‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs)Chapitre 105 sur 152 · LE CHEVALIER DE ROHAN · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE ROHAN

logue. Ce complot s'appelle dans l'histoire l'affaire du chevalier de Rohan.

Voici, du reste, les dates successives d'arrestation des différents conspirateurs :

Le 11 septembre 1674, le chevalier de Rohan est conduit à la Bastille.

Le 12, le sieur Georges du Hamel, sieur de La Tréaumont, habitant de Rouen , est arrêté dans cette ville et tué par mégarde par un des exempts chargés de se saisir de sa personne.

Du 17 septembre au 2 octobre, sont successivement conduits à la Bastille :

François Affinius Van den Enden, Hollandais ' ; Dubosc, marquis de Sourdeval^; Guillaume Duchesne, chevalier des Préaux; François des Grieux, gentilhomme de M. de Rohan; François-Louis Dupin , valet de chambre de M. de Rohan; Pierre Regnault, valet de chambre de M. de Rohan; René Guimbaud et des Carreaux, laquais de M. de Rohan; Jean Langon, dit Lacroix, valet de M. de Rohan; Catherine Medavens, femme de Van den Enden; Louis Lanfranc, valet de La Tréaumont ; Condé, La Garenne, Pierre Bourguignet, Alexandre de Créqui-Bergnieuil ; Nicolas Lallemand , dit du Coudray, maître d'hôtel de M. de Rohan; le sieur de Louvigny, frère du duc de Guiche; le comte de Mouchy , gouverneur de Ronfleur.

Le 19 septembre, le capitaine des gardes du comte de Monterey, gouverneur de Bruxelles, et le fils du grand baillif de Gand^

Le 8 octobre, Anne Saran, dame de Villars , accusée d'avoir empoisonné son mari*; François Malet de Graville. Le 11 octobre, le sieur de Saint-Martin, mademoiselle de Sellière.

1 P. 2, V. 374, Mss. Dépôt de la guerre.

2 P. 137, V. 374; Mss. Dépôt de la guerre.

3 P. 2, V. 374, Mss. Dépôt de la guerre.

^ P. 137, V. 374, Mss. Dépôt de la guerre.

Le 12, Renée Morice d'O, demoiselle de Villers.

Le 13 , Alphonse de Ghâlons de Maigrement; d'Herleville, commis au palais de Rouen.

Le 29, Jacques Guersant, sieur d' Aigrement, etc.

Le chef nominal du complot paraissait être le chevalier de Rohan; le chef réel était La Tréaumont.

Ce chevalier de Rohan, fils d'Anne de Rohan, princesse de Guéménée, était né en 1634, Il avait mené une vie fort scandaleuse et passait pour avoir eu des relations avec la duchesse de Mazarin, l'électrice de Bavière, madame de Thianges et madame de Montespan. Il avait pris part aux deux campagnes royales de 1667 et de 1672, et, à la suite d'un différend avec le chevalier de Lorraine, s'était sauvé en Angleterre, puis avait été mis à la Bastille en janvier 1673 et relâché le même mois. Ce fut à Londres qu'il entra en relation avec les meneurs, heureux de trouver un pareil chef à présenter aux nobles de Normandie mécontents. La Tréaumont, gentilhomme huguenot, perdu de dettes, faisait depuis longtemps des voyages continuels à Londres, Paris, Bruxelles, Cologne et Munich. Il s'y était abouché avec les Ghasteuil, les Gonnor, les Sardan, le Masque de fer. Van den Enden , etc. De grande taille, d'une énergie à toute épreuve, La Tréaumont avait toutes les qualités d'un conspirateur et d'un chef de bandes.

Mais l'affaire prit des proportions tellement imprévues, pendant l'instruction que commença La Reynie, qu'on s'empressa de la circonscrire. « Il y auroit eu trop de gens » de haute condition compromis » , écrivait La Reynie, dans une lettre curieuse qui existe aux Archives nationales \ Aussi fut-elle lestement menée, grâce à la découverte du chiffre des conspirateurs^; et dès le mois suivant, les principaux coupables. Van den Enden, Rohan, des Préaux expiaient leur crime sur l'échafaud. On avait fait un exemple, mais non pas de la justice. i

1 Mss. n" 870. Supplément fiançais.

2 P. 234, Mss. JNo 7629, Bibliothèque nationale.

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