‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 58 sur 77 · FT · texte numérisé non relu

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‘ si, après tout il n'est pag mieux qu'il soit là-bas, Pourquoi donc

, Riel, le rebelle fngitif de 1870, l'interné.de l'asile St-Jean de

. Dieu et de Beauport, le fauteur de la dernière révolte, le dénon-

‘ciatenr des évêques et des prêtres de sa religion, l'instigateur

” du soulèvement des sauvages, ot l’auteur responsable du mas-

sacre de ® Frog Lake, ” le piteux insurgé, se cachant parmi les

enfants. et les femmes, pendant que les siens se faisaient tuer à .

Batoche, péurquoi donc ce traitre, cet apostat, ce fou, car Riel

la été tout cela et rien que cela, prend-t-il une place si grande

dans les préoccupations de l'opinion ? Ce n'est pas la cause

- qu'il a voulu faire valoir en prenant les armes contre nous qui

-'jui a mérité ces sympathies. Non, puisque l'élite ‘de notre 2 jeunesse est allée servir contre lui. oo e

# Co n'est pas la nouvelle religion qu'il voulait établir, en purifiant l'église de Rome qui fait soulever en sa ‘faveur les rofestations de toute une population catholique. Quelle est la force mystérieuse qui fait tout ce mouvement, qui produit cet ouragan menaçant de renverser dans sa course réputations,. prestige, pouvoir, tout ce que l'on édifip avec les éléments les plus durables, sur les bases les plus solides ? C’est une chose en même tempsibien petite et bien grande, bien capricieuse et bien obstinée, bien tendre et bien cruelle, C’est lo froissement de l’âmour-propre national.

“ Riel ne laissera pas de trace dans la mémoire.des hommes

pue les. œuvres qu'il a faites, par lesidées qu'il a émises, par la ? octrine qu'il a préchée. et cependant son nom fait un sillon

profond dans le sol politique de notre pays. C'est que la main :

qui lui a passé au cou la corde du gibet a soufflété en passant

toute une nation, ï ;

1 t+ Cest que le cri de la justice demandanten mort, au nom de la loi; a été dominé par le cri du fanatisme demandant vengeance. Voilà pourquoi la mort de ce criminel a pris les pro-

.bortions d'un deuil national. Il n’y a pas de raisonneïnent qui . tienne, on s'est cru’insulté, on s'est cru’ bafoué, ilfaut se venger, il faut se battre, il faut détruire. Eh bien, nous avouons ‘ que nous sommes forcé de respecter ce séntiment-là. Etquand : ‘, Un brave homme vous dit, l'œil en feu, ]a poitrine haletante, la ;. lèvre blêine et frémissante : “ Oui, monsieur, c'est une honte ;-: "+ “c'est nous qu'on’ insulte ; que Riel soit un malheureux, un ” “ criminel, un fou, ça m'est bien égal, je rageen pensant qu'on’ ‘‘le pend parce que c’est un des nôtres ; si c'éûtété un des “ leurs, -ïls n'auraient pas laissé faire cela; etonne'l'aurait . “ pas pendu. ” Nous n’avons pas.de paroles piètes pour dire à ce brave homme qu'il a tort, ” | ‘ . :

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