre le Canada qui voulait

prendre possession du pays sans faire d’arrangement préalable :

oùr garantir les droits’ de la population du Manitoba et du

. Nord-Ouest ;, mais aujourd’hui le Nord-Ouest'est une partie :

intégrale du Canada, et après une expérience de près de 9 années passées aux Etats-Unis, il peut assurer ses compatriotes, les Métis, qu'ils sont mieux de ce côté-ci de la frontière, et qu'il ne veut pas qu'ils deviennent américains. Îla été à une dure . école dans laquelle il a appris un bon nombre de leçons utiles et celle qu'il a à cœur est de rester tranquille et de travailler au bien de ses concitoyens par des moyens francs et honnêtes.

! Partout où Riel va, il crée une impression des plus favorables P P: 2

et sauf dix ou douze personnes qui sont prévenues, il est très

populaire, non seulement parmi les Français, mais aussi parmi la population anglaise. ci, à Saint-Albert, cinq ou six per- :

sonnes qui 8e croient supérieures aux autres hommes et croient avoir, par leur naissance (et vous pouvezêtre certain le “ prince-

‘ royal” est nn de ceux-là), le droi. de conduire le peuple. ont été fort offensés de ce qu’un grand-nombre de citoyens de Prince-

Albert eussent envoyé à Riel ane pétition lui demandant de venir leur adresser la parole à une assemblée publique. Tous les malheurs, le meurtre; l'effusion du sang seraient le résultat certain de la venue de: Riel ; voilà la perspective que nous. montraient ces prophètes de malheur, maïs ils ont été grandement déçus dans leurs espérances, Riel est vonu samedi dernier, et il a été regu avec une franche cordialité et avec -enthousiasme par les habitants de Prince-Albert. L'assemblée s’est faite avec. calme; un seul homme essaya de créer une

bagarre anaïs il à été promptement mis à la porte. C'était une .

assemblée populaire comme on n’en avait jamais vue à Prince- Albert ; les gens sont venus de toutes les parties de la campagne pour rencontrer M. Riel, et tous s’en sont retournés frappés de la manière calme et polie dont illeura parlé. Je vous transmets sous ce pli un résumé de son discours. J'assigne la réception enthousiaste faite à Riel à Saint-Albert, d'un côté

à ce sentiment de simple curiosité, de la part des habitants, de .

voir et d'entendre un homme dont le nom est connu du public depuis si longtemps et qui a tenu une place si large dans l’histoire du pays, et, d'un autre côté, au désir de contre-carrer les intrigues d’une certuine clique d'hommes iei à Prince-Albert,

Qui ont tant essayé d'empêcher Riel de -venir à Saint-Albert.

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aujourd'hui, Ces gens n'ont pas réussiet ont vu s'évanouir. leur espoir d'assister à une émente : ils sont grandement dé-

sappointés ot'essaieront de donner aux choses une couleur :

sombre, non: d'après les faits réels, mais d'après. leur imagine. | tion ; ils essaioront d'fltérer les choses les plus simples et re prénont que Riel est décidé à troubler la paix du pays

“Mais M. le gouveïneur, sur ma foi d’honnête homme, je vous

dis que, le pays est-tranquille, et, autant que je puis le voir, Riel n’a d'autre bnt que d’aider les habitants dans leurs diff. cultés. Il prêche fortement la paix et l'union dans les diverses sections du pays. Je ne lui ai pas entendu prononcer une pa-

‘role dure. Quelles sont ses intentions ? Elles sont nombreuses

et il lui faudra beaucoup de‘temps pour les mener à bonne fin. .

. En premier lieu, il veut que les Métis obtiennent gratuitement

un titre aux terres qu'ils occupent. Il veut discuter pouf obtenir l'érection en provinces des trois districts de la Saskat-

chewan, d'Alberta et d'Assiniboia, on du moins de faire repré ‘ . sénter chacun de ces districts au parlement ; il veut que les

lois concernant les terres soient modifiées pour qu’elles s'adap-

tent mieux à Îa rapide colonisation du pays. | . Voilà autant que je puis m'en rappeler, les principales ques-

tions qu’il à traitées devant la population de Saint-Albert sa.

” medi dernier, : J'ai été l'entendre, et js puis dire qu'il parle

bioi ot avec éloqnence ; il parle facilement l’anglais, et ses expressions sont justes ct correctes.

a-produit une forte impression et a été fortement applaudi pondant tout son long discours; ot ses adversaires sont obligés de reconnaître qu'il est doué de grands talents et qu'il sait habilement faire partager ses opinions par le peuple. Je n'ai. pu m'empêcher de l’admirer, en le voyant, dans la position où il se trouve, surmonter tous les obstacles qui l'entourent, Quelle sera ls fin de tout cela ? La fin sera que nous aurons pour un

. temps, beaucoup de discussions, d'assemblées et de pétitions

‘’ et nous serons paisibles comme d'ha

envoyées ; et, après un certain jemps, l'excitation disparaitra itude, ÆEt puis, Riel que nous regardons comme un: prodige maintenant,’ ne sera plus' considéré que comme un Bimple mortel; nous serons aussi avancés que nous le sommes aujourd’hui, et toutes ces grandes réformes deviendront des choses du passé, et le prestige du grand homme aura disparu. C'est là, monsieur, l'idée! que je me suis faite de l'état de choses actuel. On avait besoin & quelque ‘chose pour nous occuper pendaut quelque temps, et mettre fin aux discussions sur la récolte passée, etla mince

espérance d’en avoir une meilleure cette année. , Maintenant, quelle que soit la valeur de mon opinion, 'je

Pis

, Soi

° ss [ L ° DL 964 : ÉTUDE SUR .

‘ conseille fortement au gouvernement de ne pas contrarier Riel tant qu'il se tiendra tranquille Je ne puis vous cacher que : son influence, en bien ou en mal, est grande sur les Métis, frangais comme anglais; ile un grand nombre d'admirateurs même

parmi la population blanche, et les éauvages du Nord-Ouest resteront tranquilles tant que les Métis ne‘ leur donnpront pas’ Je mauvais exemple. 1ls' regardent tous Riel comme leur chef, et.le gouvernement agirait sagement en ne créant pas une révolte par quelque acte inconsidéré de sa part. |

Jo sais convaincu qu’il n'y à pas de troubles à craindre; l'ar-

: rivée de Kiel à calmé les esprits agités, et toutes ses paroles

préchent le paix Et les bons sentiments à toute la population

du pays. Je vous écris ce que je crois juste. Je n'ai d'autre but que de voir notre peuple tranquille et satisfait, et de vous informer de l'état des choses parmi nous. J'ai vu Riel trois ou

quatre fois, et jusqu’à présent je n'ai qué du bien à dire de Imi.

Le voir et converser avec lui ne laisse aucun donte dans l'esprit

©: de qui quece soit ; il est poli et modeste dans l'expression de,

ses opinions, et il esb loin d’être dur pour le gouvernement Dans ses discours publics, je n'ai pas entendu Riel parler avec mépris de qui jque ce soit en désapprouvant les choses ; il est toujours respectuenx eaVers les personnes revêtues de l'antorité, eb ilse montre réellément gentilhomme, quoi qu’en puissent dire certaines personnes. . ,

M2 lettre est déjà assez longue ; maïs ce ne sera pas de sitôt, AL le gouverneur que jo vous infligerani la péniteñce d'en lire ane autre. !

En vous présentant mes meilleurs souhaits, je demoure votre

éissant ét respectueux serviteur, .

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