DE MARCHIEL AUX ILES DE LÉRINS
» mander ce que c'est que le sieur de Nesmond dont vous me » parlez. »
Pour l'année 1695, je retrouve deux dépêches seulement; les Toici. Barbezieux à Saint-Mars : « Le Roi trouve bon y* que vous permettiez au nommé Le Rousseau (Girard , dit Le » Rousseau , l'un des ministres protestants) et è tous vos » autres prisonniers, de faire leurs dévotions à Pâques, obser- » vant*que ce soit un ecclésiastique en qui vous ayez confiance V qui leur administre les sacrements ' . »
Barbezieux à Saint-Mars, 20 décembre 1695 : «Comme M il est quelquefois arrivé que , par maladie ou autrement , » vous n'avez, pu visiter les prisonniers qui ont été commis à » votre garde , je vous prie de me mander qui a été chargé de tf ce soin à votre défaut, comment l'on en a usé en ces temps- » là , afin que le Roi puisse donner ses ordres en conformité » lorsque le cas arrivera*. »
C'est à cette dépêche interrogative que M. de Saint-Mars répond par cette autre si curieuse , qui forme le complément de celles de 1682 et de 1688 , et qui prouve la parfaite conformité dans les procédés' :
« Monseigneur ,
» Vous me commandes de vous dire comment l'on en euze » quand je suis apsent , ou malade , pour les visites et précau- « tions qui se font iournellement aux prisonniers qui sont » commis à ma garde.
» Mes deux lieutenants servent à manjer aux heures réglées, » insy qu'ils me l'ont veu pratiquer « et que je fais encore
1 25 mars. P. 362, v. 1292, Mss. Dépôt de la guerre.
2 P. 108, V. 1303, Mss. Dépôt de la guerre.
3 M Les originaux des dépêches du 8 janvier 1688 et du 6 janvier 1696, que » n'avait pas connues M. Topîn », raconte M. Loiseleur, ■ m'ont été confiés » par M. Mauge du Bois des Entes, conseiller honoraire à la cour impériale » d'Orléans, qui les tient de sa cousine, mademoiselle Mathilde de Thury. Le M haut de la seconde feuille de la lettre de 1696 a été d^hiré par inadver* a tance et probablement par un domestique, qui, voyant ce papier sur le M bureau de son maître et le jugeant sans importance, en a pris un morceau » pour allumer une bougie : il n'y a pas d'autre mystère dans cette lacune. »
» très-souvent lorsque îe me porte bien ; et voicy comment, » Monseigneur. Le premier venu de mes lieutenants quy >• prend les clefs de la prison de mon ensien prisonnier par ou » Ton commence , il ouvre les trois portes et entre dans la » chambre du prisonnier quy luy remet honnestement les » plats et assiettes qu'il a mis lui-même sur les autres , pour » les donner entre les mains du lieutenant quy ne fait que » de sortir deux portes pour les remettre à un de mes ser- » g^ents qui le resoit pour les porter sur une table à deux pas » de là, ou est le segond lieutenant quy visite tout ce quy » entre et sort de la prison , et voir s'il n'y a rien d'écrit sur n les vaisselles : et après que l'on luy a tout donné le nésé- » saire, l'on fait la visite dedant et desous son lit, et de là » aux grilles des fenestres de sa chambre, et aux lieux, insy » que par toute sa chambre , et fort souvent sur lui ; après luy n avoir demandé fort sivilement s'il na pas besoin d'autre » chose , Ion ferme les portes pour aller en faire tout autant » aux autres prisonniers.
» Deux fois la semaine , Ion leurs fait changer de linge de » table, insy que de chemises et linges dont ils se servent, y* que l'on leurs donne et retire par compte après les avoir » tous bien visités.
» Lon peut estre fort atrapé seur le linge qu'on sort et » entre pour le service des prisonniers qui sont de considéra- » tion , comme i'en ay eu qui ont vouleu corompre par » argen les blanchiseuze qui m'ont avoué quels navoit peu »^faire ce que lon leurs avoit dit, attendeu que je fesois » mouUier tout leurs linge en sortant de leurs chambre, et » lorsqu'il étoit blanc et à demy sec , la blansicheuse venoit » le passer et detirer chez moy en présence d*un de mes » lieutenant quy enfermoit les paniers dans un coffre ieusque « a se que l'on le remit aux vallets de messieurs les prison- » niers. Dans des bougies il y a beaucoup à se méfier ; ien ay » trouvé ou il avoit du papier au lieu de mèche en la rompant, » ou quand lon s'en sert. J'en envoies (envoyais) ageter à » Turin à des boutiques non affectée. Il est ausy très dange-