‹ La vérité sur la Russie (volume 4)Chapitre 15 sur 37 · Q8 LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

Q8 LA VÉRITÉ

puissance de la bureaucratie, et combien il est impossible, même à un homme d'état bien intentionné, de rien accomplir de bon en Bussie, à moins d'un changement complet dans la forme de gouvernement, qui est la règne de l'absolutisme bureaucratique et du bon plaisir de la camarilla, revêtus tous lei deux du nom du souverain, lequel, le plui souvent, ignore les abus commis en son nom. En 1838, l'empereur Nicolas, dans l'intention de jeter les bases d'une future émancipation des serfs, voulant introduire l'ordie dans l'administration des paysans de la couronne, créa un ministère spécial, et pla^ à sa tête M. le comte Kissélew, homme éminent sous tous les rapports, doué d'une haute intelligence, connu pour sa loyauté,. Bd idées libérales, et constamment, pendant le eours d'une longue et honorable carrière, dévoué à la cause du progrès. M. le comte Eissélew avait administré et organisé la Moldavie et la Yalachie à peine échappées an joug musuhnan; il leur avait donné une organisation libérale et modérée, qui assure à aon auteur une place honorable dans l'histoire; pendant de longues années passées à

:e; aujourd'iim il occupe le poste émi* d'ambassadeur de Bussie en France, et it ces fonctions avec une haute distino» On voit qu'il a toujours parfaitement Geult ce qu'il a eu à faire. D'où vient qu'une fois ministre, son ministère fut i et dévaste par la bureaucratie? Gela à ce qu'en Bussie, comme nous l'avons os haut, la bureaucratie , en l'absence ite publicité, de toute discussion pu- I, de tout contrôle sérieux, est plus que les ministres les plus éminent«^ brte que l'empereur soi-disant absolu, borte que' ne le fut jamais l'empereur 18 lui-même, ce prince chez lequel le

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sang du peuple. Les paysans de la couronne ont bien dans leurs communes une administration soi-disant électiTe, mais elle ne Test guère de fait, puisque les autoritës ont le droit, à l'expiration du terme du mandat électif, de continuer dans leurs fonctions les individus dont ils ont eu à se louer. De cette manière, un paysan appelé à des fonctions communales pille ses administrés, et avec le fruit de ces rapines, il acquiert les bonnes grâces des employés qui le maintiennent à son poste. Un fonctionnaire communal électif ne satisfait-il point asse^ la rapacité des employés, ceux-ci trouvent surle-champ un moyen de le destituer et de le faire mettre en jugement.

Toutes les aâ'aires se traitant par écrit, d'après la forme bureaucratique, et la presque totalité des fonctionnaires communaux ne sachant ni lire ni écrire, il dépend toujours du secrétaire (^pissar) d'exposer ces fonctionnaires à transgresser les formaUtée légales, ce qui amène la mise en jugement D'un autre côté, ce même secrétaire étant à la nomination du gouvernement, se permet tous les abus possibles. Ainsi, la loi étabUt

rocès-verbal. TJn employé arrive dans 'rOjnnmne, fait administrer à un paysan, Oit son bon plaisir, trois ou quatre fois de coups de verges que la loi ne le 3t, et le secrétaire rédige un prooès- 1^ souvent antidaté, aux; termes duquel tient aurait reçu, soi-disant en vertu arrêt communal, le nombre de coups ïrges fixé par la loi. Le paysan veut-il r plainte? La loi ne lui permet point adresser aux tribunaux, et d'ailleurs, le ermît-elle, à quoi le mènerait ce re- , avec Torganisation actuelle de la jus- )n Russie, véritable échelle de vénalité, l'arbitraire au sommet? Un paysan de

priëtaires; mais en même temps il faxd également émanciper le paysan de la oou^ ronne du joug des employés, et introduiie en Bussie^ pour tout le monde, le règne da la loi égale et équitable pour tous, avec una procédure publique et orale, et un système de garanties sérieuses que nous examineron* à la fin de cet ouvrage. I^es paysans de Ift couronne, libres aux termes de la loi, sentent si bien qu'ils sont esclaves, que noiii en avons entendu nous dire : „ On va donner k „liberté aux serfs des propriétaires; quand nom „donnera-t-on la liberté, à nous autres?*'

Dans chaque province (goubemia) tous les pouvoirs se trouvent concentrés, les uns de droit, les autres de fait, dans les mains du gouverneur, à moins qu'il n'y ait un gonr vemeur général, ce qui est pire encore. Un gouverneur est bien souvent choisi parmi des individus n'ayant- ni assez de lelotionB, ni assez d'appuis à Saint-Pétersbourg, pour oser se permettre impunément des violationi ouvertes de la loi. Il se borne à l'éluder, à suivre une voie de concussions à demi voilées, assez du moins pour que le grand jour ne puisse y pénétrer. Tous les gouvemeurft

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de province ne se tronyent point dans la position de pouvoir se permettre de suivre l'exemple du lieutenant -général baron de Hoven, gouverneur, tour-à-tour, des provinces de Yoronèje, Novgorod et Grodno, lequel un jour, à Yoronèje, en pleine séance offi« cielle du conseil de régence provinciale {/joubernskoié pravlénic), l'un des conseillers lui indiquant dans un volume du Code des lois l'article qu'il allait violer, saisit ce volume, le plaça sur son fauteuil, et s'asseyant des- 808, dit au conseiller: ,,Eh bien, où est-elle maintenaut, votre loi?" On croira peut-être que M. de Howen fut enfermé dans une

* maison de fous? Que l'on se détrompe; il a

* t'té nommé sénateur, et il siège aujourd'hui I dans ce sénat, dont la mission ofÊcielle est "î de veiller à l'exécution des lois.

'■ La position des provinces administrées par des gouverneurs généraux est souvent plus malheureuse encore. Un gouverneur général CBt choisi, presque toujours, parmi les amis des ministres ou de la camarilla ; aussi peut-il se permettre impunément les violations de la loi les plus odieuses comme les plus ridicules. Nous aurions trop à faire si nous vou-

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lions énumërer tout oe que faisaie:

dignitaires, il n'y a pas bien longtem eore; ce que se permettait surtoot le Zakreyski, gouvemeur-gënéral de Mosci avait l'habitude de. dire que rien ne l'administration autant que ces maudUt «t qui fut renvoyé dernièrement, non onze années d'oppression et de vols, mai avoir, sans pudeur aucune, autorisé a madame la comtesse de Nesselrode, i mettre un acte de bigamie! Nous non nerons à citer les actes de quelqu d'entre les gouverneurs généraux a M. le comte Alexandre Strogonow^ g neur-général d'Odessa et de la Noi Bussie, beau-père de madame la grau cbesse Marie, a obtenti, en septembre l'autorisation de faire punir la désobéi des serfs envers leurs maîtres, suiva bon plaisir, sans tenir compte des fixées par la loi. Nous avons vu M. le Michel Gortchakow, vice-roi de Polog homme intègre et bon, connu pour se rage militaire, mais entièrement dés courage civil, et dominé par un foi noire ennemi achorué à» \«k w?^%«!

SURLAKUBSIE.

deft idccs éclairées, M. Paul Mouhanoiff obtenir la suppression d'un journal et la mise i k forteresse du rédacteur, M. Ogryszko, et pourquoi? pour la publication d'un article •nhéologiquc sans la moindre allusion politique, et notez-le bien, imprimé aoec le vita éê ia censure, par la raison que cet article était dû à la plume de l'un des chefs de l'émigration polonaise, l'illustre et respecta- Ue li. LeleweL Mais alors à quoi bon aroir me censure, si, après en avoir obtenu le vim, on est encore exposé à être jeté dans vu cachot et à se voir ruiné par la suppression de son journal? M. Ignaticw, gouverneor-gcncral de Saint-Pétersbourg, mécontent de quelques paroles pronoueccs à la séance de la municipalité par un marchand membre de cette municipalité, M. Malkow, le lut venir, lui dit des injures, et le fait mettre aux arrêts, sans en avoir le moindre cftit. M. Malkow porte plainte au sénat, qui seul a le droit de juger les gouverneurs. Le sénat se permet de demander modestement au gouverneur-général des explications BUT cette affaire. Lh-àessus le ministre de hjastJce, comté Fanine, lance au sénat \tû.

Ug LA V£BITË

papier qui n'était au fond qu'une yeriis et insolente réprimande, ot le chef Bupérieur de la police politique, le prince Basile Dolgoroukowy ayant fait venir 1£. Malkow, loi signifie que, s'il osait encore donner Buîta à celte affaire et s'il ne retirait point' n plainte., il serait envoyé en exil sans proeèi ni jugement. Comment peut-on s'attendre à trouver la moindre équité chez de petits employés, lorsque de hauts dignitaires, lei ministres eux-mcmes, donnent l'exemple de la violation la plus inique et la plus e&ùùtéc de toutes les lois et do toute équité?

Le gouverneur de chaque province est assisté, dans le conseil de régence provincialei de conseillers ayant le droit, en cas û» dit*sentiment d'opinions, de faire consigner leur avis au procès-verbal, lequel est alors envoyé à l'examen du ministre de l'intérieiir. Il y a de plus, dans chaque province, an procureur nommé par le ministre de la jiiticc, ayant le devoir de veiller à l'exécution de la loi et le droit d'anjiuler, par refus de contreseing, tout proccs-verbal du conseil de légencc provinciale. Mais si un procureur m met en orposition avec le gouverneur^ 1«

■ànîstre de la justice se haie soit de le rd* Toqner, soit de le &ire permuter avec Fnn de ses collègues^ en renvojant dans uue province éloignée dont le séjour puisse lui èlre désagréable. Les conseillers de régence sont nommés par le ministre de l'intérieur: as sonty pour la plupart du temps, des employés sans fortune^ ayides de s'en créer une; ils arrivent dans une province qu'ils ne connaissent point et ne se soucient nullement de connaître, et le meilleur moyen de se remplir les poches étant de fiEdre sa conr au gouverneur, ils vont au-devant des ' désirs de celui-ci. Les conseils de régence provinciaux prélèvent un impôt régulier sur ] tous les fonctionnaires de la province, sur i les maîtres de police des villes (jgorodnitchyî), sur les chefs de la police rurale des districts {iipravnik), ainsi que sur tous ceux qui se trouvent en contact, pour la moindre affaire, avec le conseil provincial. Les appointements des employés étant minimes au point de les exposer à la misère si, n ayant point de fortune personnelle, ik voulaient rester honnêtes, on peut gisement penser que pour Satisfaire la rapacité de leurs chefs, ils sont

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obliges de voler eux-mêmes. Un employa ne voudrait point payer ses chefs s'ex; rait à tire destitue et mis en jugement Code russe étant un dédale inexlricabl formalités aussi chicanières qu'inutilei bien du pays, de formalités impossibles à plir dans leur entier, mais dont la non-o vance entraîne destitution et jugement, ne peut acheter sa sécurité qu'à prix gent. Ainsi, les ispravnik sont imposé 1,000 à 1,500 roubles (de 4 000 à É francs) ; l'impôt sur les gorodnitchyi varie vant rimportance de la ville qu'ils t nistrent; dans tellp ville commerciale i port sur une rivière navigable, le ch€ la ville paye au conseil de province ju 3,000 roubles (12,000 francs), sans coi l'obligation d'héberger les employés à ville de province lors de leur arrivée la ville qu'il administre, do leur faire bonne chère et de les régaler de vin de C pagne. Dans les villes pauvres et déi de commerce, l'Impôt ne dépasse point roubles (2.000 francs). Malheur à colu ne payerait point! D'un autre côté, ton Jiabitauts d'une ville, les marchands su:

f a point de marcnand dont la boutique >it exposée à être subitement fermëe, au la petit tyran, et le commerce suspendu

longtemps qu^il plaira à ce dernier.

les districts, les propriétaires qui ont Hissantes relations de famille, ou bien ccupent des places ëleyëes, sont certaine-

à Fàbri des vexations : l'administration I ne ménage que ceux qu'elle craint.

tous les autres doivent s'exécuter , et r; même les intendants des propriétaires ants, mais constamment absents de leurs B,*Bont astreints au tribut, à cause de gnement de leurs patrons , et de la posté aux employés de leur faire subir des

publics. A côté se trouvait une maison bica modeste, appartenant à un homme assez pauvre. La dame voulut acheter cette maison presque à moitié prix, pour agrandir l'ëtablissement de bains. Sur le refus du propriétaire, on lui déclare que le gouverneur général se- trouvant investi de pleins pouvoirs, renverrait en exil, soi-disant pour cause d'opinions politiques et de propos imprudents. C'était à répoque de la terreur qui planait sur la Eussie dans les dernières années da règne de l'empereur Nicolas; rien n'était plus facile que d'exiler ua homme; le malheureux céda, et vendit sa maison à moitié prix.

Dans l'une des communes des paysans de la couronne, dans la province de Toula, il y avait en plein champ une immense pierre pesant quelques milliers de kilogrammes. TJn jour, le chef du cercle arrive, réunit les paysans, et leur annonce avoir reçu de l'empereur l'ordre de leur prescrire de transporter cette pierre à Saint-Pétersbourg. Les paysans se récrient en signalant l'immense poids de la pierre, et prient le chef du cercle de tâcher de leur éviter cette besogne. L'employé

avaii; jamais ete aonne.

ipoque la plus active des travaux cham- , à rëpoque de la moisson et do la »n, par exemple, on voit souvent arriez les paysans de la couronne, ainsi iez les serfs des terres où les propriéne résident point, des employés soivenuB pour fSaire une enquête, souvent Le affaire imaginaire. Ils font chercher ysans les' plus aisés, et les retiennent quatre jours, sous le prétexte de leur abir un interrogatoire. L'urgente nécesl'ont ces paysans de retourner à leurs s les décide à donner de Taxant aux rés, et l'enquête se trouve close en un

nourriture , pendant ces deux mois , de la vache, laquelle avait été retenue pendant tout ce temps à la police, comme impliquée dans un ^ëlit de coups et blessures.

Dans la province de Yiatka, il y a une trentaine d'années de cela, le secrâaire du conseil de régence provinciale, M. Padarine,avait l'habitude, lorsqu'un bourgeois ou un paysan l'abordait pour le solliciter au sujet d'une affaire, de lui répondre : „Allei au' diable!" et de lui tourner le dos. Alors un employé compère s'approchait du solliciteur, et lui demandait : „Que vous a répondu IC. „le secrétaire? — Il m'a envoyé au diable. — „MaiB alors il faut y aller. — Je ne vous „ comprends pas. — Mais vous ne savez „doiïc pas que le diable donne ses audien- „ce8 deux foie par semaine, tel et tel jour, „à telle heure de la soirée, dans une mai- „son de telle rue écartée? Allez-y, croyez- „moi, vous vous en trouverez bien. Seule- „ment, sachez qu'il faut payer M. le diable. ^^ Le solliciteur se rendait à l'endroit désigné, et se trouvait introduit dans une immense chambre mal éclairée, partagée en deux par une cloison. De l'autre c&té de la cloison ro<i

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tentisiait une toîï qui demandait au soUîoiteur : „Ûiio Tonlez-rous? — MoriBeigjîcur k^ „ diable. Je vieiiB pour telle affaire;" et il expose it sa requête. Le prétendu diable, toujours iiiTisible derrière la cbison, répondait ; ,,Do* „ po«e5i telle somme d'argent sur k table qui „&c trouve à côte de Toue, et fuyea à toutes ,1 jambes» Yotre affaire sera faite.*''

FouB avons connu plue tord Padarine. Aprèi avoir araaseé une jolie fortune par oe moyen honorable, il ie rendit à Stiint- ?eter«bourg, denua d© Targent à qui de droitj et m fit nommer TÎcû-gouveniear dons sa province natale, dans cc1to même province de Yiatkû où il avait reprëfieatç le diable, îfouÊ étions à cotte époque cxild par Fem* pereur Kicolae dans eette même ville de ?jatka, et nom y avons passé xui© année au milieu de ecs habitants si bons, si prévenants, si hospitaliers, dont l'accueil cordial et afibctueux ne s'effacera jamais de notre souvenir. Padarine, vice -gouverneur, remplissait alors ad intérim les fonctions de gouverneur de la province, et se livrait à des exactions quotidiennes, beau^ coup trop nombreuses pour être racpntée»

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ici, et doat nous réservons le récit pour nos mémoires.

L'une des branches les plus lucratives du vol public organisé^ ce sont les fermes des eaux-de-vie. Nous consacrerons un chapitre spécial à cette partie si grave de l'anarchie^ appelée administration russe; ici, nous nous bornerons à dire, que les sommes données par un fermier de toute une province aux employés de divers grades, ne sauraient jamais descendre au-dessous de 50,000 roubles (200,000 francs), et pour un fermier d'un seul district, au-dessous de 5,000 roubles (20,000 fr.).

La conscription est une branche lucrative de revenus pour les employés , surtout po^r ceux du ministère des domaines. Chex les' paysans de la couronne, le tirage ayant lien au sort, une partie des bons billets sont ordinairement vendus et distribués d'avance aux fils des paysans riches, et ces derniers ne prennent part au tirage que pour la forme.

Voulez-vous obtenir d'un bureau d'administration un renseignement autorisé par la loi, ou bien prendre une copie légale d'un acte quelconque? vous devez payer, sinon

TOTiB ne l'obtiendrez jamais. Le payement des impôts eux-mêmes doit être accompagné d'un tribut, à défaut duquel tous serez obligé d'attendre des semaines entières pour obtenir la quittance voulue par la loi. Tout s'achète et tout se vend en Eussie.

Nous savons bien que l'insuffisance des appointements place la plupart des employés dans l'obligation d'opter entre une profonde nùsère ou un vol permanent. H faudrait certainement diminuer le nombre des employés et augmenter les appointements de ceux que l'on conserverait. Mais il ne faut point se laisser aller à rillusion de croire, que Taugnieiitaliou des appointements déracinerait le vol; d'autres mesures, d'autres réformes sont indispensables pour guérir cette plaie qui nièiie le gouvernement russe à Tabîme. Ou voit des voleurs parmi les hauts fonctionuaires; on en a vu parmi les ministres : ceuxlà ne sauraient arguer de Tinsuffisance de leur traitement (1). Le mal n'est point seule-

(1) On disait de la femme d'un ministre, feu

la comtesse , très-connue par ses concussions,

qu'elle mettait une grande différence entre ses amis

ment dans les hommes; il est surtout daiïB le système. On ne saurait le gaërir sans avoir recours à quatre réformes indispensables :

1 ) Des tribunaux entièrement indépendants du pouvoir administratif;

2) Une large publicité, cette tête' de Méduse du vol et des abus;

3) La révision des lois de l'empire;

4) Un syôtème de garanties scrieuseé, transformant en une vérité ces lois qui ne sont, jusqu'à ce jour, que des feuilles de papier.

L'une des plaies les plus graves de la Bossie, c'est une centralisation immense, excessive, dont on ne saurait se faire une idée même dans celles des contrées de TEurope qui se plaignent le plus de ce mal. Cest l'arme dé guerre au moyen de laquelle la bureaucratie, d'un côté, a étendu sur la Russie entière son funeste réseau, et de l'autre, paralyse les efforts de ceux d'entre les ministres qui voudraient opérer le bien, paralyse les bon-

ct ses ennemis : elle exigeait des cadeaux de ses eanemis; elle en acceptaii de ses amis.

mm ImA Bt/ag|fi,

Bes inientioHB do TemperDur lui-même» Eu Euesic, toute rexigleucG humaine, depuii h berceau juBqu'à la tombe, ee trou%^e pIac<^o sonç tutelle, eoumiBe aux formalitéa bureaucratiques, enlacée par ellce; rittitiative indmduelle ee trouve eu chaînée» Il n'y a pa» longtemps eueore, soui le dernier vkgner le gouTemement €ûuai<]ëruit Tesprit comme uu emieuii public, et n'exigeait que l'obéieBSncc la pluâ abeolu€, la plus serrile. Cette matmm de voir ei absurde j eu parti© abuudouiiec par Vempepeur aetueH pré?aut oncure dans la plupart jdea hautes rëgions adminiBtraiiyes, dans la plupart des ministères , dans la presque totalité des bureaux, tant il est comptetemeut impossible aux hommes qui, pendant trente années consécutiTes , ont tripoté dans les ténèbres au profit de leurs intérêts personnels, de travailler au bien de leur pays loyalement, au grand jour de la publicité, à la lumière du soleil.

Si un gouverneur de province, si un ministre, si l'empereur voulaient lire seulement la moitié des papiers qu'ils ont l'habitude de signer, trente heures de travail par Jour ne leur suffiraient point. Aussi l'empeTeux,

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soi-disant autocrate, n'ayant point le temps matériellement indispensable à Texamcn des affaires, est obligé de s'en reposer sur les ministres et les gouverneurs des provinces.

- Les ministres et les gouverneurs des provinces, n'ayant point non plus le temps d'examiner les affaires, sont obligés de s'en reposer sur les bureaux, et les destinées de la Eussie se trouvent, de fait, livrées à la merci d'une bureaucratie incapable, ignoble et pillarde, laquelle considère le vol comme sa propriété la plus Jcgitime, et préférerait laisser choir le gouvernement dans l'abîme, plutôt que de consentir à l'institution d'une

.publicité réelle et de garanties sérieuses.

Il faut absolument décentraliser l'administration russe; il faut réserver à l'examen exclusif des ministres et de l'autorité centrale toutes les affaires relatives, soit aux intérêts généraux de l'empire, soit aux intérêts communs de plusieurs provinces. Mais il faut laisser à chaque province le droit do-' décider sur toutes les questions locales, sur toutes les affaires qui touchent aux intérêts de la province même, sauf, comme de raison, le veto du gouvernement central dans

les questions d'oiie ceitaino importance. Seulement, pour mettre une barrière aux pré- Tarications des gouverneurs, il faudrait remplacer les conseils provinciaux actuels (goubernskoié pravléniê), composés en majorité de bureaucrates incapables et voleurs, par un conseil électif, élu pour un certain nombre d'années, par tons les propriétaires fonciers possédant une certaine quantité de terrain, \ ainsi que par tous les propriétaires urbains, I possédant dans les villes des maisons d'une certaine valeur, sans aucune distinction de caste ni d'origine. Il faudrait placer à la ^ tête de ce conseil, comme aujourd'hui, un gouverneur et un vice -gouverneur nommés par Tautorité centrale, et dans le cas de dissentiment entre le gouverneur et le conseil provincial, le conseil des ministres jugerait en dernier ressort la question, si elle est administrative de sa nature. Pour les questions touchant à des droits garantis par la législation, ce serait au sénat à décider. Il va sans dire que tous les tribunaux devraient être complètement soustraits à toute influence du gouverneur comme du conseil provinciaU De cette manière les intérêts de chaque pro-

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soi-disant autocrate, n'ayant point le temps matériellement indispensable à l'examen des affaires, est obligé de s'en reposer sur les ministres et les gouverneurs des provinces.

- Les ministres et les gouverneurs des provinces, n'ayant point non plus le temps d'examiner les affaires, sont obligés de s'en reposer sur les bureaux, et les destinées de la Kussie se trouvent, de fait, livrées à la merci d'une bureaucratie incapable, ignoble et pillarde, laquelle considère le vol comme sa propriété la plus Jégitime, et préférerait laisser choir le gouvernement dans l'abime, plutôt que de consentir à l'institution d'une

.publicité réelle et de garanties sérieuses.

Il fotut absolument décentraliser l'administration russe; il faut réserver à l'examen exclusif des ministres et de l'autorité centrale toutes les affaires relatives, soit aux intérêts généraux de l'empire, soit aux intérêts communs de plusieurs provinces. Mais il faut laisser à chaque province le droit de^ décider sur toutes les questions locales, sur toutes les affaires qui touchent aux intérêts de la province même, sauf, comme de raison, le veto du gouvernement central

SUB hk nUEMÊ.

Ike qaeslioïis d^une certaine importaTioe* Ron* llement, pour meltro une barrière aux pr*5» Taricatioiis dea gouvcmottrSj il faudrait remplacer les conseib provinciaux aotîiek (gouhermkùié pravléniè), compoees en majorité de biireaucrûtes incapables et to leurs, par nu ^nseil électif, élu pour un oertaîu nombre [ d^anneee , par tous les propriutaifes fonciers ^possédant une certaine quantité de terralii^ lunsi que par tous les propriétaires urbains, ' |»D9sédant dans les yilles dos maisons d^uno certaine Taleur, sanB aucune distinction de caate ni d^origîne. Il faudrait placer à la lête de ce conseil, comme aujourd'hui, un goavernéfir et un ^dce-gouTemeui nommés par l'autorité centrale, et dans le cas de dissentiment entre le gouverneur et le conseil pTovincial, le conseil de# ministres jugerait en dernier ressort la question, si elle est administrative de sa nature. Pour les questions touchant à des droits garantis par la législation, ce serait au sénat à décider, 11 Ta sans dire que tous les tribunaux devraient Être complètement soustraits à toute inâuence du gouverneur comme du conseil provincial. Be cette manière les intérêts de chaque çro*

yiuce se trouveraient conâés -aux mains d'hommes de cette contrée même, jouissant de la confiance de leurs concitoyens, parfaitement au fait des, besoins comme des ressources de leur localité, et bien plus aptes à en décider que les individus envoyés de Saint-Pétersbourg, choisis au hasard, et le plus souvent très-mal choisis.

Il faut absolument abolir le ministère des domaines, devenu, surtout sous le ministre actuel, M. Michel Mourawiew, un véritable foyer d'exactions; ministère complètement inutile au bien de l'état et très-nuisible «nz intérêts de ses administrés. Les paysans de la couronne,' de même que les serfs émancipés, doivent être placés sous le régime de la loi, égale pour tous, et en ânancipant les serfs do la tutelle des nobles, il faut ansai émanciper les paysans de la couronne àê l'odieuse tutelle des employés.

ffi^'itrefite des grades bureaucratiques.

Dans raacieniie Eassio, il y avait un nmgB qui arait fini par passer ©n loi, aux tenues ^luqiiel un liomme dont le père, ou le grandpère, ou Faieul, et ainsi de suite, ayait oc* mfé nne place plus élevée que le père, ou le grand-pcre, ou Taieul de tel autre, ne ÎKJuvmît se trouver placé souj les ordres dô et dernier dans aucuue branche du servi ee public, Boit civil, soit militaire, boîè à la cour du czar, sans porter atteinte à Thonnenï " de sa Emilie. On peut juger de la confusion ({m en rt'Bultaîtj des procès journaliers qui Tenaient entraver et la marclio des affaires et les opérations militaires. Cette ànstitution, appelée mestnifcheslvo^ fut abolie en 1682 peur le czar Théodore 111, frère aîné de rieïT€

le Grand. Mais une institution qui a dure des siècles et pris racine dans les moeurs, pour être abolie d'un trait de plume , n'en conserve pas moins son influence , et pour avoir disparu de la politique oMcielle, n'en continue pas moins à exercer son empire, souvent même sa tyrannie, dans le cercle des relations privées, de l'existence quotidienne, et à cette influence rayée des lois, mais enracinée dans les moeurs, personne, quelle que soit sa position sociale, ne saurait échapper. Pour déraciner complètement cette influence, il fallait remplacer l'institution abolie par une autre, fortement organisée. Cest ce que flt Pierre le Grand quarante années après, en 1722, en établissant la tabél o ranghah, vaste tableau des rangs, qui réglait l'ordre de préséance des divers grades, en russe : ichine. Peux raisons l'y décidèrent. En premier lieu, il fallait abattre l'opposition de la majorité, très-peu éclairée, de la noblesse, qui se tenait à l'écart des réformes, et cherchait de toute maniàro à éviter le service public; en second lieu, il fallait donner une position digne et oon* venable aux nombreux étrangers, yemui à

SUR LA RITSSÏE.

cette époque apporter a la Bui^sia le tribut d€ leurs lumière & et de leurs capacités, et qui, malgré Im services rendus par eux, malgré la bienToillïmoe que leur témoignait Tempereur, continuaient à être regardés comme des intrus et parvenaient rarement à se faire traiter sur iin pied d'égalité. Mais Pierre le Grand avait trop fFesprit peur ne point comprendre qu'un gouTernement^ qui ne fi -appuie ni sur les lumièrca ni sur les capaci* tés, marche k m décadence, et que la lutte contre la ciTilisation finirait par amener un grand état à la position d^un homme paralysé (ceci a été bien prouvé, au reste, par la dernière guerre de Crimée, dont les dé^ sastres et les hontes, malgré le magnifique courage et l'admirable dévouement des soldats russes, ont été dus exclusivement aux abus enracinés par cette haine de la civili* sation qui a signalé les trente années du régime précédent. On ne saurait le répéter ni assez souvent, ni assez haut, à titre d'avis). Pierre le Grand se garda bien de commettre l'énorme faute de se lier les mains pour le choix des hommes capables, et éta* blit en principe, que le souverain pourrait

J34 l'A VÉRITÉ

donner à chaque personne de son choix le grade qu'il lui plairait de lui conférer. Sous le règne de Tcmpereur Paul, malheureux prince, on le sait, en proie souvent à une maladie mentale, il fut établi que dans toutes les branches du service oîvil on devait parcourir toute la hiérarchie des divers grades l'un après l'autre; on ne fit d'exception que pour les fonctions de cour, pour les chambellans et les gentilshommes de la chambre; en d'autres termes, on abolit l'usage établi par Pierre I*', là oh. il se trouvait être véritablement utile au bien du pays, et on le conserva là où il était complètement inutile. Alexandre I**, au lieu de rétablir Tusage de Pierre I~, abolit en 1809 l'exception faite pour les chambellans et les gentilshommes de la chambre. Ainsi, l'empereur de toutes les Kussies, soi-disant autocrate, se trouve complotement privé du droit dévolu non-seulement à tous les souverains constitutionnels, mais encore aux présidents des républiques eux-mêmes, du droit de choisir les fonctionnaires. En Eussie, pour ooca* per une place, il est de rigueur d'avoir un ^de correspondant. 8i le souverain trouve

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«A IfeMime hamiMe et eipable ^oœnper une fimetioii qvéloonqiiey aiaÎB n'ajmt point le gnde nrfoetiaiie pour oetto place, il ne Bannît Vj wppdier» Cette inatitatioii est la galantie 1» plna ftwte aecoxdtfe à la nullité à la buaeaae, à 1» véDalit^; ansn, de tontes les reformée, celle^ èit-elle la pins antipaâiiqne à la tonte-pmsaante bnreaneratîe. Se tons lea el>nsy rezktenee dn (dune est le pins diflteîle à déranner, à eanse dn nombie et de l^Miaewce de ses dëfeosenn. En Bnsaie, le nëiite d'an homme est nn grand obstacle à son arancement, surtout s'il j joint le sentiment, de la dignitë personnelle; la finesse, eette qualité prëdominante chez les esclayes, y est prise pour de l'esprit; le mérite est redouta de la masse des nullités qui dirigent l'administration; le sentiment de la dignité est considère, par la bureaucratie et la camarilla, à peu près comme use offense personnelle; un homme habitué à saluer, à flatter, à intriguer, à ramper, décidé à voler, parvient à tout, et plus il est plat, obséquieux, flatteur, intrigant, avide, plus vite il arrive.

Se quelle utilité peuveovils être à la

Euseie, tous ces tchines ridicules, dont on ne peut entendre rënnmëration sans nn soarire involontaire? Secrétaire de provinoei secrétaire de collège, conseiller honoraire, assesseur de collège, conseiller de cour, conseiller de collège, conseiller d'état, conseiller d'état actuel, conseiller privé, conseiller privé actuel de deuxième classe, conseiller privé actuel de première classe, liste ridicule de mandarins déconsidérés! La EuBsie est le pays où il j a le plus de conseillers, et où Ton demande le moins de conseils.

Dans tous les pajs civilisés, un homme qui aurait consacré dix ou quinze années de sa vie à l'étude, aux voyages, aux occupations agronomiques, industrielles, commerciales, qui aurait acquis des connaissanceB spéciales, qui connaîtrait bien son pays, oecuperait ensuite un emploi public, et pourrait y être éminemment utile. En Easaie, il en est tout autrement. Un homme qui aurait quitté le service pour plusieurs années ne pourrait y rentrer qu'avec le grade qu'il avait au moment de sa démission; celui qui n'aurait jamais servi ne poumit

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7 entrer qu'avec le grade le plnd infërieur, quels que fussent d'ailleurs son âge et son mérite; tandis qu'un fripon, un demi-crétin, pour peu qu'il ne quitte jamais le service, finira par arriver aux postes les plus élevés. De là vient cette singulière anomalie, qu'au milieu de la nation russe, si intelligente, douée de qualités si admirables, où l'esprit, on peut le dire, court les villages, l'administration se signale par une incapacité, laquelle, croissant toujours à mesure qu'on approche des grades élevés, finit, à certains hauts échelons administratifs, par dégénérer en un demi -idiotisme véritable. Aussi est-il difficile de a'imaginer à quel point le tchine en général, et les hauts fonctionnaires en particulier, sdnt tombes dans le mépris public. Parmi les généraux en chef et les conseillers privés actuels, grade civil correspondant à celui de général en chef, la très-grande majorité est d'une telle nullité, qu'on ne saurait en faire de bons commis; plusieurs sont des gens tarés; il 7 a un conseiller privé actuel connu pour avoir reçu des coups de pied et des coups do bâton.

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£u Europe, un jeune homme sans fortune, ayant reçu une bonne éducation et désireux de faire honorablement son chemin, choisit entre diverses carrières, suivant son aptitude et ses goûts, entre la littérature, les sciences, les arts, la profession d'avocat, l'industrie, le commerce. Au bout d'un certain nombre d'années, il acquiert une honorable aisance, quelquefois une fortime; admis au service public dans un poste sérieux, il est utile à son pays, et si des circonstances particulières ou bien des évé* nements politiques le décident ou Tobligent à se retirer des affaires publiques, il retourne à ses occupations premières, que le plus souvent il n'a point abandonnées même pendant sa carrière de fonctionnaire. En Kussie, il en est tout autrement. Un jeune homme qui veut s'assurer une existence indépendante entre au service, dans les bureaux d'une administration quelconque; il passe les plus belles années de sa vie à copier des papiers et à faire la cour à ses chefs, au moindre mécontentement desquels il serait mis à la porte. Que voit-il autour d^ lui? Le mérite écarté, la loyauté pers^

cutée, la nullitë recherchée, le vol comble d'ëloges, et d^ord ^des noms, d'habileté et de prodence, la bassesse protégé et ëleyée de grade en grade. S'avisc-t-il de rester honnête et digna? on Ini fait mille chicanes; toute carrière lui est fermée; il finit par suivre l'exemple de ses collègues; il flatte, il intrigue, il rampe, il vole, et le voilà accomplissant une carrière administrative plus ou moins rapide, juste comme en Asie. Mais il ne faut point oublier qu'en Kussie, de même qu'en Asie, il n'y a point de fonctions inamovibles ; le plus haut fonctionnaire peut être destitué, c'est-à-dire apprendre un beau jour, à son grand otonnemont, qu'il a sollicité sa démission, et qu'elle vient de lui être gracieu'sement accordée. Aussi le haut fonctionnaire, dans sa sphère élevée, sauf un petit nombre d'honorables exceptions, agit comme le petit fonctionnaire dans son humble sphère; il flatte, il intrigue, il rampe, il vole, pour se maintenir dans sa place, pour recevoir des cordous ou d'autres signes de distinction honorifique, n'ayant aucune valeur par eux-mêmes, mais agréables aux hauts fonctionnaires qui eu

sont Tobjet, par la raison qu'ils éyeillent la jalousie de ceux d'entre leurs collègues qui n'ont point encore obtenu de pareils hochets. On peut aisément se représenter qu'arrivés à soixante-dix ou quatre-vingt ans, ces hauts fonctionnaires sont les ennemis déclarés de tout progrès, de toute amélioration, et que tous les efforts de leur finesse sont employés à combattre les idées de réforme. Ils ne peuvent s'empêcher d'avoir l'instinct de l'impossibilité de la durée de cette anarchie organisée; ils comprennent même que des réformes incomplètes, maladroites, insuffisantes, mèneront la Kussie à un cataclysme épouvantable.... Mais ils sont vieux, fatigués, ils n'ont plus qu'un bien petit nombre d'années à vivre, et ils se disent : „ Après nous, le déluge — "

Parmi les réformes indispensables pour empêcher la Russie de tomber dans l'abime, l'une des plus importantes, l'une de celles qui souflfrent le moins de retard, c'est l'abolition du tchine, de cette institution qui ne permet point au gouvernement d'employer les hommes de mérite qu'il aurait trouvés dans les diverses classes de la société, qui

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