‹ La Vérité sur le coucouChapitre 8 sur 20 · BB · texte numérisé non relu

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pion blanc ' sert au Coucou de Klaas pour y déposer son œuf, et que le jeune est élevé par ce petit Oiseau au détriment de ses propres enfants, en ce sens que souvent le jeune Coucou reste seul, après avoir jeté les autres hors du nid.

Mais quelle est la couleur de son œuf? C'est ce que nous ne savons pas, non plus que s'il jouit des prérogatives du polymorphisme.

On ne le rencontre que par paires, cependant, et toujours dans les grands bois, où il recherche, au milieu du feuillage le plus touffu, les insectes, qui forment la base principale de sa nourriture ; de même que ses congénères, il aime surtout les larves et les dyptères, qu'il chasse à la manière des Gobe-Mouches, en s'élançant du haut des branches au moment où passent ces insectes.

« Nous pouvons ajouter, dit J. Verreaux, que les mêmes mœurs sont communes au Coucou Didric, qui se rencontre avec celui-ci sur la cote orientale. Il est donc certain que ces Oiseaux ont une double ponte, puisque, comme l'espèce dont nous nous occupons, elle niche dans ces localités. »

Elle se reproduit même encore en Abys«inie, d'où l'ont rapportée les D rs Petit et Quartin-Dillon.

J. Verreaux n'est pas moins explicite au sujet d'une des espèces les plus communes de la Nouvelle-Hollande, qui nous offre les mêmes habitudes, avec une modification dont l'importance n'échappera à personne dans cette étude des Coucous; outre que, d'après ce voyageur, comme d'après MM. Bennett et Ramsay, le polymorphisme existerait à l'état chronique dans l'espèce.

1 Platystira Lcucopygialis.

LES COUCOUS VRAIS PARASITES

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Le Coucou Brillant ou Bronzé-

Celui-ci, de même que ses congénères africains, a le sommet de la tête, la nuque, le dos, les ailes et les pennes du milieu de la queue d'un beau vert bronzé; les rectrices latérales de chaque coté et le bout des autres rectrices, en dessous, sont marquées de grandes taches vert doré et blanches; les côtés de la tête et du cou, ainsi que toutes les parties inférieures, sont rayés irrégulièrement de vert doré et de blanc pur; le milieu du ventre est d'un blanc uniforme. Sa taille est de 10 à 18 centimètres.

J. Verreaux a rencontré l'œuf du Coucou Brillant dans le nid des Philédons suivants : le Philédon Australien 2 , le Philédon de la Nouvelle-Hollande 3 , le Philédon Soyeux 4 , le Philédon Pénicillé 5 et le Philédon à oreillons . Dans ce cas, l'œuf était d'un olivâtre ou vert olive clair, ce qui est sa couleur normale, ou d'un brun rougeàtre obscur. Or, nous avons déjà fait voir que l'œuf de cette famille est généralement d'un fond blanc saumonné plus ou moins teinté de rougeàtre sale, avec des taches d'un brun plus foncé. Et nous n'apercevons pas de confusion possible entre ces œufs et le sien, qui est en outre beaucoup plus petit, ne mesurant que 18 millimètres sur 11 ; de même que, en tant qu'Oiseau, il est lui-même de moindre taille que chacune de ces espèces. 11 en est différemment d'autres espèces, que nous allons indiquer, qui lui sont inférieures en dimensions. Ainsi le même observateur a encore trouvé

1 Chrysococcyx Lucidus.

1 Meliornis Australasùina.

3 Meliornis Novce-ITollaiidice.

4 Meliornis Serirea.

' Ptilotis Penicillata.

6 Ptilotis Leucotis.

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l'œuf de ce Coucou dans les nids de l'Acanthyse à cul-d'or ' et du Mérion Bleu 2 , dont l'œuf est blanc, légèrement tacheté d'un rouge brique, comme dans la plupart de nos Mésanges, et alors l'œuf du Coucou de ces dernières couleurs. Etait-ce bien l'œuf du Coucou ou une simple variété de ceux-ci ?

Il dépose aussi son œuf dans le nid du Gobe-Mouches à queue d'éventail 3 . Le D r Bennett rapporte qu'un Gobe- Mouches semblable fut tué pendant qu'il donnait la becquée, dans son nid, à un jeune Oiseau qui, après examen, fut reconnu pour être un Coucou Brillant; le petit Oiseau était couvert de plumes brunes avec des marques noires. C'était, ajoute-t-il, quelque chose de risible que de voir le nid entièrement rempli par ce corps replet et bien nourri, recevant la pitance destinée à plusieurs Gobe-Mouches.

Enfin, M. Ramsay, de 1855 à 1866, a trouvé les œufs du Coucou Lucide dans les nids du Mérion de Lambert 4 , de l'Acanthyse Poussin, de l'Acanthyse Rayé, de l'Acanthyse Roitelet 5 et de l'Acanthyze Nain. Il découvrit, en 1864, trois œufs variés de coloration de ce Coucou (polymorphisme bien inutile alors) dans le nid de la dernière espèce d'Acanthyze, dont l'œuf, de 16 millimètres sur 10, est d'un fond blanc, moucheté de rouge brique, avec de larges taches de même couleur réunies au gros bout. Dans cette circonstance, un de ces œufs était enfoncé sous la garniture du nid, et y avait été évidemment déposé, selon M. Ramsay, avant que le nid ne fut terminé, ce qui arriverait assez souvent. Son frère, M. Percy, plaça l'autre œuf dans un nid d'Acanthyze Rayé, qu'il avait découvert

1 Acanthiza Chrysorrhoa.

5 Malurus Cyancus.

3 Rhipidura Albiscapa.

4 Malurus Lamberti.

5 Acanthiza Rcguloidcs.

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la veille, et qu'il réservait à cette intention. En y retournant, au bout d'une semaine environ, il trouva le petit Coucou éclos; sept jours plus tard, les plumes bronzées commençaient à paraître; et huit ou dix jours ensuite, le jeune Oiseau était presque en état de voler, la couleur de bronze se montrant alors distinctement sur les ailes, la tête et le dos.

Ce Coucou est répandu sur tout le continent de l'Australie aussi bien qu'à la Nouvelle-Zélande. M. Ramsay l'a rencontré dans cette région, depuis l'île Stuart jusqu'à Auckland, où cet Oiseau arrive vers le mois de septembre et d'où il s'éloigne pendant le mois de février et de mars.

Dans toutes les circonstances d'usurpation que nous venons de relater, de même que notre Coucou d'Europe et que le Coucou du Gabon, lorsque le Coucou Lucide a reconnu le nid dans lequel il veut déposer son œuf et ses œufs (car il en introduit souvent plusieurs à la fois) et constaté le nombre de ceux qu'il contient, il ne manque jamais, au moment d'y déposer le sien, de manger et d'avaler ceux auxquels il les veut substituer, pour offrir le même nombre aux yeux des propriétaires du nid ainsi envahi, ce que fait également le Coucou Inorné.

Mais chose remarquable, et dont J. Verreaux n'a pas apprécié toute la portée, c'est que, d'après lui, ce Coucou n"aurait pas recours toute sa vie à l'hospitalité forcée qu'il demande de la sorte plus tard à d'autres Oiseaux pour l'incubation de ses œufs. D'habitude, les jeunes de l'année se réunissent et émigrent en masse dans d'autres localités, où se trouvent à peu près en nombre égal des mâles et des femelles; ils construisent leurs nids euxmêmes, comme la généralité des Oiseaux, y pondent leurs œufs, au nombre de trois, et les couvent également euxmêmes.

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Cette observation est un des plus beaux résultats auxquels soient arrivées les études et les recherches si constamment poursuivies depuis quarante ans sur l'histoire naturelle des Coucous, et vient puissamment élucider une des questions que nous posions tout à l'heure au sujet du Coucou d'Europe.

Du reste, comme tous les Chalcites, les individus de cette espèce vivent par petites bandes de six à huit, quelquefois plus. C'est, dit J. Verreaux, sur les petits buissons qu'ils se reposent le plus souvent, et semblent préférer ceux qui croissent dans les endroits humides. Cependant on en rencontre parfois dans les terrains sablonneux, courant à terre à la manière des Traquets, faisant mouvoir, comme ceuxci, les ailes et la queue, et chassant les insectes qui servent à leur nourriture; leur estomac néanmoins renferme généralement des chenilles de diverses espèces. Ils ont un sifilement particulier qui les fait reconnaître aisément, et qu'ils font entendre lorsqu'ils s'envolent, et souvent quand ils viennent de se poser.

De ces Coucous, qui se bornent à introduire plus ou moins furtivement leur œuf dans le nid des autres Oiseaux, mais dont quelques-uns font un nid dans lequel ils pondent, couvent et élèvent leurs petits, nous arrivons à d'autres Coucous qui empruntent bien aussi un nid étranger pour y déposer leur œuf, mais qui l'y pondent euxmêmes, faisant partie d'un groupe composé de grandes espèces répandues en Asie et en Afrique, celui des Eudynamis, ou Coucous Gros-Bec, qui ont : le bec de la longueur de la tête, robuste, large et très fendu, à mandibule supérieure très recourbée, et comprimé latéralement vers la pointe qui est très crochue, la carène de la mandibule inférieure n'ayant que le tiers de la longueur de la mandibule supérieure; les narines basales, latérales, percées

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dans une sorte de membrane, arrondies et largement ouvertes; les ailes allongées, arrivant à la moitié de la queue, obtuses; la queue assez longue, ample et arrondie; les tarses un peu courts, de la longueur du doigt antérieur externe, qui est le plus long, robustes, recouverts de larges écailles, avec des ongles courts, forts, arqués et aigus. Le tour de l'œil est toujours nu, mais la tête ne porte pas de huppe.

Le type est :

Le Coucou Oriental 1 .

11 a tout le plumage d'un noir glacé d'une riche teinte bleue sur le dos, les ailes et la queue. Le bec est d'un jaune vert; les yeux sont marron foncé; les pieds d'un brun jaunâtre, et les ongles noirs. Il mesure près de 36 centimètres.

C'est au savant M. Blyth, on peut le dire, qu'est due toute la biographie de ce Coucou, dont la préférence exclusive, comme domicile d'emprunt, pour les nids de Corbeaux, n'est pas moins curieuse ni plus marquée que son goût pour les baies et les fruits.

« Le Coucou Oriental, dit ce naturaliste, dans ses notes si précieuses 2 sur les habitudes des Coucous de l'Inde durant la saison de l'incubation, est peu méfiant; il se laisse facilement approcher de très près, surtout lorsqu'il est occupé sur un arbre à chercher sa nourriture ; il est alors aisé de s'en mettre à portée du fusil. Mais il est bon pour cela d'attendre que plusieurs individus soient sur un des arbres dont ils préfèrent les fruits, tel que le bananier, ou mieux encore le Mimusops Elengi, dont ils ne

1 Eudynamis Oricntalis.

' « Ibis. »

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quittent pas l'épais feuillage tant que. son fruit mûrit. Dans les autres saisons, ce Coucou se nourrit de diverses baies qu'il avale en entier, et dont il rejette par le bec les noyaux parfaitement dépouillés de leur pulpe. Ils ne se réunissent pas, et volent isolément les uns des autres.

Quand approche la saison de la ponte, ces Coucous deviennent plus agités, et ne cessent pas de pousser leur cri d'appel. Ce cri, qui n'est pas sans mélodie, se compose de la répétition continuelle de la même syllabe, avec une variation : mais il demande à être entendu à une certaine distance et pas trop longtemps; autrement sa répétition monotone, à toutes les heures du jour et de la nuit, devient fatigante, et finit même par incommoder. Le mâle a aussi un autre cri correspondant au chant du Coucou Gris, ou d'Europe, et qui est poussé de la même manière. »

A ce sujet, M. Allan Hume nous fait Connaître, en 1869, que cet Oiseau serait fameux, dans les poèmes des Indiens, comme étant le précurseur de l'heureuse saison des pluies : « Lorsque, pour n'en citer qu'un passage, la terre, desséchée par le soleil, se dépouille de sa verdure flétrie dans un sol réduit en poussière ; et, pour redevenir bientôt la mère joyeuse des moissons de l'automne, revêt une nouvelle robe nuptiale d'un vert brillant. » Le cri sifflant de cette espèce, ajoute ce voyageur, se fait entendre, en effet, continuellement dans tous les taillis, pendant l'entière saison des pluies, et est resté aussi agréable, depuis les temps les plus reculés, aux peuples de l'Hindoustan, que l'a jamais été pour nous le chant de notre Coucou d'Europe \

La femelle, au contraire de ce dernier qui dépose son œuf indistinctement dans le premier nid qu'il rencontre,

Ibis.

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dépose invariablement les siens dans les nids des véritables Corbeaux, principalement du Corbeau à bec élevé ' et du Corbeau Resplendissant 2 et si abondamment, qu'une seule personne a trouvé jusqu'à cinq ou six de ces œufs dans autant de nids de Corbeaux que l'on détruisait, et qui n'en renfermaient toujours qu'un. L'œuf est si souvent ainsi trouvé tout seul, qu'on ne saurait dire si, en déposant le sien, le Coucou ne détruit pas ceux du Corbeau; mais on ignore encore si le jeune Coucou, une fois éclos, a l'instinct de rejeter lui-même quelques-uns de ses compagnons de son nid. Par exemple, on a souvent vu le Corbeau Resplendissant attaquer la femelle du Coucou, et la chasser de son voisinage. Le plus ordinairement le Corbeau se résigne aux fonctions de père nourricier avec un zèle remarquable. Ainsi, le major Davidson, se trouvant par hasard dans une varandah, entendit des cris bruyants dans la campagne et, pensant qu'un jeune Corbeau était tombé du nid, il s'avança pour le sauver. Au lieu d'un jeune Corbeau, il fut bien étonné de trouver un jeune Oiseau qu'un vieux Corbeau était en train de nourrir, et cet Oiseau n'était autre qu'un Coucou Oriental.

Ici vient ce que M. Blyth appelle une variante aux habitudes de notre Coucou d'Europe, puisqu'il en offre, ainsi que nous l'avons fait voir, de nombreux exemples. Après que la femelle du Coucou Oriental a déposé son œuf dans le nid d'un Corbeau, elle vient fréquemment surveiller le nid à une petite distance, pour voir quand son petit en est expulsé, ce qui arrive dès qu'il a revêtu ses plumes. Aussitôt qu'il est chassé du nid, ou qu'il l'a quitté, la mère le prend à sa charge, et le nourrit.

Nous observerons que la proportion' entre les deux

1 Connu Culminatus.

2 Corvus Splendens.

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Oiseaux est inverse et beaucoup plus forte qu'entre notre Coucou d'Europe et les espèces dont il emprunte le nid; en ce sens que le Coucou Oriental est d'un grand tiers plus petit que le Corbeau, et qu'il en est de même de son œuf.

Ce qui est remarquable, c'est l'analogie presque complète qui existe entre les œufs de ce Coucou, pour le fond de la couleur et pour la teinte des taches, et ceux des Corbeaux en général, et notamment des deux espèces Indiennes. Les œufs du Coucou Oriental sont d'un vert olive pâle, recouverts par de nombreuses taches brunes ou noirâtres en forme d'éclaboussures, et le plus souvent réunies en couronne vers le sommet de l'œuf; ils sont du reste, et mieux que chez la plupart des Coucous précédents, proportionnés à la taille de l'Oiseau dont ils proviennent.

Ce qui n'est pas moins remarquable, c'est que l'analogie est presque la même entre le plumage des deux espèces d'Oiseaux.

11 se pourrait cependant, selon les localités, y avoir une exception à la préférence de ce Coucou, dans l'Inde, pour le nid du Corbeau Resplendissant, ou de toute autre espèce de Corbeau. M. Swinhoë aurait observé, en Chine, que le Coucou Oriental a une propension non moins marquée à déposer son œuf dans le nid du Martin à cou noir ' avec lequel il se livre souvent à des combats à outrance. Il est à remarquer que l'œuf de ce dernier Oiseau, bien différent de celui des Corbeaux, est d'un vert d'eau uniforme et sans taches, analogue à celui de notre Etourneau. Il eût été intéressant de savoir si, dans ce cas, l'œuf du Coucou subit une modification dans l'ensemble de sa

Sturnopastor NigYicollis.

LES COUCOUS VRAIS PARASITES

coloration. Les œufs de l'un et de l'autre au surplus ont presque le même volume.

Il se jxmrrait encore que le régime, en grande partie frugivore, du Coucou Oriental le rendit plus domesticable que le Coucou Geai. Les naturels, d'après ce que nous en savons déjà par M. Allan Hume, appréciant son chant, si simple qu'il soit, le conservent en cage, à la Chine comme aux Indes, et l'y nourrissent presque uniquement de riz bouilli mêlé quelquefois de plantain. Mais sa voix, entendue ainsi de trop près, n'en devient pas moins insupportable pour une oreille Européenne.

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