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qu'on conduit à l'échafaud un homme privé de sa raison. Nous
avons demandé grâce ou pitié pour un condamné, nous crierons
se montre sourd à nos supplications : nous ne permettrions pas
: honte aux bourreaux d'un aliéné. Nous pouvons souffrir qu'on .
qu'on insultdt impunément aux principés élémentaires de lhu-,
‘manité, ”
(De la Minerve du 16 noveribre 1885.) LA SITUATION. Co [
D'après tontes les probabilités le soleil se couchera sur le
cadavre de Riel. À bien des points de vue, c'est un jour :
néfaste. Mais bien qu'aujourd'hui tout le deuil soit de notre côté, nous avous la conviction sincère que la douleur sera plus longue et plus cuisante pour ceux qui en font l'heure de triomphe, Ils ont mis la cruauté à la place de l'injustice; ils ont voulu de la revanche : ils l'ont, “ De ice jour, Les conditions de la politique sont changées. Depuis un quart de siècle le parti conservateur du-Bas-Canada à traîné à sa remorque des tron-
gons épars et. disparates de. coteries hypocrites qui s'étaient fauf- | |
#lées dans les rangs du parti conservateur haut canadien. Dans les ardeurs de la lutte, on ne fait guère attention à ces arrières. bans de latteurs q'uon ne connait pas toujours et dont on ne se défie pas. Quand on est honnête, loyal et généreux, on suppose volontiers chez les autres l'honnêteté, la loyauté et la générosité, C’est ainsi que les choses se sont passées depuis des années. au milieü d'une entente que nous prenions pourde l'esprit
public, et qui, chez une partié de la seclion haute-canadienne :
n'était que du calcul et de l'intrigue. C'est un peu la fable de 12
die et de ses petits. Pour ne pas aoir .bien choisi notre com-
Dot “ LA QUESTION MÉTISSE 847
er st
La
“pagnie, nous avons sdmis chez nous cette engeance qui s'y
organise et nous chasse maintenant du logis. Voilà le -court et
le long de cetto Histoire cruelle qui se termine par une ‘pen-' .: daison " Fe
“ Pour quelles raisons ail: tout de même (sir John) cédé à une poignée d’agioteurs-qui ne sont ni lô noyau ni la majorité de son parti. Nous.le saurons plus tard; car nous n'apprendrons.rien en disant qu'il se rendra des comptes à la prochaine session. Et nous le ‘jugerons, lui comme les autres. Si c'est,
comme nous croyons, le parti ofangiste qui'a présidé à l'acte
impolitique de ce jour, il y aura un règlement définitif entre ce parti et le nôtre, hormis que l’arrë'é de compte date d'aujourd'hui même. ce que nous serions loin de r-gretier. Si le gouvernement a eu la main forcée par cette coterie maussade qui vit exclu-
sivement de haine, ilen subira les conséquences. Nous sommes”
la tolérance même; notre caractère paisible semble parfois aller jusqu'à la faiblesse; mais les défis et les luttes sont loin de nous effrayer. Nous avons même pris pour patron un saint dont la tête servie sur.la table d'une courtisane, fat le, prix
-d'ane vengeance détestable. Nous sommes capables de résister,
‘oublier. Et quand un méchant, un fou, un incura
et nous résisterons, et telle est la gravité de la situation, que les
délibérations d'un parti qui, d'ordinaire, sont secrètes, doivent
aujourd’hui se tenir en plein jour dans les colonnes du journal comme dans les rencontres de la rue. Nous aurons à tenir conséil -
tout haut, devant tont le monde, en gens courageux qui n'avons pas à craindre les conséquences de notre détermination. ”
(De ls Minerve du 18 novembre 1885.) L'ŒUVRE DE DEMAIN.
| | su “# L’exécution de Touis Riel restera dans notre histoire comme une page noircie par une tache sinistre. On a cru ibstruire la société, punir un coupable, et par un étrange renversoment des choses on à glorilié un maniaque homicide, on scandâlisé d'une manière choquante tout un. peuple. Dans la fosse du condamné on a servi la haïne au lien d'y enterrer le regret, l’oubli d’un crime. ro n # La mort de Riel n’est rio, an homme de moins dans le monde est chose bien triviale. Les bons, les grands citoyens disparaissent, et dans an mois leurs amis mêmes so pronnen à lo, a été fauché par la mort, on 5e demande en revenant du cimetière,