CINQUIÈME HYPOTHÈSE
Un fils adultérin cCAnne d'Autriche.
Cette opinion, mise en avant par Voltaire, comme pour servir d'explication et de suite à son appréciation dans le Siècle de Louis XIV, n'a pu s'étayer sur aucune pièce sérieuse, par l'impossibilité toute naturelle d'ailleurs de faire concorder les dates avec les différentes phases de l'existence du geôlier, M. de Saint-Mars. Elle n'a donc pu être acceptée qu'à une époque où les documents officiels faisaient absolument défaut; c'est dire qu'elle devait s'éteindre avec la Révolution. Je ne la discuterai donc pas.
Ce fut dans le Dictionnaire philosophique de 1771 que Voltaire soutint cette thèse, qu'il renouvela et modifia dans la nouvelle édition de V Essai sur les mœurs , ainsi que dans la septième édition du Dictionnaire philosophique (article Ana). Linguet' fit aussi pressentir cette solution dans ses Mémoires sur la Bastille, en 1783. Quentin Crawfurd, critique anglais, l'adopta également , en 1789, dans un article spécial sur le Masque de fer, qu'il reproduisit du reste en 1798, dans son Histoire de la Bastille, et en 1817, dans ses Mélanges d'histoire et de littérature.
Le savant Millin ^ enfin , l'auteur des Antiquités nationales et du Voyage en Savoie, se fit le dernier apôtre de l'idée de Voltaire dans un Mémoire présenté à l'Assemblée nationale en 1790.
Avec Millin s'éteignit la légende du fils adultérin d'Anne d'Autriche. Je n'essayerai même pas delà ressusciter.