‹ La vérité sur la Russie (volume 4)Chapitre 29 sur 37 · DES FINANCES · texte numérisé non relu

DES FINANCES

La Bnssie, nous Favons dit plus haut, est le pays classique du mensonge officiel. Le Bronton de l'édifice tourné du côté de V£u- Kipe a un aspect européen; mais entrez à 'intérieur, portez vos regards autour de vous, st vous vous trouverez en pleine Asie. Ainsi ie principe de la nécessité de la publicité in budget, devenu aujourd'hui en Europe un principe élémentaire de la science du goureniement, se trouve contesté par la toutepuissante et toute pillarde bureaucratie lusse. Cette bureaucratie, enfant de l'idiotisme et Je la rapacité, dominant les ministres qui lui servent d'organes et d'instruments, dominant la camarilla si incapable et si dé- Dousidérée qui lui sert d'appui, empêche la publicité du budget, et les fonctionnaires employés à la confection do oe dernier so

LA V^JLITé.

mais s'imagine que Totat et les fonctions publiques se trouvent crëës pour son usage à clic. Wrontchenko remplaça le comte Cancrinc, et se mit à chercher un adjoint plus incapable encore que lui-même, ei^ d'autres termes, dénué de toute capacité. Son chois tomba d'abord sur un sénateur, M.. Orooos, lequel, au bout d'un certain temps, eut la loyauté de reconuÉdlre son peu d'aptiUido pour ces fonctions, et se retira pour rentrer obscurément dans le sein du sénat. Alors Wrontchenko prit pour adjoint M. Brock, fonctionnaire dénué do toute capacité, un vrai type' de bureaucrate, et à la mort de Wrontchenko, en 1852, M. Brock devint ministre des finances. Pendant toute la durée de son ministère, il fut constamment sous la double influence do quelques obscurs employés de ses bureaux et du baron Stieglitz, lequel, ayaat hérité de la maison de banque et de la fortune de son père, sans avoir nullement hérité de son mérite, se trouvait lui-même sous l'influence du principal do SCS associés, M. Felileisen. Voilà comment le ministère des finances marcha do 1852 à 1858, et ceci explique la raison

SDB LA RUSSIE.

iitc administration ruBso, où un homme de 'rite arrive bien rarement au ministère,

le mérite et la dignité du caractère serit le plus souvent d'obstacles à toute carre élevée. H va sans dire qu'il était Tenm acharné de toute publicité et do tout itrôle. La loi prescrivant au ministre de fsenter le budget à l'empereur, après exa^ n au conseil de V empire, au plus tard le

décembre, le ministre se garda bien de tenter son budget au conseil dans la mce du lundi 30, où l'on aurait ru jeter

yeux dessus, et sinon l'examiner, au ins le parcourir. D'accord avec le présiat du conseil, le prince Orlow, ennemi égaaent acharné de toutes les réformes et rlisan obstiné de tous les, abus, il fit con- ^uer pour mardi, dix heures du matin, e séance extraordinaire du conseil de l'em- •e, dont les ministres font partie, en prenant à l'avance les membres du conseil, 'à midi et demi le comité des ministres vait tenir sa séance hebdomadaire, et que as l'intervalle des deux séances, le budt devait ctre présenté à l'empereur, après oir été approuvé par le conseil de l'em-

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une époque de rénovation complète pour la Bussio ; au moment où la civilisation se fait jour, dans notre pays, à grandes trouées; an monicnt où l'opinion publique est devenue une puissance, une grande puissance, avec laquelle il faut sérieusement compter, M. Kniajévicz désire se mettre au mieux avec Topinion publique : néanmoins, il ne par* vient pas toujours à rompre avec ces funestes traditions bureaucratiques qui font le malheur de la Bussie. Parmi les faits qui honorent M. Kniajévicz, il faut citer l'appel à des fonctions importantes, dons le ministère des finances, de quelques hommes connus par leur mérite et leur intégrité; 1» création de plusieurs comités chargés do Texame 11 de diverses questions économiques et financicTCs, comités composés non de bureaucrates, suivant Tantique usage, mais d'hommes connlLs par leurs études spéciales et leur honorabilité personnelle ; plusieurs d'entre eux, n'occupant aucune fonction publique, 60 trouvent aussi indépendants par leur position que par leur caractère; enfin, l'essai aujourd'hui entrepris de la réorganisation des établissements de crédit de l'état. Pour un

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komme d'im ftge avance, ayant passe sa vie dans les bureaux, rompie avec les vieilles faaditioPH bureauxsxatiqoes et entrer dans la Yoie des réformes, constitue déjà un YXfà mérite. J^xm autre ùUA,. la maladresse in« mgne apportée dans la conclusion des deux emprunts de 1869, l'emprunt intérieur comme ^emprunt extérieur, ne parle point en isir -yeur de la capacité du ministre. U y a pis encore; la dép]i>rable circulaire relatÎTe à la prohibition des sociétés de tempérance (voyei le chapitre XII de cet ouyra^) déconsidère complètement les trois ministres qui ont eu le malheur de la signer (ceux des finances, de l'intérieur et des domaines de la couronne).

En ce moment, une* terrible crise financière s'appesantit sur la Bussie. Si Ton se reporte à 1858 , à ime époque éloignée de moins de trois annéei^; si Ion se rappelle le grand nombre d'associations industrielles qui se formaient alors journellement, la facilité extrême ayec laquelle ces associations trouvaient de l'argent; comment, pour un million de capitaux demandés, on voyait le public souscrire pour huit ou dix millions^

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