LE REGISTRE DE DU JUNCA
» on avait aussi déchiré et mutilé les feuillets qui compre- » naient la fin de l'année 1703 et les suivantes.
M L'absence du folio 120 fit croire naturellement à Char- " pentier qu'on avait mis autant de soin pour anéantir après » la mort du prisonnier tout ce qui aurait pu donner quelques » lumières sur son sort , qu'on en avait mis pendant sa vie ') pour dérober aux regards des curieux le mystère caché sous " ce masque de fer.
" Charpentier dut donc se borner à faire une dissertation. » historique à l'aide des témoignages existants; mais cette » dissertation ne parut que dans la neuvième livraison de )' la Bastille dévoilée , qu'elle occupe tout entière.
» Durant cet intervalle de temps, signalé par la publi- » cation de plusieurs ouvrages sur la Bastille et son pri- ') sonnier masqué , le folio 120 du grand registre fut remis )' entre les mains de Charpentier, non pas l'original, mais " lin feuillet semblable, entièrement écrit de la main du major » Chevalier.
» On obtint la certitude qu'en 1775, M. Amelot , ministre » de la ville de Paris, s'était fait communiquer toutes les " pièces qui concernaient directement ou indirectement » l'homme au masque. Le major Chevalier , qui avait rempli » les fonctions de sa charge à la Bastille depuis 1749, déclara » lui-même qu'il avait, par l'ordre du ministre, opéré cette î) so^istraction et envoyé à M. Amelot \es feuillets déchirés du » registre. On avait donc lieu de croire que ces feuillets étaient » anéantis; mais on les retrouva, dit-on, par les soins de " M. Duval, ancien secrétaire de la police, et leur authen- » ticité fut à peine mise en doute lorsque Charpentier las » imprima dans son livre.
); Voici le tableau figuré de cette feuille, copié d'après » l'original autographe du major Chevalier ^
C'est le fameux bomrae an masque que personne n'a jamais sçù ni connu. Mort le lO» no-
vembre 1703, âge de quarante-cinq ans ou environ , enterré à Saint-Paul le lendemain à quatre heures après midy , sous le nom de Marchiali , en présence de M. Rosarges, major dudit château, et 1!. Reilhe, chirurgienmajor delà Bastille, qui ont signé snr les registres mortuaires de Saint-Paul.
Son enterrement a coûté quarante livres. Ce pri-
liastille cinq années et soisante-deux jours, non compris celoy de son enterrement.
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1 Le cabinet de M. Villenave fournit cet original , envoyé à M. de Malesherbes, et presque entièrement semblable à celui que Chevalier avait