DE LA DEUXIÈME ÉDITION. H
crimes de ses prédéceBseursi inexorable loi des monarchies absolues I
A la nouTelle de la mort de rerapereîîr Nicolas, la Bue si e ontièrc respira^ et nous fîmes commos tous nos coïupatnotcfi , sauf une petite minorité i nous nous rojouimes de voir finir nn rL%i3ne odieux, Néanmoins ceux qui, comme noua, connaissaient et les hommes places au pouvoir et ceux qui allaient j arriTer* connaissaient le yûrituble état des ehofies, ne partageaient nullement les belles et décevantes illusions auxquelles la majorité du public se laissa aller pendant trois ou quatre années
î^ous connaissions F entourage du nouveau souverain, ainsi que les amis des personnes qui formaient cet entourage; nous connaissions tous ces hommes dont l'influence tend à devenir , de jour en jour, plus antipathique à la Russie et plus funeste à cet excellent prince
et à sa dynastie Sous le nouveau règne,
nous n'avions plus besoin de fuir ; les passe-
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ports n'étaient plus refuses, à quelques exceptions près cependant .... Mais nous persistâmes dans notre résolution d'émigrer, poussés surtout par la conviction de pouvoir, à l'étranger et dans une position complètement indépendante, nous rendre utile à notre pays par notre plume, dans la mesure do nos modestes facultés. Il y a eii Bussie bien des écrivains utiles à la patrie par leurs lumières si vastes, leurs talents si remarquables et leur noble caractère, mais ils auraient été bien plus utiles encore à leur pays s'ils ne se trouvaient point contraints à ne dire qu'une partie de la vérité, constamment placés qu'ils se trouvent en présence d'une censure fort souvent béotienne, en présence d'un pouvoir toujours arbitraire, en présence de l'exil et des cachots de la forteresse. D'un autre côté, ils ne peuvent raisonnablement songer à émigrer : le sort, si largement libéral envers eux sous le rapport des talents, des qualités de l'esprit
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fct du coeur, leur a refasô les tôuditioiiB mu* teri elles de riEdëpendance* l^ous ne poa- Bedûn» point la dixième partie du talent du moins distingut; d*entre lea ecrivams dont nous vesona do parler, mais le sort noui ajant accorde rindépijndance roatoriellej nous ayons pu nous fixer à Fétraiiger pour, delà, dire tûttte la Tenté au gouTomoraent rtisse, et la force que la véritë possède ea ellemême compensera, en partie du moine, tout ce qui nous manque sous 1© rapport du mérite
Cependant, aTant d'en Tenir à une mesure *ussi grave que celle d^emigrer, nous ayons îtmlu ^oîr si nos apprehensious au sujet do 3* marohe du gouvernement russe, sous le nouveau règne, ne se trouTeraiont point, heureusemeat , démemties par les faits, et noua nous sommes fixe à nous-mêmes un délai de quatre ans (1855—1859), Par malheur, nos sinistres prévisions furent dépariées ; une anarcliie morale, dont TEurope ne
saurait se faire une idée à travers les livres et les articles louangeurs , écrits par des plumes mercenaires; une complète anarchie morale naquit à Saint-Pétersbourg, se propagea dans tout l'empire, atteignit même les provinces éloignées, et à l'heure qu'il est, en Kussie, tout le monde a la conviction intime de l'absence de toute énergie, de tout système arrêté et du désarroi complet qui règne dans le sein du gouvernement; tout le monde, en Bussie, se voit mener à un avenir aussi complètement inconnu qu'il est plein de dangers
Plus que jamais, il devenait nécessaire, il devenait urgent de faire entendre la vérité au gouvernement russe
Ayant pris un passeport, nous nous mimes en route au printemps de 1859 : le ^ mai, nous traversions la frontière et ce ne fut point sans un sentiment de vive émotion que nous quittâmes le sol natal. Nos voeux, formés de si longue date, se réalisaient en-